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Impératrice de Shan SA

4 Commentaires

imperatrice
Impératrice

de Shan SA

Le Livre de Poche,
2004, p. 444

Première Publication : 2003

Pour l’acheter : Impératrice

Shan Sa (née Yan Ni le 26 octobre 1972) est une écrivain française d’origine chinoise.
La Joueuse de go est publié en 2001 et reçoit le Prix Concourt des lycéens la même année. Shan Sa quitte la Chine pour Paris en 1990, et l’écriture en chinois pour celle en français.

La Joueuse de Go

Elle est née dans la fabuleuse dynastie Tang du VIIe siècle.
Elle a grandi au bord du fleuve Long, où elle apprenait à dompter les chevaux.
Elle est entrée au gynécée impérial où vivaient dix mille concubines.
Elle a connu les meurtres, les complots, les trahisons, elle est devenue Impératrice de Chine.
Elle a connu la guerre, la famine, l’épidémie.
Elle a porté la civilisation chinoise à son apogée, elle a vécu entourée de poétesses, de calligraphes, de philosophes. Elle a régné sur le plus vaste empire sous le ciel, dans le plus beau palais du monde.
Elle est devenue l’Empereur-Sacré-Qui-Fait-Tourner-la-Roue-d’Or.
Son nom a été outragé, son histoire déformée, ses mémoires effacées, les hommes se sont vengés d’une femme qui avait osé devenir Empereur, et pour la première fois depuis treize siècles, elle ouvre les portes de sa Cité Interdite.

J’ai acheté ce livre en Janvier 2009 (je note toujours la date d’achat et c’est comme ça que je me suis rendue compte récemment que certains livres sont dans ma PAL depuis 2005/2006… Hhhmmm hhhmmm…), très certainement d’occasion (à 1€) et encore plus certainement sur un coup de tête (juste en voyant le nom de Shan Sa).
Si une lecture commune n’avait pas été organisée sur Livraddict, sûr que ce titre serait resté en hibernation dans ma PAL encore quelques années ! J’ai déjà rencontré l’auteure à deux (même trois) reprises. J’ai lu La Joueuse de Go deux fois, la deuxième ne remontant qu’à quelques mois, et Alexandre et Alestria il y a quelques années. De ces deux titres ne ressortent qu’une écriture poétique mais surtout un grand flou artistique. N’ayant pas été conquise par Shan Sa, je me lançais dans la lecture d’Impératrice à reculons, et j’ai mis plusieurs jours à me lancer !

Finalement, c’était moins pire que je le redoutais mais, moins de dix jours après la fin de ma lecture (oui, j’ai du retard dans mes billets !), je me rends compte que mes souvenirs sont assez vagues. Soit mon cerveau est overbooké, soit, décidément, lorsque je lis du Shan Sa, ça rentre par une oreille (enfin par un œil pour le coup !) et ça ressort immédiatement par l’autre. Je n’ai pas détesté cette lecture, mais je ne l’ai pas non plus adorée.

Lumière est la deuxième de trois sœurs. Après le mariage de son aînée et la mort de son père bien-aimé, elle suit sa mère et sa jeune sœur dans le village de la famille de la première épouse de son défunt père, où celui-ci est enterré. Evidemment pas la bienvenue, Lumière forge son caractère et se passionne pour les chevaux. Alors qu’elle entre dans l’adolescence, sa vivacité d’esprit séduit ; elle part vivre dans le gynécée impérial où elle occupe une place « médiocre » au milieu de dix mille autres concubines. Là-bas, pendant des années au milieu de ces femmes, elle apprend la séduction, l’amour et la jalousie. Elle y fait également la rencontre de Petit Faisan, un des héritiers de l’Empereur, pour qui elle éprouve rapidement une réelle tendresse. Mais le père de celui-ci meurt, toutes ses concubines doivent quitter le gynécée pour laisser la place aux nouvelles femmes du nouveau dirigeant. Lumière passe alors des années, cheveux rasés, dans un couvent jusqu’au jour où Petit Faisan, nouvel Empereur de Chine, vient la chercher, faisant fi de toutes les lois ancestrales.
Au centre de tous les complots, la favorite doit évincer petit à petit toutes les autres épouses et faire sa place. Sorcellerie, trahison, meurtre,… toutes les excuses sont bonnes pour se débarrasser de ses ennemis. Lumière monte enfin sur le trône et, ayant plus de poigne que son époux, s’impose vite comme la véritable dirigeante de l’empire. De réforme en réforme, la nouvelle impératrice développe la capitale, s’entoure des plus grands artistes et porte la civilisation chinoise à son apogée ! Malheureusement, être à la tête d’un empire entraîne son lot de trahisons et surtout de solitude. Après la mort de son époux, ne pouvant plus faire confiance à personne, même pas à ses propres enfants qui cherchent à l’éliminer pour prendre sa place, Lumière repense à ses premières années d’insouciance…

wuzetianVous l’aurez compris, cette histoire se déroule à une autre époque et dans un pays différents des nôtres : au VIIème siècle (et au début du VIIIème) en Chine.
Shan Sa nous livre le « témoignage » de cette impératrice tout au long de sa (longue) vie, c’est-à-dire sur plus de 80 ans (si ma source internet est fiable). Pour tout vous avouer, si je n’avais pas trouvé ce renseignement (que j’espère juste) sur la toile, j’aurais été bien incapable de vous le donner tant la chronologie est vague. Certes, l’auteur nous offre parfois quelques petits détails (« J’avais alors quarante ans… ») mais si on ne prend pas un papier et un crayon avec nous lors de notre lecture, on a tôt fait d’être perdu. Je suis bien consciente que rédiger un roman de cet ampleur, couvrant toute la longue vie d’une personne, demande des ellipses narratives et des coupures, mais j’étais parfois complètement paumée.
En plus, comme toute l’histoire se déroule dans une époque et un pays lointains, pour lesquels je n’ai aucune connaissance, j’ai eu l’impression de lire la vie de quelqu’un qui n’aurait pas existé. Donnez-moi une carte de la Chine, je suis incapable de vous pointer du doigt les lieux rencontrés pendant cette lecture.
Cependant, cette espèce de brouillard « chronologique » et « géographique » est sans doute réfléchi par Shan Sa, car rejoint le côté un peu mystique et extraordinaire de l’histoire et de la personnalité de l’impératrice. Je comprends parfaitement le procédé, mais les restes « scientifiques » en moi sont déstabilisés car aiment les choses et les informations plus « concrètes ».

Malgré tout, je salue le travail « historique » qui se cache derrière ce roman. Shan Sa a fait des recherches, ça se sent, et bien que l’ensemble soit romancé, on apprend tout de même pas mal de choses sur la culture et les évènements de l’époque. Bien sûr, on ne voit les choses qu’à travers les yeux de l’héroïne, de l’impératrice alors on n’a pas toutes les données et tout tourne autour d’elle. C’est parfois un peu étouffant mais offre la possibilité d’entrer dans la tête d’une femme de pouvoir, d’une femme exceptionnelle.
En parlant d’elle, j’avoue que j’ai parfois eu du mal avec ses réactions, sa façon de penser. J’ai souvent admiré son courage, me suis parfois indignée face aux évènements mais ai finalement rarement été touchée par cette héroïne trop froide, trop distante. Il est vrai que j’aime suivre des héros hors du commun, spéciaux ; mais j’aime encore plus quand ils ont quelque chose de profondément humain pour que je puisse « m’identifier » à eux. Si Lumière est touchante dans les premières pages, elle devient vite intouchable avec le pouvoir qu’elle acquiert au fil des années. Son peuple la considère comme une déesse : irréelle, distante, mystique et effectivement, c’est ainsi que je l’ai perçue. Sur la fin, il y a tout de même des sursauts d’humanité, notamment lorsqu’elle se rend compte de l’extrême solitude de sa situation. Elle retombe sur terre quelques instants, mais redevient bien vite insaisissable.
Les autres personnages sont uniquement vus à travers ses yeux, on a donc des personnalités « tronquées » et c’est difficile de se faire une idée. La plupart d’entre eux passent quelques années auprès de Lumière. Ils l’aiment, la détestent, la désirent, l’idolâtrent… mais finissent vite par mourir, la plupart l’ayant trahie. On se rend compte à quel point la nature humaine est mauvaise et intéressée… bonjour l’optimisme !

En ce qui concerne la forme du texte et la plume de Shan Sa, je suis assez mitigée pour l’un comme pour l’autre. J’ai lu les 400 et quelques pages assez rapidement et sans grandes difficultés mais j’ai repéré certaines longueurs qui m’ont gênée. Au final, l’action est limitée : mis à part les grands changements dans la vie de l’impératrice, il ne se passe pas grand-chose.
J’ai également été déstabilisée par les noms des différents personnages : Lumière, Petit Faisan, Fils Suprême, Empereur Haut Aïeul, Epouse Merveilleuse,… Nié ?! La plupart sont nommés par leur statut, alors difficile de s’y retrouver !
Enfin, on dit souvent que la plume de Shan Sa est « poétique ». Je suis d’accord et j’ajouterais qu’elle correspond bien avec l’idée que je me fais du style « oriental » (comprenez de la Chine, du Japon…) mais, n’étant pas habituée à cette « culture », c’est très étrange. Je n’arrive même pas à dire si j’aime ou non, c’est très particulier. Et ce qui s’annonçait comme un « simple » roman historique se transforme en… mémoires féminines « imagées ». S’il n’y avait pas eu autant de longueurs, j’aurais sans doute plus goûté cette poésie, mais là, sur plus de 400 pages, c’est parfois… trop !

Un avis un peu mitigé mais, je suis tout de même contente d’avoir appris quelques petites choses sur cette période en Chine et sur cette impératrice (Wu Zetian), la seule a avoir créé sa propre dynastie (Zhou). Plus que la forme, c’est finalement le coté « historique » que je garde.

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4 réflexions sur “Impératrice de Shan SA

  1. On explique en général ces noms un peu étranges par la forme de la traduction. Soit on prends le parti de traduire les noms, et cela peut sembler étrange, soit on garde l' »exotisme » au risque que le lecteur ne puisse même pas les prononcer. La version de San Sha est très romanesque en fait, surtout que Wu Zeitan est un personnage assez romancé en Chine. Si tu recherches un peu plus d’authenticité, en civilisation japonaise je peux te conseiller
    Pour le polar : http://www.mollat.com/dossier/crimes_sous_le_paravent-45590758.html
    Pour la littérature classique :
    – Le chat qui venait du ciel – Hairaide Takashi (pour la poésie)
    – certains livres d’Inoue Yasushi
    – Eiji Yoshikawa- La pierre et le sabre
    – Hideyoshi seigneur singe
    et encore tout plein de jolies choses 🙂

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