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Les Voleurs d’âmes, Tome 1 : De toute mon âme de Rachel VINCENT

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Les Voleurs d’âmes, Tome 1 :

De toute mon âme
de Rachel VINCENT
Harlequin (Darkiss),
2010, p. 503

Première Publication : 2009

Pour l’acheter : Les Voleurs d’âmes, Tome 1

Rachel Vincent est née en 1978. C’est une auteure américaine surtout connue pour sa série d’urban fantasy Shifters.

 Tome 2 

♣ ♣ ♣

Apparemment, Kaylee est une fille comme les autres. Pourtant, depuis quelque temps, elle pressent la mort imminente de jeunes filles de son entourage. Pourquoi ? Et à qui confier ses sombres intuitions sans passer pour folle ? Alors qu’elle se croit désespérément seule, c’est Nash, le garçon qu’elle aime en secret depuis des mois, qui va lui tendre la main – et lui révéler que, comme lui, elle est une banshee…

Avant d’avoir été choisie par Babelio (opération Masse Critique, merci !) pour chroniquer le second tome des Voleurs d’âmes, je n’avais pas du tout l’intention de lire ce premier volet. Cependant, n’ayant pas fait attention qu’il s’agissait en fait d’une suite, j’ai coché, me basant surtout sur la jolie couverture et sur la collection qui m’intriguait (Darkiss). Bref, tout ça pour dire que ce premier tome ne se trouvait pas dans ma PAL il y a encore quelques jours de cela et que je l’ai lu pour être un minimum au courant et ne pas me lancer complètement démunie dans le deuxième !
Je suis plutôt mitigée. Je reconnais que le thème et l’univers mis en avant dans cette « série » sont originaux et intéressants, mais l’histoire d’amour annexe pollue l’ensemble, à mon goût ; et pourtant, je suis du genre fleur bleue ! Y a du bon et du mauvais mais j’attends la lecture du deuxième tome qui, j’espère, relèvera un petit peu le niveau !

rachelvincentLa jeune Kaylee, 16 ans, vit chez son oncle, sa tante et sa détestable cousine – Sophie – depuis que son père (reparti en Irlande) l’y a laissée suite à la mort de sa mère dans un accident de la route alors qu’elle n’avait que trois ans. Adolescente réservée et somme toute « banale », la jeune fille craque pour le Dom Juan du lycée – Nash – qui multiplie les conquêtes et ne l’a jamais regardée… jusqu’à ce samedi soir où sa meilleure amie – Emma – et elle se sont introduites « clandestinement » dans la boîte branchée de la ville. Kaylee est sur son nuage lorsque Nash l’invite à danser, mais son moment de bonheur est de courte durée, une nouvelle « crise » vient la terrasser. Alors qu’elle était sur la piste de danse, une sensation oppressante, une grande panique est soudainement venue l’attaquer. Elle comprend rapidement la raison de cette crise d’angoisse en découvrant une jeune et jolie blonde entourée d’un « nuage » très sombre… Son malaise s’intensifie, elle le sait, cette fille qu’elle ne connaît même pas va mourir très bientôt… et ce cri qui enfle dans sa gorge, menaçant de lui déchirer la bouche… Heureusement, Nash est là et, en lui murmurant des paroles à l’oreille, parvient à la calmer. Le lendemain matin, la nouvelle tombe, la jeune fille de la veille a été retrouvée morte dans les toilettes de la boîte de nuit, sans raison apparente… Kaylee le savait, et ce n’était pas la première fois ; mais est-elle folle ? A-t-elle une tumeur au cerveau qui change sa perception des choses ?… Nash, la voyant si désemparée, lui avoue tout : elle est une banshee, sa mission est de pleurer les morts et d’accompagner leur âme… Mais les banshees ne sont pas les seules « créatures » en ville et il semblerait que quelqu’un change le cours des choses en tuant plusieurs belles jeunes filles en seulement quelques jours….

Commençons par le gros point négatif (pour terminer sur du positif !) de ce premier tome : l’histoire d’amour bidon. Alors oui, j’en conviens, ce livre est destinée à un jeune public (et sans doute essentiellement des adolescentes en proie à leurs hormones) mais est-ce une raison pour nous amener une histoire aussi… plate, fade, invraisemblable ? Tous les stéréotypes d’une histoire d’amour adolescente sont présents : la jeune fille réservée et « banale » qui intrigue le beau gosse du lycée… Outre le fait que ça me rappelle dangereusement une autre histoire qui fait un peu trop de bruit en ce moment, c’est… trop facile ? Trop cliché ? En plus, comment se fait-il que Nash ne se rende compte que maintenant que Kaylee existe ? Paf il se réveille un matin en se disant : « Dis donc, elle a une jolie voix cette demoiselle, il faudrait peut-être que je la suive pour voir si elle serait pas une petite banshee qui s’ignore… ». Oui, nous avons toutes une adolescente qui sommeille en nous, nous avons toutes un jour été cette jeune fille banale et maladroite qui en pinçait pour le lover du bahut et nous avons toutes rêvé, au moins une fois, que le dit lover viendrait nous déclarer sa flamme et rendrait ainsi jalouse toutes les autres pouffiasses du coin. Mais il faut croire que j’ai muri et que ce genre de bluettes me pompe l’air ! Si encore les deux protagonistes principaux avaient eu de la carrure, ça aurait pu passer, mais ce n’est définitivement pas le cas.
Kaylee a certes un petit côté attachant (cf l’adolescente banale en nous) mais elle n’a pas réussi à m’émouvoir plus que ça. C’est une héroïne sympathique, mais pas une héroïne qui restera dans ma mémoire. Quant à Nash, parlons-en… Amoureux plus fade et plus plat, ça n’existe pas ! C’est le stéréotype du beau gosse sans aucune profondeur… vous savez, la potiche qu’on met dans un coin de la scène pour faire joli ! Oui, c’est lui qui apprend à Kaylee qui elle est et il est là pour la calmer quand elle est en « crise »… quelle figure palpitante ! Pour continuer dans les stéréotypes, on a évidemment la cousine insupportable, superficielle au possible, inculte, et qui passe son temps en mini-jupe dans les bras des footballeurs du lycée… En fait, l’ensemble reflète parfaitement ce qui se passe dans les lycées américains : la hiérarchie des élèves (selon le degré de coolitude : pom-pom-girl c’est in alors ça traîne avec les footballeurs musclés mais ignares… on peut pas tout avoir !), les lieux typiques (ah le fameux gymnase…), il ne manque plus que le bal de fin d’année et ça y est, tout est là (peut-être dans le deuxième tome ?) ! Heureusement la meilleure amie Emma est assez marrante et le personnage ambigu de Tod rehausse le niveau, le voilà qui passe, malgré son second rôle, sur la première marche du podium ; j’en fais mon personnage préféré et j’attends de voir ce qu’il devient dans la suite !

En plus de l’histoire d’amour (inutile), nous sommes aussi en présence d’une petite « enquête » qui vise à expliquer pourquoi ces filles meurent alors que ce n’était vraisemblablement par leur tour. On ne peut pas dire que ce soit une intrigue très « poussée » et la découverte du coupable à la fin me laisse un peu perplexe, mais ç’a au moins le mérite d’être distrayant, et bien ancré dans l’univers mis au point par Rachel Vincent (contrairement à l’histoire d’amour qui est vraiment là pour attirer un public de lectrices adolescentes !).

mysooultotake rachel vincentEn ce qui concerne le style, je me base sur la traduction (une nouvelle fois), signée Françoise Nagel. Soyons clairs, c’est un livre destiné à un public jeune et sans autre but que de distraire et « faire rêver ». La lecture est donc fluide, aisée et très rapide ; sans compter que la police de caractère choisie par la collection (Darkiss) a au moins le mérite de ne pas abîmer les yeux… Je n’ai pas été convaincue plus que ça par les descriptions, mais au moins, j’ai réussi à entrer dans l’histoire sans trop de soucis. Les dialogues m’ont parfois paru enfantins et même très niais (mais c’est le côté « romance » qui veut ça) ; mais encore une fois, ce n’est pas pour la qualité de la plume qu’on lit ce genre de livres. L’illustration de couverture renseigne immédiatement sur ce qu’on a en main… Jolie image, bien que très connotée « littérature pour jeune adolescente » ! En revanche, même si la police est énorme, j’aime bien le format : entre le poche et la grosse édition ; ça prend un peu de place dans le sac, mais ça me plaît assez. L’éditeur aurait pu, par contre, faire un petit effort sur le dos. Oui, c’est un détail, mais une fois dans la bibliothèque on ne voit plus que ça, et c’est assez fade…

Bon, venons-en au point qui m’a le plus plu dans ce livre et qui me donne envie d’ouvrir le tome suivant : l’univers créé par l’auteure. Un peu comme les auteures de bit-lit, Rachel Vincent ancre son histoire dans un monde contemporain au notre, presqu’identique à celui que nous connaissons, si ce n’est que des créatures étranges côtoient les humains. Ici, pas de loups-garous, de vampires ou de sorcières comme nous en avons l’habitude, mais des créatures mythologiques qu’on avait oubliées : les banshees !
Je trouve ça très original de baser son histoire sur ces créatures et de mettre en place toute une « mythologie » sur celles-ci. On découvre, au fil du texte, leurs pouvoirs, leurs points faibles, leurs fonctions dans ce monde… Et on apprend également l’existence d’autres créatures rarement mises en scène (à ma connaissance) dans la littérature de ces dernières années : les faucheurs. Rachel Vincent nous apprend qu’il n’existe pas une grande faucheuse, mais de nombreuses petites qui se partagent le territoire et ne font que leur « travail ». Il y a une hiérarchie particulière, des règles à respecter,… Voilà qui est bien pensé et qui mérite qu’on continue la lecture avec le deuxième tome pour en apprendre encore plus ! Même si cet univers mérite de plus ample approfondissements pour donner tout son potentiel, je félicite d’ors et déjà l’auteure d’avoir remis au goût du jour ces créatures ; ça change, c’est original ! Bravo !

Vous l’aurez compris, sans l’originalité de ce « contexte » et de ces « créatures », ce livre m’aurait beaucoup moins enthousiasmé ! Je reste très sceptique en ce qui concerne l’histoire d’amour entre les deux héros mais je suis tout de même curieuse de lire la suite… Je me demande ce que nous réserve l’auteure, et si elle a encore des éléments intéressants à nous apprendre… Rendez-vous dans quelques semaines pour découvrir mon billet sur le sujet !

 

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Une réflexion sur “Les Voleurs d’âmes, Tome 1 : De toute mon âme de Rachel VINCENT

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