Bazar de la Littérature

Alice au pays des merveilles de Lewis CARROLL

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aliceaupaysdesmerveilles
Alice au pays des merveilles

de Lewis CARROLL
Folio Junior,

2010, p. 180

Première Publication : 1865

Pour l’acheter : Alice au pays des merveilles

Lewis Carroll (de son vrai nom Charles Lutwidge Dodgson) est un écrivain, photographe et mathématicien britannique né le 27 janvier 1832 et mort le 14 janvier 1898.

Le temps du chef-d’œuvre, ce fut « au cœur d’un été tout en or », la journée du 4 juillet 1862. Le lieu, un canot sur la rivière, l’Isis, dans lequel se trouvaient Alice et ses deux soeurs, Lorina et Edith Liddell, ainsi qu’un collègue de Dodgson, Duckworth. Alice, alors âgée de dix ans, fut l’inspiration de Charles Dodgson. Il la courtisait au moyen de devinettes ou de belles histoires composées à son usage. L’histoire qu’il racontait par-dessus son épaule à Alice, assise derrière lui dans le canot, fut improvisée avec brio tout en maniant l’aviron. Lorsque la fille lui demanda d’écrire pour elle son histoire, il accomplit son chef-d’œuvre : un manuscrit des « Aventures d’Alice sous terre », précieusement calligraphié et illustré. Il l’offrira à son inspiratrice, Alice Liddell, le 26 novembre 1864.

♣ ♣ ♣

Alice s’ennuie auprès de sa sœur qui lit un livre (« sans images, ni dialogues ») tandis qu’elle ne fait rien. « À quoi bon un livre sans images, ni dialogues ? », se demande Alice. Mais voilà qu’un lapin blanc aux yeux roses vêtu d’une redingote rouge passe près d’elle en courant. Cela ne l’étonne pas le moins du monde. Pourtant, lorsqu’elle le voit sortir une montre de sa poche et s’écrier : « Je suis en retard ! En retard ! En retard ! », elle se dit que décidément ce lapin a quelque chose de spécial. En entrant derrière lui dans son terrier, elle fait une chute presque interminable qui l’emmène dans un monde aux antipodes du sien. Elle va rencontrer une galerie de personnages retors et se trouver confrontée au paradoxe, à l’absurde et au bizarre…

Voilà maintenant des années que je voulais découvrir ce grand classique de la littérature anglaise « enfantine », mais, bizarrement, je ne suis jamais tombée sur une édition d’occasion. Il a fallu le deuxième Swap organisé par Livraddict sur le thème des adaptations pour que Lolo lise dans mes pensées et me l’envoie (ainsi que la suite – De l’autre côté du miroir) ; merci encore Mademoiselle, tu as su me faire plaisir ! Et, évidemment, la dernière adaptation portée à l’écran par Disney et Tim Burton m’avait rappelé que je n’avais encore pas lu ce livre, à ma plus grande honte.
C’est dorénavant chose faite et je ne regrette absolument pas cette découverte qui a rempli toutes mes attentes ! Pour vous donner une idée, le dessin animé de Disney (l’ancien, celui de 1951) est particulièrement fidèle, coupant quelques passages de moindre importance mais suivant de près l’intrigue et les aventures de la fillette. Ma crainte était, soit de tomber dans un texte vraiment trop enfantin, soit, dans un texte vraiment trop « absurde » et incompréhensible. Et bien, ni trop enfantin, ni trop « absurde », l’ensemble m’a conquise et convaincue ; vous pouvez vous lancer à votre tour !

lewiscarrollPour ceux qui ne connaissent pas cette célèbre histoire (franchement, qui ne la connaît pas ?), il s’agit des aventures de la petite Alice (d’où le titre) qui, alors qu’elle suit un lapin blanc – habillé d’une jolie redingote rouge et tenant une montre -, tombe dans un terrier – qui semble sans fond – et débarque dans un pays hallucinant où les animaux parlent et disparaissent à loisir, où changer de taille n’est pas un problème et où les chansons et poèmes appris depuis sa plus tendre enfance, se transforment au grès du vent.
Le lecteur suit l’exploration du monde à travers les yeux de cette fillette curieuse, qui s’efforce d’être une petite fille bien élevée même si parfois, elle a tendance à manquer de patience ! La première « épreuve » qu’elle subit consiste à passer une porte minuscule alors qu’elle vient de faire une chute vertigineuse, au fond du terrier ; s’en suit sa rencontre avec la chenille qui fume le narguilé, avec un bébé bien particulier, avec le trio autour de la table de thé (le Chapelier toqué, le Lièvre de Mars et le Loir dormeur), avec le chat du Cheshire au sourire particulièrement effrayant (enfin, me concernant !) ou encore, avec la célèbre Reine de Cœur qui est bien loin d’être aimable et souhaiterait couper la tête à tous les habitants de son royaume ! Voilà une exploration pleine de surprises et de rebondissements pour cette petite tête blonde !

Comme je le disais plus haut, je redoutais beaucoup la forme du texte, m’attendant soit à un récit trop enfantin, soit trop « tordu » et « absurde » pour moi. Finalement, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la plume de Lewis Carroll, maître incontesté des jeux de mots (qui doivent être encore plus savoureux dans leur langue originale, en anglais) et des parodies de comptines anglaises que tous les enfants de l’époque (deuxième moitié du XIXeme siècle) connaissaient. J’ai aimé les dialogues offerts par l’auteur, souvent décalés mais qui amènent pourtant, pratiquement à chaque fois, une question « philosophique » intéressante ; la palme allant aux répliques du chat du Cheshire qui a le chic pour mettre le doigt où il faut ! La chenille junkie n’est pas mal dans son genre également, commençant la conversation en demandant à Alice qui elle est, alors que la petite fille est justement en pleine réflexion sur son identité…

Ce récit est très court (un peu plus de 150 pages) et est découpé en courts chapitres (12), rendant ainsi la lecture aisée et rapide (je pense que ce découpage convient particulièrement aux jeunes lecteurs qui peuvent ainsi faire des pauses très fréquentes). Je remercie Loloqui a choisi pour moi cette édition jeunesse qui offre un appendice (la comparaison des chansons et poèmes originaux, et en pendant, leur adaptation par Lewis Carroll) et quelques pages de notes ; c’est un vrai plus, qui plaira sans doute plus aux adultes qu’aux plus jeunes.
Je ne sais pas comment l’on pourrait qualifier ce texte, apparemment destiné aux enfants lors de sa rédaction, mais qui me semble receler des significations bien plus « profondes ». Certains scientifiques s’accordent même à dire, que dans ce texte, Lewis Carroll reprend les grands éléments des rêves (le changement de taille, la perte d’un membre, la chute dans un trou sans fond, les mots qui déraillent,…) faisant alors presque de ce texte un cas psychanalytique !

aliceaupaysdesmerveilles01Les changements successifs de taille, la perte de certains membres (en grandissant, Alice ne voit plus tout son corps), la chute dans un trou qui semble sans fond, les animaux parlants et de couleurs étranges,… autant d’éléments totalement indissociable de ce pays des merveilles ; bien que, au vu des aventures de la fillette, on puisse se demander si le terme « merveilles » fonctionne toujours, l’exploration se transformant parfois en véritable cauchemar !
Difficile de donner une temporalité au texte tant il pourrait se dérouler en quelques minutes comme en plusieurs jours. Le pays des merveilles me paraît immense, mais Alice semble le traverser bien vite, au fil de ses différentes rencontres. De toute façon, chronologie et géographie sont des termes qui n’ont aucune importance et aucune prise dans le monde créé par Lewis Carroll, car celui-ci relève du rêve et s’il y a bien un endroit où les lois terrestres ne s’appliquent pas, c’est bien dans le monde du rêve…

Alice au pays des merveilles a cette particularité que le texte plaira autant aux enfants qu’aux adultes, sur des plans différents. Les enfants se « contenteront » de découvrir un pays merveilleux qui les fera rêver et frémir et les adultes pourront y trouver des significations plus poussées. Je trouve que le style de l’auteur est tout à fait abordable sans être « simpliste », il peut convenir aux plus jeunes, mais également aux lecteurs plus avertis ; chose assez rare dans la littérature. Un bon moyen de s’évader, à tout âge !
J’aimerais également vous parler rapidement des illustrations qui accompagnent le texte au fil des pages, illustrations signées John Tenniel – qui semble être devenu, au fil des années, l’illustrateur attitré des textes de Lewis Carroll. Ces différentes images, style gravure, m’ont conquise et m’ont permis de me rapprocher encore un peu plus du monde créé par Lewis Carroll. Et en cela, je trouve que la première adaptation de 1951 de Disney est très forte et fidèle, car elle parvient à reproduire le style de l’illustrateur, sans le dénaturer. L’histoire d’Alice au pays des merveilles est en ce moment partout : au cinéma (avec le film de Tim Burton), du côté des albums, du côté des Bds (et même des jeux WII ! Si si, je vous jure !). L’univers offert par l’anglais est si dense et si passionnant qu’il me semble intéressant de se pencher un peu sur tous les supports (bon, peut-être pas le jeu WII…) mais il me semble avant tout indispensable, de se plonger dans l’œuvre originale ! Laissez-vous tenter, je vous promets que vous ne le regretterez pas ! Et moi, je m’en vais rapidement lire la suite : De l’autre côté du miroir !

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