Bazar de la Littérature

Persuasion, Adrian SHERGOLD

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persuasion
Persuasion

2007, 1h33

d’après Persuasion de Jane AUSTEN

Réalisé par Adrian SHERGOLD

Avec : Sally Hawkins (Anne Elliot),
Rupert Penry-Jones (Capitaine Wentworth),
Alice Krige (Lady Russell),
Anthony Head (Sir Walter Elliot),
Amanda Hale (Mary Elliot),

 Fiche IMDb

Pour l’acheter : Persuasion

Anne Elliot court dans toute la grande propriété de Kellynch pour s’occuper du futur déménagement de son père, sa soeur aînée et elle-même dans la ville thermale de Bath. Afin de régler leurs dettes au plus vite, les Elliot doivent revoir leur façon de vivre à la baisse et louer leur grande maison à l’amiral Croft et à sa femme.
Avant de rejoindre la ville, Anne séjourne quelques semaines chez sa petite soeur Mary qui, égoïste et hypocondriaque, réclame des soins constants. Alors qu’elle retrouve avec plaisir la famille de son beau-frère (les Musgrove), Anne apprend avec effroi la venue très prochaine du Capitaine Wentworth, venant rendre visite à sa soeur – Mme Croft – et au voisinage.
Fiancés huit ans plus tôt, alors qu’elle avait 19 ans, Anne et Wentworth se sont séparés en mauvais termes. Pendant ces longues années de solitude, Anne n’a jamais oublié le jeune homme, mais lui, semble lui en vouloir encore de s’être laissée persuader par sa marraine, Lady Russell, du danger de ces fiançailles. Le Capitaine Wentworth flirte avec les soeurs Musgrove tandis que la pauvre Anne s’efforce de passer inaperçue et de taire sa souffrance…

Quelques jours après avoir acheté le coffret des adaptations de Jane Austen, je n’ai pas pu me retenir et j’ai regardé cette version de 2007, alors que je n’avais pas encore lu le livre d’origine. Maintenant que le texte a été découvert (début février), j’ai profité d’un peu de temps devant moi pour un deuxième visionnage.
Avec Persuasion, j’ai donc découvert l’adaptation avant et après avoir lu le livre d’origine, et les deux fois, j’ai apprécié. Cette heure trente ne détrône pas les cinq heures d’Orgueil et préjugés dans mon coeur (mais j’ai bien l’impression que cette adaptation ne laissera jamais sa place sur le podium !), mais reste un très bon divertissement. Et, malgré quelques changements par rapport au livre, elle reste, je trouve, fidèle à l’univers et aux idées de Jane Austen.

persuasionacteursAvant de voir cette adaptation, la plupart des acteurs m’étaient inconnus. A commencer celle qui interprète l’héroïne, Sally Hawkins, qui, si je la connaissais de nom, n’était jamais apparue dans un des films que j’avais pu voir jusque là. Je l’ai trouvée très juste dans son rôle : effacée, relayée au second plan, avec cette mélancolie dans le regard… Elle m’avait plu lors de mon premier visionnage et, après la deuxième et donc la lecture du roman entre temps, je la trouve parfaite.
Ruper Penry-Jones alias le Capitaine Wentworth, m’était encore plus étranger que sa partenaire. Il endosse le rôle d’un homme blessé qui, malgré les années et ce qu’il laisse paraître, n’a pas oublié son premier et unique amour. L’acteur incarne assez bien cette figure et son apparence ne sera pas non plus pour déplaire à ces demoiselles.
Du côté des autres acteurs, c’est bien simple, je n’ai relevé aucun nom connu si ce n’est celui d’Anthony Head. J’ai été plus que ravie de le retrouver dans la peau du vaniteux Sir Walter Elliot, lui qui a bercé mon adolescence en jouant Giles, le protecteur de Buffy, la célèbre tueuse de vampires. Récemment, il a endossé la couronne pour incarner Uther dans la série Merlin et le scalpel pour jouer le Repoman dans le film musical de Darren Lynn Bousman. Encore une fois, je salue la justesse de son regard et de son interprétation !
Dernier visage un tout petit peu connu, celui de Lady Russell jouée par Alice Krige, que je me souviens avoir croisé dans Silent Hill ; un visage assez marquant.
Les acteurs secondaires sont bons et accompagnent les précédents avec brio, notamment Amanda Hale qui incarne une Mary agaçante plus vraie que nature !

Cette adaptation n’est pas d’une fidélité à toute épreuve : certaines scènes manquent, d’autres sont ajoutées ou transformées, mais malgré ces changements, je suis assez satisfaite du résultat. Mettre en scène un roman en seulement 1h30 est un exercice difficile mais le réalisateur, Adrian Shergold, s’en sort bien. L’univers de Jane Austen est plutôt bien retranscrit, que ce soit dans les décors ou dans les scènes en elles-mêmes (l’interaction des personnages entre eux, notamment). Si je devais faire un seul reproche au film, esthétiquement parlant, ce serait pour les tenues d’Anne. Même si sa famille est endettée et même si c’est une jeune femme simple, je trouve ses robes un peu « banales » par rapport aux autres femmes de son entourage qui, pour certaines, ont normalement un rang moins élevé qu’elle !
Pour en revenir aux modifications dans le scénario, certaines m’ont semblé bien trouvées car accentuent le côté effacé et mis en retrait de l’héroïne (lorsqu’elle tombe et se tort la cheville, par exemple). On ressent particulièrement la mélancolie, la tristesse de la jeune femme et on s’attache beaucoup à elle. En revanche, j’ai découvert que la scène de la lecture de la fameuse lettre est totalement différente d’un support à l’autre ; ce qui est dommage car c’est sans doute un des plus beaux passages du texte de Jane Austen ! J’émets également quelques doutes sur la scène « finale » (ou presque) d’Anne courant dans les rues de Bath et ses retrouvailles avec Wentworth. Attention, petit spoiler : en effet, j’ai trouvé ce baiser au ralenti un peu « too much » et quelqu’un qui n’a jamais lu Jane Austen pourrait croire, avec des scènes comme celles-ci, qu’il s’agit seulement d’histoires pour jeunes filles romantiques. Cela dit, ce n’est qu’un détail du film et le reste est bien rendu…
Un petit mot sur la musique signée Martin Phipps qui a aussi oeuvré (enfin, chronologiquement, l’année d’après) sur l’adaptation de Raison et sentiments. Cette fois encore, il nous offre une composition douce et parfaitement en accord avec les images qu’elle accompagne. J’approuve !

Le problème majeur de ce DVD (et des autres DVDs du coffret Fnac en général), c’est le manque de bonus. Alors oui, il y a bien quelques bandes annonces, la biographie de certains des acteurs principaux et quelques mots sur Jane Austen et son oeuvre, mais avouons que ça reste bien maigre et assez « inintéressant » dans le sens où ce sont des informations qu’on peut parfaitement trouver sur internet. J’aurais aimé des interviews des acteurs, des scènes coupées, des secrets de tournage,… les bonus sympas quoi ! Mais non, il n’y a vraiment rien de tout ça et c’est la grosse déception !
Heureusement, on peut quand même profiter de la version anglaise (avec des sous-titres français, si vous le souhaitez), pour qu’on puisse s’immerger un peu plus dans le monde austenien, et je vous le conseille !

Les acteurs sont bons, notamment les principaux (Sally Hawkins et Rupert Penry-Jones). Quelques scènes ajoutées qui apportent un plus dans le film (elles accentuent la place d’Anne dans son entourage, par exemple). Malgré la brièveté du film, Adrian Shergold offre une adaptation assez pertinente et en accord avec « l’esprit austenien ». La présence de la version anglaise sous-titrée, l’idéal !
Des scènes modifiées qui ont moins d’impact que dans le texte d’origine, c’est dommage ! 1h30 c’est un peu court et ne permet pas de développer tout l’esprit Jane Austen ; on pourrait croire qu’il s’agit seulement d’une histoire « romantique », c’est un peu réducteur. Niveau bonus c’est zéro et ça manque franchement aux fans !

 

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