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Les Larmes rouges, Tome 2 : Déliquescence de Georgia CALDERA

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Les Larmes rouges,
Tome 2 : Déliquescence
de Georgia CALDERA
J’ai lu,
2014, p. 764

Première Publication : 2014

Pour l’acheter : Les Larmes rouges, Tome 2

Georgia Caldera est née en 1982, dans cette magnifique région qu’est la Touraine. Depuis son plus jeune âge, elle dévore quantité de livres en tous genres, avec néanmoins une affection toute particulière pour la littérature gothique, et n’hésite pas à dégainer régulièrement la plume. Avec pour auteurs de prédilection Edgar Allan Poe, Bram Stoker, Sheridan Le Fanu ou encore Anne Rice, c’est dans les univers sombres et fantastiques qu’elle trouvera son propre style. Un style qu’elle explore à la fois avec les mots, mais également à travers l’image, étant illustratrice de formation. Ainsi, c’est après plusieurs années d’études en art qu’elle décide de se tourner plus concrètement vers l’écriture, accompagnant toujours ses productions de supports visuels ayant pour but de donner aux lecteurs un aperçu de ses personnages et de leurs tourments.

 Tome 1 : Réminiscences 
♣ Hors de portée 

♣ ♣ 

Le voile a été levé sur les étranges rêves de Cornélia mais elle est plus que jamais en danger. Pourtant, la seule prudence n’est pas ce qui la pousse à rester auprès de Henri. Progressivement, leurs liens se renforcent bien que l’ombre du passé plane sur leur relation…
Pire encore, pour assurer leur protection contre Avoriel, ils doivent retourner à Reddening House où Cornélia a été témoin des horreurs que peuvent commettre ses habitants. Déjà angoissée, la jeune femme se noie de plus en plus dans de bien surprenantes visions…

/!\ Attention, risque de spoilers sur le premier tome /!\

J’ai découvert le premier tome de cette trilogie il y a quasiment deux ans maintenant, alors qu’elle existait encore dans sa première édition, au Chat Noir. J’avais alors passé un excellent moment, séduite par l’héroïne fragile, convaincue par le héros charismatique et agréablement surprise par l’univers « gothique » mis en place par Georgia Caldera. En commençant ce deuxième tome – édité chez J’ai lu – je partais sans a priori, seulement un peu inquiète à l’idée de ne pas du tout me souvenir de l’opus précédent et d’être perdue tout au long des 750 pages proposés par ce Déliquescence
Si j’ai réussi à me repérer sans trop de problème au bout de quelques pages (et grâce à un petit cours de rattrapage proposé par Georgia Caldera sur son site), je dois malheureusement avouer que ma lecture se solde par une petite déception. Je n’ai pas retrouvé le plaisir de la découverte, j’ai ressenti quelques longueurs et j’ai surtout eu beaucoup de mal avec les héros, notamment la demoiselle qui m’a exaspérée plus d’une fois. C’est donc avec un avis en demi-teinte que je suis arrivée au bout du deuxième tiers de cette trilogie.

Dans les premières pages, on retrouve Cornélia et Henri, rabibochés mais inquiets pour leur sécurité, tentant de faire accepter leur départ prochain au père de la jeune fille… qui évidemment refuse violemment cette éventualité. Peu importe, les deux amants n’écoutent pas et fuient vers l’Angleterre pour rejoindre, Reddening House, belle et ancienne demeure renfermant tout un clan de vampires dont Henri est le Prince. Difficilement acceptée par certains d’entre eux, Cornélia parvient tout de même à faire son trou mais c’est sans compter sur sa tendance à s’attirer des ennuis… Elle doit, en parallèle à cette situation difficile, faire face à de nouvelles visions dans lesquelles elle fait la connaissance d’un tout nouveau personnage bien mystérieux.

Si j’ai apprécié tout ce qui tourne autour du monde des vampires, leurs pouvoirs, leur hiérarchie particulière, leurs règles… et de ce fait le nouveau personnage introduit dans ce deuxième tome ; j’ai en revanche eu énormément de mal avec la relation qu’entretiennent Cornélia et Henri.
Tour à tour « définitivement » fâchés ou éperdument amoureux, leur jeu du chat et de la souris, teinté de passion, de sang et de sexe m’a… lassée. Un peu de difficultés amène un peu de piment dans une romance et je ne crache pas dessus mais là, c’est vraiment trop redondant et ça en devient souvent malsain ; l’auteure le dit elle-même (dans les réflexions de son héroïne). Si la relation entre les deux protagonistes n’avait pas été si présente, peut-être aurais-je eu un petit peu moins de mal mais étant donné qu’elle est au centre de l’intrigue, difficile de passer à côté !

En fait, ce qui m’a le plus dérangé dans cette histoire, c’est le comportement de Cornélia. Je n’avais pas approuvé toutes ses réactions dans le premier tome, mais sa fragilité avait su me convaincre. Ici, elle m’a juste exaspérée. Dès qu’il y a une décision à prendre, vous pouvez être sûr qu’elle fera le mauvais choix et qu’elle fera tout capoter. Dès qu’il y a une parole à prononcer, vous pouvez être sûr qu’elle choisira forcément les mots qu’il ne faut pas. Par exemple et c’est le seul que je peux vous donner sans vous spoiler sur certaines révélations importantes du tome, elle quitte son père soudainement et ne lui donne aucune nouvelle pendant des mois, ne lui dit pas où elle est ou même tout simplement si elle va bien… Même si on est en froid avec ses proches, je n’arrive pas à concevoir qu’on puisse leur faire subir une inquiétude pareille (un mot pour rassurer, malgré la colère, c‘est quand même pas dur !) ! Surtout lorsque la famille se résume à une fille unique et à un père veuf. Je l’ai trouvé capricieuse, irréfléchie… bref, complètement immature et insupportable. Et j’ai presqu’envie de dire qu’elle n’a que ce qu’elle mérite à la fin et que les difficultés qui semblent l’attendre dans le prochain tome sont le fruit de la pagaille qu’elle a semé… une vraie gamine qui va devoir faire face aux conséquences de ses actes irréfléchis !
Quant à Henri, c’est un peu mieux… mais c’est quand même pas ça. Certes il incarne la figure du vampire par excellence : sans pitié pour ce(ux) qui n’a(ont) pas d’intérêt, parfois cruel, plein de secrets et très (trop) possessif avec ses « affaires ». Son amour exclusif pour Cornélia pourra sans doute séduire beaucoup de lecteurs, pour ma part, je le trouve malsain et ça ne me fait pas du tout rêver. Certes charismatique, Henri est surtout dominateur, donneur d’ordres et peu communicatif. Vraiment, les bad boys mystérieux qui font la tronche, j’en suis revenue et je n’apprécie pas du tout de les retrouver dans les œuvres de fiction que je côtoie (à part Darcy, mais Darcy c’est spécial !). Malgré tout, face à l’immaturité de Cornélia, Henri fait preuve d’une patience assez spectaculaire… et il se révèle finalement « moins pire » qu’elle, à mon goût !
La vraie révélation intéressante de ce deuxième tome, à mon avis, c’est le personnage qui apparaît dans les visions de l’héroïne, personnage que l’on apprend à connaître davantage dans la deuxième moitié du livre et qui prend de plus en plus de place et d’importance dans la vie de Cornélia. Cette figure, peu exploitée pour le moment, m’a plu et j’espère en voir plus par la suite.

Si les personnages principaux n’ont pas été à mon goût, j’ai en revanche apprécié d’en apprendre plus sur le passé du Prince. Georgia Caldera construit sa narration de façon intéressante grâce à des flash-back réguliers commençant par des souvenirs récents pour aller de plus en plus loin dans la vie du vampire, jusqu’au jour de sa création ! Plus les pages défilent plus l’histoire du personnage s’étoffe et le lecteur peut alors comprendre son comportement actuel. Je trouve que l’auteure gère assez bien ces sauts dans le temps et le passage d’une temporalité à l’autre, d’un point de vue à l’autre.
Globalement d’ailleurs, malgré quelques longueurs – dues au fond, non à la forme – je trouve la plume de Georgia Caldera très agréable à lire. Elle passe beaucoup de temps « dans la tête » de son héroïne, malgré l’utilisation de la troisième personne du singulier, nous offrant une introspection assez creusée (ce qui n’a malheureusement pas suffi à me la rendre appréciable). Si on accroche à la personnalité de la demoiselle, nul doute que la suivre sur 750 pages est un plaisir !

Dommage que les mystères liés au monde « vampirique » (le personnage des visions de Cornélia, les pouvoirs très variés des protagonistes, la hiérarchie entre eux…) soient un peu noyés par l’histoire d’amour passionnelle et surtout poison que vivent Henri et Cornélia, deux héros qui ne m’ont que peu convaincue ici, surtout la demoiselle qui m’a plus souvent exaspérée que touchée. C’est d’autant plus dommage que l’univers et la plume de Georgia Caldera sont de qualité et me plaisent beaucoup… C’est donc un peu déçue que j’ai refermé Déliquescence. 😦

Merci à J’ai lu pour cette découverte !

PS : si tout le monde s’extasie devant les illustrations des éditions J’ai lu (signées Fleurine Rétoré), ce n’est pas mon cas… elles ne me plaisent que moyennement !

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10 réflexions sur “Les Larmes rouges, Tome 2 : Déliquescence de Georgia CALDERA

  1. Je ne lis pas cet article car je ne veux pas me spoiler le tome 1 😀 j’y reviendrai quand je l’aurai lu.

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  2. Du coup j’ai envie de lire le tome 1 de cette saga. Les couvertures me plaisaient beaucoup aussi.

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  3. Oh c’est dommage que tu n’es pas apprécié plus que ça ce tome-ci. Mais bon, au vu ton avis, tu compte quand même lire la suite. J’espère qu’elle te plaira plus… Vivement sa sortie.

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  5. Je ne connaissais pas ce titre mais vu ton avis ça ne me dit rien de le lire. Je ne suis pas fan de la couverture non plus.

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  6. Ayant to-ta-le-ment adoré Réminiscences j’espère ne pas tomber de (trop) haut avec ce tome !
    Très belle chronique en tout cas. 🙂

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  8. Nous avons des ressentis très proches et j’aime beaucoup le terme de « poison » que tu emploies pour qualifier la relation entre Henri et Cornélia.
    J’avoue avoir eu du mal à le finir tant le malaise était prégnant, ce qui est un bon point pour l’écriture de Georgia mais pas pour le livre en lui-même.
    Je lirai la suite sans doute parce que j’aimerais savoir comment tout cela va finir mais je n’en attendrai rien pour ne pas avoir la même déception qu’avec celui-ci.

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