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Paris, je t’aime ! de COLETTE

paris, je t'aime ! colette éditions de l'herne
Paris, je t’aime !

de COLETTE
Editions de l’Herne
2014, p. 79

Première Publication : 2014

Pour l’acheter : Paris, je t’aime !

Sidonie-Gabrielle Colette (1873 – 1954) est issue d’une famille provinciale. Ses parents lui transmettent sa passion pour la littérature. À l’âge de vingt ans, elle se marie avec Henry Gauthier-Villars, dit « Willy ». Celui-ci l’encourage à écrire et à publier ses souvenirs d’enfance : c’est ainsi qu’est écrite la série des Claudine (1900-1903) qui connaît un grand succès. Après son divorce d’avec Willy (1906), Colette signe ses oeuvres. De 1906 à 1909, elle fait l’expérience du music-hall, avant d’épouser Henry de Jouvenel en 1912 et d’entamer une carrière de journaliste au Matin. Colette publie Chéri en 1920, Le Blé en herbe (1923), Sido (1929) et La Chatte en 1933. En 1945, elle est élue membre de l’Académie Goncourt.

 Le Blé en herbe  Chéri  La Fin de Chéri 

♣ ♣ ♣

« Comme beaucoup de grandes amours, celui que je porte à Paris a commencé par l’aversion. J’avais vingt ans et je sortais, à la suite d’un mari de seize ans mon aîné, déjà chauve et un peu adipeux, d’une enfance campagnarde tout enchantée de jardins, de courses à travers champs, d’étangs mystérieux. Comme mon premier logis parisien me parut triste ! […] À quel moment ai-je découvert que Paris n’existait pas, qu’il n’était qu’un amalgame de provinces liées par le plus ténu des fils conducteurs, qu’il m’était loisible d’y reconstituer la mienne ou toutes celles que mon imagination choisirait d’y délimiter ? C’est de là que me vint le salut. J’y ai, si je compte bien, déménagé quatorze fois, ce qui est beaucoup même pour une vie déjà longue. Mes amis ne s’y trompent pas. « Ah, vous avez encore trouvé une province ? » me disent-ils à chaque fois… »

Merci à Babelio et aux éditions de L’Herne pour la découverte !

Colette est une auteure que j’ai encore (trop) peu lue, alors qu’elle est très présente dans ma bibliothèque. Mais dès la première rencontre avec son œuvre, ça a été le coup de foudre aussi bien pour sa plume que pour sa vie à elle. Colette n’est pas juste une femme ayant écrit des livres plus ou moins appréciés par les lecteurs (plus « plus » que « moins » d’ailleurs), c’est surtout une personnalité fascinante qui a marqué la première moitié du XXe siècle et continue à intriguer.
Auteure oui, mais aussi danseuse et mime au music-hall (elle se présentait sur scène à moitié nue, avant 1910), mariée trois fois, folle amoureuse pendant 5 ans du fils à peine adulte d’un de ses époux (alors qu’elle avait plus de 40 ans), s’affichant sans complexe dans des relations avec d’autres femmes… Colette scandalise, Colette vit de façon libérée pour l’époque.
Ici, point de cabaret mais une plongée dans le quotidien et l’intimité d’une femme ayant déménagé 14 fois en 60 ans, d’un immeuble parisien à l’autre, cherchant à chaque fois à retrouver un petit bout de sa Province natale (à savoir la Bourgogne). Installée à sa fenêtre, spectatrice en hauteur du monde, Colette peint quelques tableaux avec ses mots.

colette_palais_royal bnf photo79 petites pages proposées ici par les éditions de L’Herne, regroupant 11 très courts textes, 11 réflexions, 11 tranches de vie très précises. Une façon de se rapprocher encore un peu plus de Colette, d’apprendre à la connaître davantage, dans les petits riens de la vie de tous les jours.
Ce que j’apprécie le plus chez cette auteure, ce ne sont pas tant les sujets qu’elle traite (même si je les apprécie) que la façon dont elle le fait. Je trouve qu’elle a une plume très sensible et sensuelle (elle fait appel à tous nos sens) et nous offre ainsi des images fortes et tenaces. J’ai lu Chéri il y a au moins 5 ou 6 ans de cela et je garde très précisément en tête la description des bruissements de tissus (les draps en l’occurrence). Colette possède une certaine intensité dans son style, très certainement inspirée par la vie elle aussi très intense qu’elle a pu vivre.

J’ai vraiment aimé plongé dans ces petites peintures, ces réflexions imagées du quotidien, mais je ressens tout de même un goût de trop peu. 79 petites pages seulement en compagnie de Colette. Et malgré le sujet commun à tous les textes, j’ai parfois eu un peu de mal à faire le lien entre chaque. Il faut picorer quelques pages de temps en temps à mon avis, et non tout lire d’une traite.
Je regrette également les trop rares photos-portraits habillant parcimonieusement le texte. Je sais que l’impression d’images coûte cher et que l’intérêt de ce petit recueil réside dans les mots… oui, mais moi j’avais envie de voir plus souvent le visage de Colette à sa fenêtre parisienne, une plume à la main ou un chat dans les bras.

Je ne suis pas parisienne et notre capitale française n’est pas une ville que je porte vraiment dans mon cœur, mais après avoir parcouru les mots de Colette, j’ai presqu’envie de changer d’avis et de voir, moi aussi, une nouvelle province dans chaque quartier parisien. En attendant d’en arriver-là, je commencerai peut-être par un petit « pèlerinage » lors d’un futur séjour à Paris, pour jeter un œil aux nombreuses adresses occupées par l’auteure (la liste complète et détaillée est disponible en fin d’ouvrage) et notamment le fameux appartement du Palais Royal où elle a passé de nombreuses années, à sa fenêtre, immobilisée par l’arthrite, jusqu’à la fin de sa vie.

 

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Le Palais de la Mort de Charlotte et Emily BRONTE

le palais de la mort charlotte emily bronte

Le Palais de la Mort
de Charlotte et Emily BRONTE
Hermann Littérature,
2014, p. 88

Première Publication : 1842

Pour l’acheter : Le Palais de la Mort

 

 

La famille Brontë est une famille littéraire anglaise du XIXe siècle, dont la notoriété, qui s’étend à tous ses membres, est essentiellement due à la fratrie formée par trois sœurs, poétesses et romancières, Charlotte (née le 21 avril 1816), Emily (née le 30 juillet 1818) et Anne (née le 17 janvier 1820). Elles publient des poèmes, puis des romans, d’abord sous des pseudonymes masculins. Leurs romans attirent immédiatement l’attention, pas toujours bienveillante, pour leur originalité et la passion qu’ils manifestent. Seul Jane Eyre, de Charlotte, connaît aussitôt le succès. Mais Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent) d’Emily, Agnes Grey puis The Tenant of Wildfell Hall (La Locataire de Wildfell Hall) d’Anne sont admis plus tard parmi les grandes œuvres de la littérature.

Wikipédia

♣ ♣ ♣

Charlotte et Emily Brontë sont bien connues pour être les auteurs de Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent. Mais on ignore trop souvent que ces deux sœurs, qui comptent parmi les romancières britanniques les plus emblématiques, écrivirent également en français. En 1842, elles passèrent six mois à Bruxelles dans un pensionnat de jeunes filles pour y étudier la langue française, et Charlotte y retourna seule l’année suivante. Les textes qu’elles soumettaient alors à leur professeur, Constantin Héger, ne ressemblent guère à des devoirs d’écolières. Les deux sœurs étaient déjà des femmes de vingt-six et vingt-quatre ans, qui s’étaient formées à la littérature depuis leur plus tendre enfance par la rédaction de poèmes, de nouvelles et de pièces littéraires. Ecrire en français avec style et élégance constituait pour elles un défi, et le niveau de langue dont elles témoignèrent attestent que la langue de Molière leur fut un moyen d’expression véritable leur permettant d’aborder de nouveaux sujets.
Ce livre rassemble une sélection de textes littéraires qu’elles composèrent durant leurs séjours bruxellois. Certains révèlent la rivalité des deux sœurs, qui, confrontées aux mêmes consignes, y répondaient chacune avec une surprenante singularité. D’autres témoignent du dialogue passionné que Charlotte noua avec son maître, un homme déjà marié qui eut une grande influence sur toutes les productions postérieures de la romancière.

Livre reçu grâce à la dernière opération Masse Critique de Babelio, je l’avais choisi pour découvrir autre chose des célèbres sœurs Brontë. Comme beaucoup, je pense, j’ai lu Jane Eyre (de Charlotte l’aînée) et Les Hauts de Hurlevent (d’Emily la taciturne) et comme beaucoup, j’ai adoré. Surtout Jane Eyre d’ailleurs. Le côté un peu trop torturé d’Hurlevent a parfois eu raison de mon engouement (même si l’amour passionnel, tout ça, c’est quand même top… surtout quand il est décrit par une auteure du XIXe siècle, et qui plus est, une femme qui est restée cloîtrée la plus grande partie de sa courte vie !).
Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais mais recevoir un court livre de moins de 90 pages m’a surprise. Y découvrir une dizaine de minuscules textes encore plus. Alors, je suis contente d’avoir eu l’occasion de mettre mon nez dans les œuvres de jeunesse des deux sœurs mais ne retiendrai pas grand-chose de celles-ci. Je pense que pour vraiment apprécier ce recueil, il faut soit être un fan absolu de la famille Brontë, soit faire des recherches précises sur la littérature anglaise. En tant que lectrice « lambda » plus habituée à lire pour le fond et moins pour la forme, je suis un peu restée sur ma faim.

illustration emily charlotte bronteJe reconnais en revanche bien volontiers que Charlotte et Emily (de presque trois ans sa cadette) possédaient un talent particulier pour l’écriture. Anglaises de naissance, elles ont rédigé tous ces textes en français, lors d’un séjour à Bruxelles. Et dans un français soutenu, cela va de soi. Je suis assez admirative de ces femmes des siècles passés (notamment le XIXe) qui maîtrisaient tant de domaines et en particulier les langues étrangères ! Rédiger dans sa langue natale est déjà un exercice difficile mais dans une langue qui n’est pas la nôtre… waouh ! Devant cela, je ne peux que m’incliner. A noter que globalement, j’ai préféré le style d’Emily, plus mature (alors qu’elle était plus jeune que Charlotte), plus passionné, plus libéré. Les écrits de Charlotte m’ont semblé beaucoup plus scolaires, peut-être trop cadrés.
Dans les deux cas, même si je souligne la beauté de la forme, le fond m’a un peu laissée de marbre. En une ou deux pages, difficile de développer un sujet et donc difficile de s’y attacher. Ce sont vraiment des exercices de style, point (ou peu) d’intrigues auxquelles se raccrocher en tant que lecteur « novice ». Seule la toute dernière nouvelle – Athènes sauvée par la Poésie – signée par Charlotte et s’étendant sur une bonne dizaine de pages, permet une légère immersion dans le texte.
Mythologie grecque, guerres et règnes divers, figures de la littérature, on sent que les jeunes femmes maîtrisaient de nombreux sujets, sujets qu’elles reprennent plus ou moins en détails lors des exercices proposés par Constantin Héger, leur professeur.

Plus que les textes en eux-mêmes, c’est le contexte d’écriture qui m’a plu et que je retiendrai ici. Charlotte et Emily s’étaient en effet installées dans une pension belge pour apprendre et maîtriser le français à la perfection (afin de l’enseigner à leur tour). Si la plus jeune a bien vite ressenti le mal du pays et a profité de la première occasion pour retrouver son foyer, l’aînée s’est prise d’admiration pour son professeur, marié et heureux père d’une famille nombreuse. De cet amour platonique sont nées les plus belles intentions littéraires de Charlotte et ont inspiré ses romans (notamment Le Professeur, qu’il faut que je lise !).

Je trouve les vies de ces auteures (et des autres, de la même époque ou les ayant précédées) absolument passionnantes et assez éclairantes sur leurs œuvres. Découvrir des textes rédigés pendant des événements marquants d’une biographie n’est donc pas dénué d’intérêt… mais pour le coup, je trouve que Le Palais de la Mort est un recueil qu’on ne peut vraiment apprécier qu’en se penchant assidûment sur son aspect purement littéraire et à moins d’être un spécialiste de la littérature anglaise du XIXe siècle, ce n’est pas donné à tout le monde ! Pour les chercheurs ou les fans, en priorité, donc !

Merci à Babelio et aux éditions Hermann pour cette découverte !

challenge XIXe


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Le Secret de Lady Audley de Mary Elizabeth BRADDON

le secret de lady audley mary elizabeth braddon
Le Secret de Lady Audley
de Mary Elizabeth BRADDON
Archipoche,
2013, p. 540

Première Publication : 1862

Pour l’acheter : Le Secret de Lady Audley

Fille d’un avocat, Mary Elizabeth Braddon (1835-1915) est une femme de lettres anglaise à la vie hors norme. Ses parents se séparent alors qu’elle n’a que trois ans. Elevée sans mère, elle devient une femme indépendante. Elle se tourne vers le théâtre et devient actrice. Parallèlement elle contribue à divers périodiques en tant que poète et auteur de petits romans. En 1860, elle rencontre l’éditeur John Maxwell. C’est lui qui publie son premier roman. Ce dernier vit séparé de sa femme internée et élève seul ses cinq enfants. Mary-Elizabeth va s’installer avec eux et s’occupe des enfants jusqu’à la mort de Mme Maxwell en 1874, date à laquelle le couple convole. Auteur très prolifique, elle écrit en tout environ quatre-vingt roman, elle est aussi la créatrice du Belgravia Magazine en 1866. Elle y publie des récits de voyages, de la poésie et des romans dans le but de rendre la littérature accessible au plus grand nombre.

Après trois années à chercher fortune en Australie, George Talboys est de retour au pays. Accueilli par son ami Robert Audley, avocat, il s’apprête à retrouver sa femme Helen, quand il apprend que celle-ci est mystérieusement décédée. À Audley Court, la propriété familiale où Robert a invité son ami, d’autres événements curieux se produisent. La tante de Robert, Lady Audley, évite de croiser George. Lequel, après s’être fait montrer un portrait d’elle, disparaît brusquement…

C’est, il y a à peine quelques mois, avec La Bienfaitrice de Elizabeth Von Arnim, que j’ai mis mon nez dans cette collection chez Archipoche de « classiques méconnus ». J’avais alors beaucoup apprécié la plume de l’auteure et souhaitais découvrir d’autres noms de la littérature anglaise du XIXe siècle. Mary Elizabeth Braddon m’était complètement inconnue avant que je mette la main sur ce Secret de Lady Audley et il me semble aujourd’hui dommage que ce nom n’est pas aussi bien traversé les siècles que ses prédécesseurs, Jane Austen et les sœurs Brontë par exemple.
L’ironie et la passion amoureuse ne sont certes pas les caractéristiques principales de ce roman, mais la maîtrise de l’intrigue policière mérite qu’on s’y attarde (quel est donc le fameux secret de Lady Audley ?). Mary Elizabeth Braddon est dorénavant un nom que je chercherai en librairie car nul doute que ses autres écrits auront également de quoi me contenter.

La première centaine de pages peut paraître un peu longuette car l’auteure prend son temps pour poser les bases de son histoire. Le lecteur découvre alors, dans le détail, les lieux qui abriteront le futur crime et il fait également la connaissance – assez intime – des principaux protagonistes à savoir les membres de la famille Audley : Michael le patriarche et propriétaire de la demeure, sa fille unique Alicia, sa nouvelle très jeune et très belle femme Lucy (baptisée plus généralement Milady), le cousin Robert (qui mènera l’enquête) et le meilleur ami de celui-ci George Talboys.
Pendant cette première partie introductive, les ficelles se mettent en place et ce n’est qu’assez progressivement que le lecteur met le doigt sur les fils qui relient certains protagonistes, apparemment étrangers les uns des autres (quel lien George Talboys possède-t-il avec la famille Audley, exceptée son amitié avec Robert ?).
L’étau se resserre et, soudainement, alors que Robert et George s’approchent de la demeure Audley pour faire la connaissance de la nouvelle Lady, George disparait, ne laissant aucune trace derrière lui si ce n’est la soi-disant déclaration de son départ précipité pour l’Australie. Robert tergiverse, cherche à en savoir plus, ne trouve pas grand-chose à se mettre sous la dent et s’apprête à accepter le départ incongru de son meilleur ami. Très vite pourtant, les doutes s’installent et des certitudes s’élèvent. Comme l’enquêteur, le lecteur comprend le crime, connaît le nom du coupable mais va devoir trouver des preuves irréfutables du délit en même temps que Robert.

Le crime commis, l’intrigue prend alors un nouveau tournant et le rythme s’accélère : Mary Elizabeth Braddon met l’enquête en place. Grâce à de nombreux allers-retours en Angleterre et dans le passé de son meilleur ami disparu, Robert va rassembler les preuves nécessaires pour mettre en avant la culpabilité du personnage qu’on soupçonne tous depuis le début.
A l’instar d’une enquête à la Colombo, ce n’est pas le nom du coupable qui importe (on le connait dès la première minute ou presque), mais le cheminement de l’enquêteur et la machine qu’il met en place pour réunir les indices indispensables.
Le suspens est peut-être un peu moins présent que dans un Agatha Christie (dans lesquels le lecteur s’amuse à trouver le nom et le mobile du criminel), apportant ainsi quelques petites longueurs de temps en temps, mais globalement, Le Secret de Lady Audley se dévore, un peu comme un page-turner version XIXe siècle.

mary-elizabeth-braddon-1L’intérêt du roman réside également et surtout dans ses personnages puisque Mary Elizabeth Braddon nous brosse des personnalités riches, complètes et complexes. Plus les pages défilent et plus le lecteur plonge dans les méandres du passé des figures principales, notamment dans ceux du coupable. Il découvre alors des secrets inavouables et surtout, de nouveaux visages derrière le masque des apparences. Les personnalités se révèlent et surprennent… c’est brillant.

Mary Elizabeth Braddon ne possède pas l’ironie d’une Jane Austen ou la plume percutante et rythmée d’une Agatha Christie, mais son style ne manque pas d’intérêt. J’ai certes relevé quelques longueurs (plus au cours de l’enquête que lors de la phase introductive d’ailleurs), mais je n’oublie pas de souligner la grande qualité visuelle de l’ensemble. L’anglaise maîtrise en effet l’art du détail, détails qui ne manquent pas dans les descriptions, sans pour autant trop alourdir celles-ci.
Grâce à ce sens de la précision, l’auteure plonge avec facilité son lecteur dans l’Angleterre du XIXe siècle. Outre l’enquête, c’est bien un roman psychologique et d’atmosphère qui se déroule.
A noter que derrière l’omniscience du point de vue (largement recentré sur le personnage de Robert la plus grande partie du texte), l’auteure s’adresse régulièrement à son lecteur, l’incluant ainsi plus facilement dans son intrigue.

Le Secret de Lady Audley ne fait pas un sans-faute, mais il me conforte largement dans l’idée de continuer ma découverte des auteurs « classiques » trop peu connus et réédités grâce à la collection Archipoche.

PS : Il semblerait qu’Archipoche soit assez coutumier des coquilles et autres erreurs textuelles… et il est vrai que ce roman en compte quelques-unes. Dommage, mais quand on est prévenu, ça passe un peu « mieux » !

Merci à Archipoche pour cette nouvelle découverte !

challenge XIXe


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La Bienfaitrice de Elizabeth von ARNIM

la bienfaitrice elizabeth von arnim
La Bienfaitrice
de Elizabeth von ARNIM
Archipoche,
2013, p. 391

Première Publication : 1902

Pour l’acheter : La Bienfaitrice

 

 

Elizabeth von Arnim (31 août 1866 à Sydney, Australie – 9 février 1941 à Charleston, États-Unis) est une romancière anglaise.
L’œuvre d’Elizabeth von Arnim est très largement autobiographique. On retrouve dans ses romans ses joies et ses déceptions, son bonheur et sa solitude, son amour de la nature mais également une sensibilité et une exigence typiquement britanniques.

♣ ♣ ♣

Anna Estcourt, vingt-cinq ans, emménage dans une petite propriété du Nord de l’Allemagne dont elle hérite à la mort de son oncle. Jolie, intelligente mais sans fortune, elle a grandi jusque-là avec son frère, sous la coupe de la femme de celui-ci, Susie.
Désormais en possession d’un revenu confortable, elle contrevient aux convenances de l’époque en ne se mariant pas, afin de conserver son indépendance. Mieux, elle propose généreusement un toit aux dames en détresse de sa nouvelle contrée, afin que celles-ci puissent faire de même – altruisme dont elle ne tardera pas à peser les inconvénients…
D’autant qu’Axel Lohm, un gentleman de la région que son oncle espérait lui voir épouser, est tombé amoureux d’elle. Il va tenter de la faire changer d’avis…

L’avantage des opérations Masse Critique proposées régulièrement pas Babelio est de se retrouver nez à nez avec des ouvrages dont on ne soupçonnait absolument pas l’existence. Avant de voir La Bienfaitrice dans la liste, je n’avais jamais entendu parler de ce titre ni même de son auteure, Elizabeth von Arnim. Un coup d’œil au résumé et à la date de publication (1902) et il me semblait évident que ce livre était pour moi.
Je ne regrette pas ce choix qui, en plus de m’avoir fait passer un excellent moment de lecture, me donne très envie de fouiller un peu plus dans la vie – extraordinaire – de cette Elizabeth von Arnim et de me pencher un peu plus sur ses œuvres, dont certaines semblent assez biographiques. Merci donc à Babelio et à Archipoche pour cette découverte qui sonne, je pense, le début d’une nouvelle « obsession » littéraire.

ElizabethVonArnimAprès lecture de la préface qui revient en quelques pages sur la biographie de l’auteure, j’ai compris que cette Mary Annette Beauchamp dite May (qui finit par épouser le comte allemand von Arnim à plus de 25 ans et prend le nom de plume d’Elizabeth) avait eu une vie assez passionnante et scandaleuse pour l’époque (elle a notamment été la maîtresse du célèbre H. G. Wells). A l’instar de notre Colette française (qui vécut quelques années plus tard), May semblait être une femme de tête, bien décidé à briser les conventions sociales de son époque et qui, pourtant, tomba sous le joug d’un mari brutal et dominateur.
C’est typiquement le genre de vies qui me parlent et qui, à mon sens, permettent à ses auteures femmes, d’imprégner leurs œuvres de réflexions et émotions fortes et passionnantes. Attention, d’autres auteures femmes n’ont pas eu besoin de ça pour briller : Jane Austen et les sœurs Brontë ont eu des vies de recluses (ou presque) et ont tout de même réussi à écrire des œuvres intenses et inoubliables !
Mais, en découvrant, dans la préface, qu’Elizabeth von Arnim avait eu une telle vie et surtout l’habitude d’insérer quelques éléments autobiographiques dans ses œuvres… j’étais convaincue par ce texte avant de le parcourir !

Avec le thème de l’indépendance féminine à la fin du XIXe siècle et au tournant du XXe pour fil rouge, La Bienfaitrice offre des portraits de personnages savoureux et une ironie qui n’a rien à envier aux romans de Jane Austen. La psychologie des personnages, leur évolution (ou non) durant ces 400 pages… voilà bien ce que je retiens le plus de ma lecture. Elizabeth von Arnim possède ce talent rare et envié de nous brosser, en quelques phrases, les caractéristiques des figures qu’elle met en scène. C’est certes parfois assez exagéré mais n’en reste pas moins tout à fait crédible et surtout, délectable.
Les personnages sont nombreux, gravitent tous autour de notre jeune héroïne anglaise – Anna – (qui m’a plu la plupart du temps, malgré sa naïveté) et rivalisent de bêtises (pour la plupart) ; Elizabeth von Arnim ne les épargne pas ! Je ne les développerai pas tous pour ne pas vous noyer sous une énumération interminable mais vous donnerai juste quelques exemples de portraits marquants, en espérant que cela vous donne envie d’aller lire le roman pour découvrir tous les autres !
Susie, la belle-sœur de l’héroïne, est la première figure marquante du lot. Elle n’apparaît que dans la première partie du texte mais ne passe certainement pas inaperçue ! Hypocondriaque terrifiée par sa femme de chambre, terrorisée par ce qu’elle et sa famille peuvent laisser paraître aux yeux du monde, égoïste et avare derrière son apparente bonté… en bref, particulièrement ridicule et agaçante. Elle m’a souvent fait penser à Mary Elliot, la jeune sœur d’Anne, l’héroïne de Persuasion de Jane Austen. Certaines des scènes où elle apparaît m’ont fait beaucoup rire ; je retiens celle de l’arrivée en Allemagne. Les personnages doivent alors rejoindre la nouvelle demeure d’Anna et pour cela, ils empruntent une voiture dont les sièges ont préalablement été nourris avec de la graisse de poisson, pour justement faire plaisir aux arrivants ! Dire que Susie est incommodée par l’odeur serait en dessous de la vérité !
Le deuxième personnage qui a attiré mon attention est le jeune vicaire Klutz. Du haut de ses vingt ans, il tombe fou amoureux de la jeune anglaise qui vient habiter dans la région. Oubliés tous ses devoirs, dorénavant, ne comptent plus que les poèmes enfiévrés (et particulièrement ridicules) qu’il lui dédie. Anna est de plus haute naissance que lui, certes, mais il est un homme donc forcément supérieur à la plus grande des reines… Il sera à l’origine d’un quiproquo étonnant et particulièrement amusant s’il n’avait pas des conséquences assez dramatiques. Imaginez Mr Collins (dans Orgueil et préjugés de Jane Austen), enlevez-lui quelques années et ajoutez-lui une tendance au romantisme risible… et vous avez une idée du personnage.
N’oublions pas les trois femmes recueillies par Anna, toutes les trois versées dans l’art du mensonge et de l’hypocrisie. L’une souhaite oublier son affiliation scandaleuse, l’autre cherche à tout prix à refaire sa fortune (et sa bienfaitrice pourrait bien l’y aider, même contre son gré, peu importe après tout !) et la dernière, peut-être la moins affreuse des trois, tente de trouver sa place malgré sa « basse extraction » (extraction évidemment « secrète »)…
Je ne sais pas quelles est la part de vérité dans ces peintures, mais si toutes les femmes de l’époque étaient aussi sottes, imbues de leur personne, obsédées par l’image qu’elles avaient en société et chasseuses de beaux mariages… Elizabeth von Arnim ne nous brosse pas un portrait très glorieux de la gent féminine ! Entre les anglaises hautaines et les allemandes soumises à leurs époux… heureusement, quelques figures sortent du lot. Letty – la jeune nièce d’Anna – malgré la bêtise et la gaucherie liées à son jeune âge, semble plutôt prometteuse (même si son physique ingrat fait honte à Susie, sa mère). La nouvelle dame de compagnie de notre héroïne, bien qu’aux idées très arrêtées, est une femme respectable et qui se révèle être d’une grande aide. Quant aux hommes de l’histoire, seul Axel von Lohm, le voisin le plus proche, semble mériter notre intérêt. Un vrai gentleman qui tente de protéger au mieux sa nouvelle voisine des ruses des époux Delvig – les régisseurs fourbes -, de l’adoration maladroite du pasteur Manske et des trois résidentes chaleureusement accueillies, qui se transforment vite en sangsues.
Je m’arrête là, mais il y aurait encore beaucoup à dire de toute cette palette de personnages qui n’ont pas gagné des portraits très flatteurs ; mais offrent des scènes dans lesquelles Elizabeth von Arnim peut développer toute l’ironie qu’elle maîtrise à merveille.

elizabeth von arnimAnna souhaitait accueillir et chouchouter des femmes malheureuses pour les rendre heureuses en leur offrant les choses simples de la vie, mais ces trois-là vont lui mettre des bâtons dans les roues. Tout va se compliquer et notre héroïne, si enthousiaste et heureuse au début de l’aventure, va vite déchanter… A cette quête d’indépendance semée d’embûches se greffe une romance qui arrive assez tardivement. Elle ne sera pas inoubliable mais elle m’a satisfaite sur bien des points, je n’en demande pas plus. Bien sûr, ici point de batailles enfiévrées et d’actions à toutes les pages… malgré tout, des choses, il s’en passe et les paragraphes défilent à toute vitesse.
Alors oui, qui dit littérature plus « classique » dit littérature plus exigeante. Malgré tout, ne prenez pas peur, je trouve que la plume d’Elizabeth von Arnim est très fluide et très agréable à parcourir. Les phrases sont construites avec talent et comme je le disais juste au dessus, l’ironie est de mise. Bien que certains sujets et certaines scènes soient graves, l’auteure n’hésite pas à alléger le tout avec quelques mots bien sentis. Et si j’ai pris plaisir à découvrir les dialogues, j’ai encore plus apprécié les descriptions, bien dosées. Les portraits des personnages sont vraiment LA chose à retenir de cette lecture.

Si elle ne détrône pas Jane Austen dans mon cœur, Elizabeth von Arnim a marqué de nombreux points avec sa Bienfaitrice qui, un peu à l’image de la première auteure citée, offre des portraits de personnages savoureux et une ironie parfaitement maîtrisée. Inconnue il y a encore quelques semaines, j’envisage aujourd’hui de me renseigner sur la vie bouillonnante de cette auteure et j’espère surtout avoir l’occasion de lire ses autres œuvres !

« Trudi était encore plus franche avec ses amies dans leur dos que face à elles. »

«  »Pas seulement folle, mais incorrecte, fut son commentaire privé. Elle va voir son Bräutigam [Fiancé] en pleine nuit. » Même l’idée que le fiancé en question pût être en combustion ne pouvait excuser un tel manquement aux convenances. »

« Visiblement, Susie avait un motif de plainte valable. Elle avait été inquiète pendant la nuit, après le départ de Hilton, incapable de dormir, et affolée à l’idée qu’elles étaient de pauvres femmes sans défense dans cet endroit perdu. A ce moment-là, elle avait regretté que Dellwig n’habite pas sur place. Le bruit des rats que l’on entendait courir dans le grenier s’ajoutait encore à ses terreurs. Le vent se déchainait sans discontinuer et secouait les fenêtres de sa chambre. Elle l’avait supporté le plus longtemps possible, ce qui était plus longtemps que ne l’aurait supporté n’importe quelle autre femme, et avait fini par frapper au mur mitoyen de la chambre de Hilton. Mais Hilton, emmitouflée dans ses vêtements de nuit jusqu’au cou – toutes les bougies qu’elle avait pu trouver pour faire un feu n’avaient pas bougé de sa chambre pour sauver sa maitresse -, et Susie, désespérée à l’idée de cette nuit qui n’en finissait pas, avait fait un gros effort, prit son courage à deux mains et était sortie la chercher. Pauvre Susie ! Debout, tremblante et pauvrement vêtue devant la porte fermée de sa femme de chambre, à regarder anxieusement la flamme de sa bougie qui menaçait chaque seconde de s’éteindre, seule en plein courant d’air sur le grand palier, affolée par le son de ses propres appels qui se mêlaient étrangement aux craquements de la maison secouée par la tempête, elle était légitimement un objet digne de pitié. »


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Le Fantôme de l’Opéra de Gaston LEROUX

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Le Fantôme de l’Opéra

de Gaston LEROUX

Le Livre de Poche (Policier),
2010, p. 343

Première Publication : 1910

Pour l’acheter : Le Fantôme de l’Opéra

 

Gaston Alfred Louis Leroux, né à Paris 10e le 6 mai 1868 et mort à Nice le 15 avril 1927, est un romancier français, connu surtout pour ses romans policiers empreints de fantastique.
Wikipédia.

Le Book Club de Livraddict :
Général
L’Intrigue et les personnages
Le Style et l’auteur
Les Adaptations

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Des évènements étranges ont lieu à l’Opéra. Un lustre s’effondre pendant une représentation, un machiniste est retrouvé pendu. Mais le personnage dont certains affirment avoir vu le visage déformé ne semble être qu’un humain ; en effet les directeurs de l’Opéra se voient réclamer 20 000 francs par mois de la part d’un certain « Fantôme de l’Opéra » qui exige aussi que la loge numéro 5 lui soit réservée. Mais, plus bizarre, une jeune chanteuse orpheline nommée Christine Daaé, recueillie par la femme de son professeur de chant, entend son nom pendant la nuit et elle dirait même avoir vu et rencontré le fameux Fantôme de l’Opéra…

 

C’est Méloë qui m’a offert Le Fantôme de l’Opéra il y a quelques mois, pour fêter la fin de mon mémoire, si je ne me trompe pas. Il fallait absolument que je le lise, sinon elle m’aurait lapider en place publique… de toute façon, son enthousiasme sur le sujet était tel que je ne pouvais pas y couper et étais très curieuse de faire cette découverte.
Les semaines défilent, le livre restait dans ma PAL et semblait ne pas pouvoir en sortir… jusqu’à ce qu’un Book Club sur Livraddict me donne l’occasion de me lancer ! En retard, comme d’habitude, je publie cet avis une semaine après la discussion qui a montré que les avis étaient très partagés. Certains ont véritablement été conquis par cette lecture, d’autres ont détesté…
De mon côté, avant d’ouvrir le livre, je ne savais pas vraiment ce que j’allais y trouver. Je savais juste qu’il s’agissait d’une histoire d’amour entre une jeune donzelle et une créature physiquement peu gâtée par la nature (dans le genre de La Belle & La Bête).
Cette lecture m’a un peu déçue sur certains points mais m’a surprise positivement sur d’autres… Malheureusement, je n’ai pas apprécié autant que Méloë (et j’en suis désolée) mais je suis quand même très heureuse d’avoir enfin fait cette découverte ! Je connais enfin l’histoire du Fantôme de l’Opéra !

L’intrigue est assez simple : à l’opéra de Paris dans la deuxième moitié du XIXe siècle, une jeune et belle chanteuse est la victime de l’Ange de la musique qui, invisible, lui apprend à maîtriser sa voix. Jeune et naïve, Christine accepte avec plaisir ses rendez-vous quotidiens et le professeur finit par tomber amoureux de son élève mais… il n’est pas un « homme » comme les autres et pour arriver à ses fins, il doit utiliser la persuasion, la menace et même la force ! De son côté, la jeune femme doit repousser Raoul, son amour d’enfance, afin de le protéger des humeurs et de la cruauté de son mystérieux Ange de la musique…
Bon, pour tout avouer, ce n’est pas vraiment l’intrigue que je retiendrai de cette lecture. Du moins, pas la principale. En revanche, j’ai apprécié certains épisodes secondaires comme l’affaire de la disparition des 20 000 francs des deux nouveaux directeurs. Ces passages m’ont amusée et apportent, à mon goût, un peu de légèreté et de vaudeville dans l’ensemble un peu plus dramatique.
Par contre, je ne comprends pas trop le rangement de ce titre de Gaston Leroux en « policier ». Oui, il y a bien un mystère que le narrateur tente d’éclaircir en proposant aux lecteurs tous les faits et preuves qu’il a pu recueillir, mais c’est tout de même loin d’une enquête habituelle. Je ne cherchais pas à lire un policier en ouvrant Le Fantôme de l’Opéra donc je n’ai pas été déçue, mais autant vous prévenir si c’est cet aspect-là qui vous tente.

gastonlerouxLes personnages sont assez nombreux mais je pense qu’on peut en admettre trois du côté des principaux : Christine Daaé la jolie chanteuse, Raoul de Chagny son riche prétendant et Erik l’Ange de la musique et fantôme des lieux. Deux hommes + une femme = un beau triangle amoureux à la sauce XIXe siècle.
J’avoue que je n’ai pas été très touchée par la romance… surtout celle entre Christine et Raoul, tellement… « cucul » ? Tellement XIXe en fait. Le jeune homme au physique très délicat m’a semblé… un peu trop délicat justement et parfois très niais. Christine, quant à elle, est une belle plante très naïve, pas très fut-fut et pas très attachante non plus. Une héroïne XIXe que j’imagine parfaitement en robe blanche, yeux écarquillés et tombant en pamoison à la première frayeur.
Même si j’ai plus apprécié la relation entre la jeune chanteuse et Erik, j’ai quand même été un peu déçue. Je pensais, vu les commentaires élogieux de Méloë, que le fantôme serait ce personnage torturé et délaissé qui ne pourrait que me plaire… Et en fait, pendant les trois quarts du texte, je n’ai absolument rien ressenti pour cette figure cruelle et un peu dingue malgré son génie. Il aura fallu attendre la dernière partie du texte et quelques révélations concernant ses sentiments, sa façon d’agir et son passé pour qu’Erik devienne un personnage touchant pour moi. Je pensais avoir de la sympathie pour lui dès le début, ce qui n’a pas été le cas et je le regrette. Peut-être qu’une relecture, dans quelques années, avec toutes les clefs en main, me permettrait de combler cette lacune ?… qui sait !

Rédigé en 1910, je trouve tout de même ce texte de Gaston Leroux plus alambiqué et pompeux que des titres plus anciens. Le narrateur expose les faits, prend à partie le lecteur… et part dans beaucoup de digressions. La lecture n’est donc pas des plus aisées et j’avoue que j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire.
Malgré tout, et c’est sans doute ce que j’ai préféré et retiendrai de ma lecture, j’ai adoré la facilité avec laquelle l’auteur nous fait entrer dans le monde du spectacle et de l’opéra de Paris. J’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir les passages secrets et les mystères cachés derrière les portes, les rideaux et les trappes des lieux. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la Grande Vadrouille au moment de la découverte du lac souterrain (on a les références qu’on peut) et n’ai pas eu de mal à m’imaginer les différentes scènes. Certains passages me marqueront, je pense : la chute du lustre, la conversation sur le toit, la rencontre avec les rats ou encore la découverte de la chambre des supplices en compagnie du Persan. Ce personnage mystérieux, uni au Fantôme, un peu au courant de tout ce qui se passe à l’opéra… m’a fait penser au Fou dans l’Assassin royal, bien que moins sibyllin. Une figure « secondaire » mais marquante et intimement liée au bâtiment.

Après cette lecture, j’ai vraiment envie d’en apprendre plus sur l’opéra, sa construction… et je me demande, moi aussi, si le Fantôme a réellement existé
En attendant de visiter les lieux (on peut rêver), je vais tenter de découvrir quelques adaptations (apparemment très nombreuses). Je n’en ai vu aucune. La seule chose dérivées de cette histoire que je connais, c’est la célèbre chanson « The Phantom of the opera » interprétée par la talentueuse Sarah Brightman puis plus tard par la non moins brillante Tarja (anciennement chanteuse du groupe Nightwish).

Je m’attendais, après tant d’éloges, à tomber amoureuse du Fantôme de l’opéra ou au moins à m’attacher à lui dès les premières pages mais j’ai été déçue de constater qu’on n’apprenait à le connaître vraiment que dans la toute dernière partie… En revanche, j’ai été agréablement surprise par l’ambiance du texte et par le talent de l’auteur qui a su m’immerger complètement dans les différents niveaux – cachés ou non – de l’opéra de Paris…

 

Version Sarah Brightman ?

Ou Tarja de Nightwish ?