Bazar de la Littérature

L’Enfant des cimetières de SIRE CEDRIC

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lenfantdescimetieres
L’Enfant des cimetières

de SIRE CEDRIC
Pocket,
2011, p. 534

Première Publication : 2009

Pour l’acheter : L’enfant des cimetières

Né en 1974, Sire Cédric vit à Toulouse. Il est l’auteur de six romans et de deux recueils de nouvelles, aux frontières du thriller et du roman fantastique. Il a reçu le prix Masterton pour son roman L’enfant des cimetières et le prix Polar (festival de Cognac) pour son thriller De fièvre et de sang. Ses livres sont traduits en Anglais, en Polonais et en Turc.

 De fièvre et de sang 

♣ ♣ 

Un fossoyeur vivant près d’un cimetière est pris d’une folie hallucinatoire et tue toute sa famille avant de se suicider.
Un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les occupants d’un hôpital et tue Kristel, une artiste peintre.
David, photojournaliste – et compagnon de Kristel -, décide de découvrir l’origine de cette vague de meurtres sordides et de suicides, qui ne cessent d’augmenter. Bientôt, il va être confronté à l’inimaginable…

J’ai découvert Sire Cédric il y a quelques années grâce à sa page Myspace. L’univers m’intriguait, j’avais alors réussi à me procurer Angemort chez Nuit d’Avril (avant que la maison d’édition disparaisse). Je me souviens avoir apprécié cette lecture, mais sans plus. La vraie découverte de l’auteur s’est faite l’an dernier, en mars ou avril 2010, avec De fièvre et de sang, que j’avais adoré ! 
Lorsque BOB a proposé un partenariat, je n’ai pas hésité, très curieuse de continuer ma découverte de l’auteur et très heureuse de pouvoir retrouver Alexandre Vauvert, le flic de De fièvre et de sang. Chronologiquement, L’Enfant des cimetières vient avant (publié pour la première fois en 2009, 2010 pour De fièvre et de sang) mais l’ordre de lecture n’a pas d’importance, seul le personnage de Vauvert fait le lien entre les deux.
Trêve de blabla, ai-je aimé cette lecture, oui ou non ? Et bien oui, j’ai aimé. Mais (car il y a toujours un mais) j’ai été moins surprise qu’avec De fièvre et de sang. Est-ce que je m’habitue à l’univers de Sire Cédric, est-ce que je suis blasée ? Dans tous les cas, même si ce n’est pas un coup de cœur, ce fut un très bon moment de lecture et je vous le recommande ! 

David, appelé en pleine nuit par sa collègue Aurore, se rend près du cimetière de la ville, sur les lieux d’une tragédie : un père de famille, fossoyeur pris de folie, a tué sa femme et ses deux enfants dans leur sommeil (ou presque…) avant de se suicider. Photographe pour un journal local, David immortalise la façade de la maison témoin de l’horreur, mais cesse vite, pris d’un mauvais pressentiment. Le lendemain, alors qu’elle rend visite aux enfants malades de l’hôpital, Kristel – artiste peintre et compagne de David – est tuée par un adolescent désorienté. Les deux camarades de celui-ci, également sur les lieux du crime, sont emmenés par la police pour être interrogés… L’un d’eux avoue des choses étranges… Effondré par la nouvelle, David – pourtant si cartésien – commence à faire des rêves mystérieux et sent la présence de Kristel dans leur appartement, surtout dans l’atelier de celle-ci. C’est en songe qu’elle le prévient du danger qu’il court et de l’identité de son assassin : l’enfant des cimetières…
Et si cette histoire n’était pas qu’une légende urbaine ? Et si l’enfant des cimetières existait vraiment, qui serait-il ? Quel serait son but ?

Comme je le disais en « introduction », l’univers de Sire Cédric m’était déjà connu avant cette lecture ; pourtant, en lisant le prologue, je me suis vraiment demandée ce que c’était que ça, et où l’auteur voulait en venir ! Passées ces premières pages d’orgie morbide, l’histoire commence « vraiment » et on est très vite embarqué ! 
Le gros plus ici, et dans les livres de Sire Cédric que j’ai déjà pu lire, c’est le rythme. En effet, grâce aux chapitres courts (parfois pas plus de deux ou trois pages) et aux révélations et questions toujours bien placées, on a qu’une envie : connaitre la suite ! J’étais tellement pressée de connaitre le dénouement que j’ai lu les 250 dernières pages (un peu moins de la seconde moitié en fait…) d’un coup !
Si j’ai un petit bémol à avancer, c’est plutôt au niveau de l’intrigue en elle-même qui m’a moins « bluffée » que celle de De fièvre et de sang. Je l’ai aimée et elle n’a pas été un frein à ma lecture (vu la vitesse à laquelle j’ai dévoré ces 500 pages) mais, je n’ai pas fait « Waouh ! ». En revanche, je n’ai pas vu venir la révélation du « coupable », ce qui a relancé de plus belle mon engouement et mon désir de connaitre la suite.
La fin m’a un peu déstabilisée. Je n’imaginais pas un dénouement en particulier mais celui-ci m’a surprise. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi sans trop en dire. Je pense que c’est le fait que le côté « ésotérique » prenne le dessus sur le reste, qui est en cause. J’aime bien les histoires dans lesquelles l’ésotérisme est présent, dans lesquelles on doute de ce qui existe ou n’existe pas… et j’aime quand la limite entre le réel et le « reste » est mince ; mais je trouve que dès qu’on passe carrément d’un côté de la barrière, l’histoire perd de son charme. D’un côté, avoir une explication, une fin claire, nette et précise, ça a aussi du bon… Raaaa… difficile de mettre des mots sur une sensation floue et en plus sans spoiler ! Conclusion de ces élucubrations : le dénouement m’a un peu déçue, mais d’un autre côté, je n’en vois pas de meilleur !

Du côté des personnages, on est assez gâté. En effet, je trouve qu’après le rythme haletant, c’est un autre des points forts de l’auteur. Ils ont ce côté « ordinaire » grâce auquel on peut s’identifier à eux et à ce qui leur arrive, mais également un côté un peu « hors du commun » qui en font des figures fortes, complexes et particulièrement intéressantes ! 
David est évidemment celui à qui je pense en premier. Les évènements le propulsent au rang « d’enquêteur » et de héros, alors qu’au départ il n’est qu’un photographe – certes doué, mais qu’un photographe quand même – très terre à terre ! Je l’ai trouvé attachant, j’ai aimé le suivre.
La deuxième figure principale est celle d’Alexandre Vauvert, le flic géant pas toujours commode mais particulièrement efficace. J’avais déjà apprécié sa prestation dans De fièvre et de sang, je n’ai pas été déçue ici !
Un petit mot sur celui qui donne son nom au roman, l’enfant des cimetières, qui incarne bien le rôle du psychopathe. Son jeune âge et son physique (que je n’ai pas eu de mal à imaginer) le rendent assez flippant et sa capacité à pouvoir atteindre les personnages n’importe où, n’importe quand, accentue encore le malaise et l’angoisse. 
Sire Cédric nous offre donc des personnages travaillés, très marquants !

Pour revenir sur ce que je disais il y a quelques minutes, futurs lecteurs de Sire Cédric, soyez prévenus : L’Enfant des cimetières n’est pas un thriller comme les autres ! Des meurtres, un tueur en série… oui. Mais aussi un prologue qui met en scène une démone, des rêves bizarres, des fantômes… je crois qu’on appelle ça un thriller « gothique », c’est surtout une enquête avec des éléments surnaturels. Il y a aussi le côté très « rock’n’roll », mais quand on a vu une photo de Sire Cédric, on ne s’étonne plus ! C’est effectivement un mélange assez particulier, qui peut surprendre et ne peut pas plaire à tous, mais pour ma part, j’aime beaucoup et je me retrouve assez dans les références « réelles » (groupe de musique, écrivains,…) dispersées ça et là par l’auteur. 
Je l’avais déjà signalé pour De fièvre et de sang, il me semble, mais j’apprécie également le fait que les intrigues de Sire Cédric se passent en France (vers Toulouse ici) et à notre époque ; j’ai l’impression, et c’est peut-être un peu bête, que les choses, plus proches géographiquement de moi, pourraient très bien m’arriver plus facilement que si elles se déroulaient aux Etats-Unis, en Chine ou je ne sais où… Vous voyez l’idée ?

Enfin, terminons par quelques mots sur la forme du texte et la plume de l’auteur. Je l’ai déjà précisé un peu plus haut, mais je le répète, les chapitres sont très courts, ils n’excèdent pas les quinze pages. Autant dire que les 500 pages totales se dévorent à la vitesse de l’éclair ! J’aime lorsque les livres sont aérés de cette façon, c’est vraiment très agréable à parcourir !
Autre élément appréciable : les différents points de vue successifs adoptés par Sire Cédric. On ne suit pas exclusivement l’histoire du point de vue de David, mais également de celui de Vauvert, de celui de l’enfant des cimetières… on sait tout sur tout, ou presque !
Descriptions et dialogues ont su me convaincre. Je n’ai rien noté de gênant si ce n’est la scène un peu « crue » du prologue, mais rassurez-vous, la suite est beaucoup plus « soft ». Vraiment, aucun souci, les livres de Sire Cédric se lisent très bien !

Pour résumer tout ça : j’ai aimé ! J’ai aimé le rythme accentué par les chapitres courts, les personnages charismatiques, le fait que ce thriller se passe en France (et oui, c’est un détail, mais je me sens tout de suite plus « touchée ») et le style de Sire Cédric, très fluide et très abordable. Je ne fais pas de cette lecture un coup de cœur car il m’a manqué un tout petit truc. Cependant, je conseille cette découverte aux amateurs de thrillers et de surnaturel ! 
A nouveau, un grand merci à BOB, à Pocket et à Sire Cédric pour ce très bon moment de lecture et à très vite avec mon avis sur le dernier livre de l’auteur – Le Jeu de l’ombre – acheté et dédicacé au salon du livre et qui ne tardera pas d’atterrir sur ma table de nuit !

 

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3 réflexions sur “L’Enfant des cimetières de SIRE CEDRIC

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