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La Trilogie du Mal, Tome 1 : L’Ame du Mal de Maxime CHATTAM

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La Trilogie du Mal,

Tome 1 : L’Ame du Mal

de Maxime CHATTAM

Editions Michel Lafon,
2005, p. 517

Première Publication : 2002

Pour l’acheter : La Trilogie du Mal, T. 1

Maxime Chattam et Maxime Williams sont des pseudonymes de Maxime Guy Sylvain Drouot, romancier français, né le 19 février 1976, qui, suite à des études en criminologie, s’est spécialisé dans le roman policier.

♣ ♣ ♣

Abandonnés au fond de la forêt ou de hangars vétustes ; des cadavres comme on n’en a jamais vu, mutilés de façon rituelle, porteurs de messages cabalistiques semblables à ceux que laissait derrière lui le Bourreau de Portland, avant qu’une balle dans la tête ne vienne à bout de sa carrière… Le tueur serait-il revenu d’outre-tombe ? S’agit-il d’une secte particulière qui prélève toujours les mêmes morceaux du corps de ses victimes pour d’étranges cérémonies ? Des bibliothèques ésotériques aux égouts de la ville, l’inspecteur Brolin et une jeune étudiante en psychologie plongent dans une enquête infernale, tandis que la police scientifique et la médecine légale se perdent en conjectures.
Et peu à peu, des brumes mystérieuses de la Willamette River va surgir un secret effroyable que nos deux limiers devront affronter au péril de leur âme.

Deux thrillers en quelques jours seulement, j’ai pris ma dose pour l’année, moi qui ne suis pas du tout habituée à ce genre de lectures ! Cependant, une nouvelle fois, je ressors de cette découverte, emballée, comblée et… convertie ! Je crois que dorénavant, je vais vraiment me mettre à la lecture de thrillers (ma PAL n’est pas assez conséquente, je vais ajouter quelques titres du genre…), à commencer par les deux tomes suivants, formant la Trilogie du Mal. Après Grangé et Sire Cédric, cette lecture commune m’a permis d’appréhender un nouvel auteur français, monsieur Chattam, que je ne connaissais jusqu’alors que de nom. Et bien, autant dire que le thriller français a de beaux jours devant lui, avec de tels représentants ! D’ailleurs, avant d’entamer véritablement mon billet sur mes impressions concernant ce premier tome, L’Ame du Mal ; petite question aux habitués du genre : y a-t-il d’autres auteurs français du genre, qui valent le détour ? J’ai vraiment très envie de me plonger plus sérieusement là-dedans ; et peut-être que l’an prochain, pour le Quai du Polar à Lyon, je me sentirai plus à l’aise avec les invités, les conférences et titres présentés !

Quelques pages d’introduction plongent le lecteur dans un enlèvement d’enfant, dans les années 80, aux Etats-Unis. Sans transition aucune, nous faisons ensuite la connaissance d’une jeune étudiante en psychologie à Portland – ayant choisi le pseudonyme Ishtar sur Internet – discutant avec un internaute surnommé Obéron. Celui-ci se fait plus pressant, Juliette – de son vrai patronyme -, décide de couper net la conversation. Bien mal lui prend, car, quelques heures plus tard, alors qu’elle s’apprête à rentrer chez elle après une petite soirée arrosée chez sa meilleure amie, elle se fait enlever par le « roi des fées » (Obéron est le roi des fées dans la pièce de Shakespeare : Le Songe d’une nuit d’été). Alors qu’il s’apprête à lui trancher les mains dans un entrepôt sordide, elle est sauvée in extremis par le jeuneJoshua Brolin, brillant inspecteur qui tue Leland Beaumont – le tueur en série surnommé le « Bourreau de Portland » – d’une balle dans la tête. Un an plus tard, le corps d’une femme nue est retrouvé dans un squat. La jeune femme n’a plus d’avant-bras et possède ce trou béant fait à l’acide, à la place du front – deux des signatures bien connues de Leland Beaumont… Un petit malin s’amuse-t-il à copier l’ancien tueur en série, et, dans ce cas, comment a-t-il su pour la marque à l’acide (élément de l’enquête jamais dévoilé au public) ? Ou, est-ce Beaumont lui-même qui revient hanter la ville de Portland et ses habitants ?…

Il ne m’aura fallu que quelques lignes à peine pour me faire entrer dans l’histoire et pour m’attirer dans celle-ci. J’ai été surprise par ces deux premières pages « d’introduction », dédiées à l’enlèvement d’un petit garçon ; car par la suite, on n’en parle plus et on se demande vraiment quel est le lien entre cet évènement et ceux qui se produisent à Portland, vingt ans plus tard ! Une fois ce petit « désagrément » sorti de ma mémoire (j’ai une mémoire sélective, alors, jusqu’à ce que cet enlèvement ait une importance quelconque dans l’intrigue, je l’avais oublié !), j’ai pris grand plaisir à suivre l’enquête. J’ai été surprise de découvrir le même schéma narratif (une première série de meurtre, l’assassin tué par le gentil flic et un an plus tard, voilà que les mêmes meurtres reprennent…) que j’avais pu lire quelques jours avant dans De Fièvre et de Sang de Sire Cédric. Comme dit dans le billet précédent, je ne sais pas si c’est un lieu commun du thriller (je n’ai pas assez de connaissances dans le thriller pour pouvoir juger) ou si notre jeune toulousain s’est inspiré de Chattam, mais en tout cas, cette façon d’introduire les choses me convient parfaitement, j’ai adhéré les deux fois ! Ce thriller – premier tome d’une trilogie – est mené de main de maître ! Aucune baisse d’engouement, jusqu’aux toutes dernières pages, j’étais scotchée à ma lecture, voulant connaître le fin mot de l’histoire ! Si ce n’est parfois quelques petites soucis dans les temps (Chattam utilise quelques fois le présent, pour narrer un rêve, par exemple), car j’ai toujours du mal à faire la transition entre passé simple et présent – c’est une coupure trop brutale pour moi -, j’ai aimé les chapitres courts qui entraînent notre curiosité et la narration omnisciente à la troisième personne du singulier ; c’est vivant et prenant !

maximechattamAprès les quelques pages d’introduction dont j’ai parlé juste au dessus, et une courte première partie dans laquelle on découvre le personnage de Juliette, les deuxième et troisième – et plus importantes (que ce soit en terme de pages ou d’intrigue) – parties se déroulent à notre époque (un an après la première), essentiellement dans la ville de Portland. L’enquête s’étend sur quelques semaines à peine, l’urgence est bien présente : il faut arrêter le tueur plagieur le plus rapidement possible, avant qu’il ne fasse trop de victimes dans la ville… J’ai beaucoup apprécié le fait que Chattam maîtrise les lieux où se déroule son histoire – les descriptions sont vraisemblables, naturelles -, on sent qu’il connaît la ville (selon Wikipedia, il s’est rendu plusieurs fois à Portland durant son enfance). J’ai cru remarquer que de nombreux auteurs français aimaient à placer leurs intrigues à l’étranger et surtout aux Etats-Unis (et cela va de Guillaume Musso à Maxime Chattam, en passant récemment, par Folco Chevallier), savez-vous s’il y a une raison pour cela ; serions-nous fatalement attirés par le rêve américain ? J’avoue que je préfère le choix de Sire Cédric, qui a placé le déroulement de son dernier titre De Fièvre et de sang (et peut-être les précédents) en France. Je ne suis pas forcément chauvine, mais lire une histoire qui se passe dans des lieux que je connais plus « intimement », tend à me plonger encore plus dans la narration ; autrement dit, lorsqu’il s’agit d’un thriller, j’ai d’autant plus la trouille de sortir de chez moi en me disant qu’il peut très bien y avoir des tueurs en série dans le coin… 

Outre l’intrigue qui m’a tenue en haleine tout au long des 500 pages, je me dois de féliciter Maxime Chattam pour ses personnages, notamment ses deux personnages principaux : Juliette – la « victime » qui s’en est sortie – et Joshua – le jeune flic profileur. J’ai souri à la description de la jeune femme de 24 ans et à la découverte de sa personnalité ; je me suis entièrement reconnue en elle et, comme elle, je suis tombée sous le charme du gentil et plus fragile qu’il n’y paraît, inspecteur Joshua Brolin. Les deux figures s’accordent à merveille et ajoutent ce petit côté « romanesque » qui a fini de me convaincre, je fais de ce premier tome de la Trilogie du Mal, un joli coup de cœur ! Quant aux autres personnages, assez nombreux, ils sont eux aussi plutôt bien traités, et plus ou moins attachants – de la meilleure amie Camelia, aux collègues de Joshua, en passant par le tueur lui-même -. Mais, comme rien n’est parfait, j’apporte un petit point négatif à tous ces éloges. Il concerne Juliette, notamment sa réaction et son choix, dans les dernières pages (lorsqu’elle fait faux bond à ses deux gardiens et qu’elle se rend… vous n’avez qu’à lire pour savoir où !). Je n’ai pas compris cette décision, et c’est donc particulièrement déçue et triste que j’ai découvert les dernières pages de l’histoire… ça n’enlève pas les très bons moments que j’ai passé en découvrant, au fil des pages, l’intrigue policière, le tueur, le but, et la dernière heure de celui-ci… mais quand même, je suis un peu « amère » (et ceux qui ont lu ce tome, comprendront peut-être – enfin j’espère – de quoi je parle). En revanche, les toutes dernières lignes sont très claires : elles annoncent une suite directement liée à cette histoire ! 

J’ai passé un très bon moment de lecture. Beaucoup de suspense, de curiosité, d’angoisse… mais j’avoue que la toute fin me laisse nostalgique et un poil « déçue », j’aurais sans doute aimé qu’elle soit un peu différente… Cependant, dès que j’en aurai l’occasion, je me procurerai les deux tomes suivants, je veux connaître la suite !

 

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