Bazar de la Littérature


5 Commentaires

Contes du grenier de Emmanuelle & Benoît de SAINT CHAMAS, illustré par Eric PUYBARET

contes du grenier emmanuelle benoît de saint chamas éditions du jasmincoupdecoeur
Contes du grenier
de Emmanuelle & Benoît de SAINT CHAMAS,
illustré par Eric PUYBARET
Editions du Jasmin,
2015, p. 125

Première Publication : 2002

Pour l’acheter : sur le site de la maison !

Née en 1973, Emmanuelle, après des études littéraires et artistiques, et Sciences-Po, écrit des contes et étudie la graphologie. Né en 1970, Benoît, après Sciences-Po et des études d’économie, s’est aperçu qu’il préférait les lettres aux chiffres et les contes aux comptes.
Leur goût commun pour les contes les a conduits à imaginer le concept des Contes de l’alphabet. Ils ont écrit le premier de ces contes la semaine de leur mariage et le dernier deux ans après, à quelques jours de la naissance de leur premier enfant.

♣ ♣ ♣

Avez-vous déjà vu la cinquième roue du carrosse ? Connaissez-vous les ciseaux qui coupent les cheveux en quatre ? Et le rouleau de tissu de mensonges ? Eh bien, qu’attendez-vous pour aller faire un tour dans le grenier de Tante Anna ? Qui sait, elle aura peut-être une histoire à vous raconter…

Lorsque j’ai sélectionné ce titre proposé dans une des dernières opérations Masse critique de Babelio, je pensais qu’il s’agissait d’un album pour enfants. Quand je dis « album », je pense aux ouvrages entièrement illustrés (les images sont présentes sur chaque page et prennent plus de place que le texte). Alors quand j’ai reçu ce petit recueil de contes à la couverture très jolie mais finalement assez peu fourni en illustrations, j’étais un peu surprise et déçue, il faut bien l’avouer.
Et puis samedi, ayant un peu de temps devant moi, je me suis plongée petit à petit dans ces contes et, résultat : dévoré en quelques heures, j’ai adoré ce recueil et c’est même mon premier coup de cœur de l’année 2015 !

Deux enfants, un frère et une sœur, partent explorer le grenier de leur grande tante Anna qui a la particularité de connaître instantanément l’histoire des objets qu’elle touche. S’étalant sur de nombreuses pièces en enfilade, le grenier recèle un nombre incalculable de trésors oubliés et tout autant d’anecdotes croustillantes.
Le recueil aurait pu compter un nombre beaucoup plus élevé de contes (et ça ne m’aurait pas gênée !) mais Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas se sont concentrés sur six d’entre eux et donc sur six objets atypiques. Un régal d’originalité et d’humour !

On retrouve les figures et les lieux communs des contes de fées, mais rien de vieillot là-dedans, bien au contraire ! Princesse sans bras, roi indécis, gentille sorcière amoureuse… mais aussi prêtre acharné, icône prenant vie et orphelin au bon cœur ; tout y est !

Un petit mot sur chacun des contes découverts dans ce fabuleux recueil ? Allez, brièvement !
Le rabot magique. Un berger tombe amoureux d’une princesse et il prend son courage à deux mains pour aller demander… sa main justement, au roi son père. Malheureusement, toute la famille royale est maudite, chacun de ses membres est né sans bras. Le père accepte de donner la main de sa fille… quand le berger l’aura retrouvée, justement ! Un petit conte bourré de jeux de mots (autour des bras, des mains, des doigts… et des expressions sur le sujet, il y en a un paquet !), avec une chute fabuleuse. Premier conte du recueil, premier waouh !
La girouette de Godibert. Le roi Godibert est indécis, il ne sait pas prendre une décision. Le peuple gronde, le dirigeant finit par acquérir – d’un vaurien – une girouette qui lui indique ce que veulent les habitants du royaume… Oui mais voilà, ce qu’ils veulent n’est pas forcément ce qui est bon pour eux !
L’étole du Père Gronet. Un prêtre qui a une foi aveugle en son Dieu et qui, malgré une inondation massive, refuse de quitter son église… jusqu’au bout il s’accroche, persuadé que le Bon Dieu fera ce qu’il faut pour le féliciter de sa foi aveugle. Oui, mais voilà. Une chute amusante !
Le nocher de Noël. Un petit orphelin, en plein hiver, tombe sur un riche Monsieur qui se moque de lui en lui faisant croire que le bouton qu’il lui offre gracieusement est un trésor inestimable… Le petit garçon n’a rien, il meurt quotidiennement de faim et de froid, mais pour Noël, il veut absolument faire un beau cadeau pour remercier le Monsieur… mais quoi ? Emouvant et efficace. Une question reste en suspens à la fin, le frère et la sœur apportent chacun une solution, mais laquelle est la bonne ?
L’icône de Cordoue. L’amour fait son apparition dans le recueil. Un homme tombe fou amoureux du portrait peint d’une femme. Il l’accroche chez lui et le regarde amoureusement au quotidien. Mais les années passent, l’homme change et son amour aussi… jusqu’au jour où il retourne carrément l’icône face contre le mur, ne voulant plus voir la jolie femme. C’est beau, carrément touchant… et pourtant, pendant le développement, on pouvait sérieusement douter du dénouement !
Les espadrilles de la sorcière. Une gentille sorcière aux grands pieds, bannie par les siens car ils ne comprennent pas son goût pour la gentillesse. Sur son chemin, elle croise un cordonnier dont elle tombe amoureuse et elle va tout tenter pour le satisfaire pour qu’il finisse par accepter de l’aimer en retour… La chute est amusante là aussi et particulièrement bien trouvée !

emmanuelle benoît de saint chamasOutre les contes en eux-mêmes, parfois très amusants et parfois très émouvants, ce sont surtout les interludes dans le grenier qui m’ont largement fait sourire. En effet, les deux enfants ouvrent grand leurs yeux pendant l’exploration et nous racontent ce qu’ils voient.
Le casque de Dark Vador, l’anneau magique de Frodon, la machine à remonter le temps de H. G. Wells, les petits cailloux du Petit Poucet, le collier de Milou, les robes de Peau d’Ane… c’est bien une dizaine de références de notre culture populaire qui défilent sous nos yeux. Alors peut-être que les plus jeunes ne les connaîtront pas toutes (et c’est peut-être justement l’occasion de leur faire découvrir ces histoires célèbres ?), mais les adultes se régaleront !
Ajoutez à cela quelques boîtes renfermant un bon paquet de jeux avec les mots… avez-vous, par exemple, déjà ouvert la boîte aux clefs ? Vous y trouverez la clef des champs, la clef de sol, la clef à molette… et dans le bocal intitulé « Modes démodées d’enfants », on y trouve quoi ? des scoubidous, des pokémons, des pogs, des bracelets brésiliens, des pin’s et même des diabolos… ça ne vous dit rien ?

Et en plus de tout ça, figurez-vous qu’il y a un vrai fil conducteur dans le cheminement à travers toutes les pièces du grenier et donc à travers tous les contes traversés… Arrivés au bout, à la dernière porte (qu’est-ce qui peut bien s’y cacher ?), les enfants vont devoir faire un choix bien particulier. Et le dénouement est excellent, vraiment. Un vrai hommage aux livres qui nous – petits et grands lecteurs – font tant rêver au quotidien. Merci aux auteurs pour ce message !

Quant aux illustrations rencontrées dans ce petit recueil – parce qu’il y en a quand même quelques-unes – elles sont jolies et bienvenues. Je regrette un peu qu’elles soient en noir et blanc (mais je me doute que le prix de fabrication aurait grimpé en flèche si la couleur avait été ajoutée) et qu’elles soient si peu nombreuses (comme dit précédemment), mais elles accompagnent le texte, offrant des images précises à des moments-clefs. Il y en a au moins une par conte et chaque chapitre est décoré d’un petit en-tête stylisé.
C’est un joli petit plus dans ce recueil mais, finalement, et contrairement à mes attentes initiales, c’est vraiment le texte qui me marquera durablement ici.

Contes du grenier est un recueil qui m’a énormément surprise. Alors que je partais presque à reculons, ma déception première s’est bien vite transformée en large sourire… et finalement en coup de cœur ! De beaux messages, des contes originaux entre traditions et modernité, beaucoup d’humour et d’émotions. Génial !

Publicités


5 Commentaires

Justice pour Louie Sam de Elizabeth STEWART

justice pour louie sam elizabeth stewart thierry magnier
Justice pour Louie Sam

de Elizabeth STEWART
Editions Thierry Magnier,
2014, p. 311

Première Publication : 2012

Pour l’acheter : Justice pour Louie Sam

Elizabeth Stewart est née au Canada. Elle écrit beaucoup pour la télévision et le cinéma et a reçu deux prix de la Writer’s Guild of Canada pour les séries The Adventures of Shirley Holmes et Guinevere Jones. Justice pour Louie Sam est son premier roman pour la jeunesse. Il a été récompensé par de nombreux prix au Canada.

♣ ♣ ♣

Fin du XIXe siècle, paysage aride du nord des États–Unis.
Un matin en allant à l’école, les enfants Gillies découvrent dans une maison en feu, le corps sans vie de leur voisin. Sans enquête, le coupable est aussitôt désigné : Louie Sam, un jeune Indien, qui a été vu dans les parages.
Dans cette cité de colons, situé à la frontière entre les États-Unis et le Canada, les relations avec les Indiens natifs sont encore difficiles. Les communautés ne se mélangent pas.
Les hommes du village décident de rendre justice eux mêmes. Ils organisent une chasse à l’homme pour capturer l’adolescent.
Mais George, l’aîné des Gillies comprend vite que la vérité n’est pas aussi simple, des incohérences sont très vite mises à jour et il décide de mener sa propre enquête. George, du haut de ses quize ans, pose des questions, trop de questions. Pourtant si Louie Sam n’est pas coupable, qui l’est ? Et dans cette société si fermée, à qui profite le crime ?

Plus attirée par la littérature de l’imaginaire, je ne suis pas habituée à lire des ouvrages traitant de faits réels. Malgré tout, je ne dis pas non à l’occasion, notamment lorsque l’aspect historique est de la partie et surtout lorsque le texte est destiné à la jeunesse.
Justice pour Louie Sam ne m’a pas déçue, il a rempli tous ses objectifs et toutes ses promesses. J’ai été très touchée par cette histoire percutante (qui est loin de m’avoir laissé indifférente !) et je ne doute pas qu’elle séduira de nombreux lecteurs, dès l’adolescence !

Tout se déroule sur quelques semaines à peine, en 1884, à la frontière entre les Etats-Unis et le Canada. La cohabitation entre les colons blancs et les natifs indiens est encore difficile, ces derniers n’étant pas considérés comme des êtres humains à part entière. Certains blancs tentent discrètement de leur faire une petite place dans la communauté (mariage mixte notamment) mais globalement, ils ne sont considérés que comme des sous-hommes pestiférés auxquels on interdit de sortir de leur réserve, réserve « généreusement » allouée.
Alors forcément, quand un homme de la communauté des colons est retrouvé tué d’une balle dans la tête, le coupable est forcément le jeune indien qui se promenait dans le coin. Peu importe que des détails clochent et que plusieurs proches du défunt soient louches, il est plus facile et rassurant de rejeter la faute sur « l’étranger ». Et quand la justice gouvernementale s’en mêle ? La communauté touchée proteste : ce ne sont pas leurs affaires, c’est à eux de rendre la justice eux-mêmes ! Et ils n’hésitent pas ! Le jeune Louie Sam est exécuté violemment et soudainement en plein milieu de la nuit, pendu à un arbre par une délégation de justiciers qui souhaitent clore le chapitre rapidement… auraient-ils des choses à cacher ?
L’histoire pourrait s’arrêter là et tomber dans l’oubli mais la famille du jeune indien compte bien trouver le nom du véritable coupable, car le garçon l’a juré, ce n’était pas lui le meurtrier ! Certains colons moins crédules, plus honnêtes, commencent eux aussi à se poser des questions et à remettre en cause leur décision hâtive et peut-être pas si évidente…

Le lecteur découvre l’affaire à travers les yeux de George, 15 ans, narrateur unique. Aîné d’une grande famille, c’est lui qui, sur le chemin de l’école en compagnie de ses frères et sœurs, découvre le corps sans vie de leur voisin. Très vite, il se rallie aux adultes, persuadé de la culpabilité de l’indien, ne mettant absolument pas en doute les préceptes qu’on lui a assénés depuis l’enfance (Indien = étranger = méchant = coupable). Ravi de montrer qu’il est un homme, un vrai, George suit l’expédition punitive malgré l’interdiction de son père et assiste à l’exécution.
En découvrant finalement le visage si jeune et innocent du soi-disant coupable, le doute s’installe et ne le quitte plus, la culpabilité lui colle à la peau. Plus les jours passent, plus la vérité semble lui sauter aux yeux : il y a quelques de pourri dans la communauté… et si Louie avait dit la vérité ?
Tout l’intérêt de cette narration à la première personne du singulier (à laquelle je ne m’attendais pas en ouvrant le livre), réside dans l’évolution du héros qui va se poser de plus en plus de questions au fil des jours et finir par découvrir le pot aux roses. Malheureusement, fouiller dans les affaires des membres importants de la communauté est assez mal vu et bientôt, George et sa famille devienne des parias. Peu importe, l’adolescent l’a compris, il faut réparer l’injustice qui a été commise, quelles qu’en soient les conséquences !

Je ne vous le cache pas, cette histoire ne se termine pas bien. Louie Sam est exécuté froidement et malgré les évidences, le vrai coupable ne sera jamais arrêté, les Etats-Unis et le Canada préférant fermer les yeux sur de sombres magouilles qui auraient pu leur faire perdre beaucoup à chacun. De sombres histoires de politiciens mouillés jusqu’à l’os. Il faudra attendre 2006, soit plus d’un siècle plus tard, pour que l’Etat de Washington reconnaisse l’innocence de Louie Sam et le fait « qu’ils n’avaient pas su prendre des mesures adéquates pour identifier le véritable meurtrier et traduire en justice les organisateurs et les membres du groupe d’autodéfense ».
La soif de sang, la folie meurtrière et surtout la bêtise humaine liée à l’intolérance et au racisme me mettent hors de moi. Je n’ai pas lu ce livre en restant indifférente, bien au contraire ! Et je l’ai refermé très frustrée, très en colère et très triste. Malgré tout, je me dis qu’il y a quand même de l’espoir parce qu’il y a toujours des personnes assez fortes pour se rebeller et pour tenter de rétablir les injustices et les vérités, quoi qu’il leur en coûte !

J’ai eu un peu de mal avec le style au début car, comme je le disais plus haut, je ne m’attendais pas du tout à suivre l’histoire du point de vue interne, surtout narrée par un adolescent de 15 ans. Le style un peu naïf et les dialogues enfantins me laissaient un peu sceptique car me laissaient penser que la suite serait du même acabit, prenant le fait divers à la légère. Il m’est ensuite apparu évident que ce choix est le meilleur car place le lecteur au cœur de l’aventure et peut ainsi le faire réfléchir, en parallèle au héros, à ce que vit le jeune homme. Au début naïf, confiant dans la vie et dans ses convictions, il mûrit beaucoup pendant ces quelques semaines, son discours s’en ressent et devient de plus en plus grave.
Beaucoup d’adolescents pourront certainement se reconnaître dans les pensées de George. Nous ne vivons évidemment plus au dernier quart du XIXe siècle et nous ne sommes pas des colons blancs cohabitant avec des natifs indiens… mais la question de « l’étranger = la différence = le mal » est toujours d’actualité, quel que soit le pays et quelle que soit l’époque, malheureusement.
Combien auraient réagi de la même façon que George, suivant machinalement « l’enseignement » de son entourage, ne se posant même pas une question ? Combien suivent le troupeau, par conviction, par bêtise, par manque de discernement ? Elizabeth Stewart revient ici sur l’histoire d’une injustice, sur l’intolérance, le racisme et évidemment la bêtise et la cupidité des êtres humains. Autant de sujets qu’il est toujours bon d’aborder avec de futurs jeunes adultes, à mon avis.

Une lecture choc sur un fait divers ancien qui n’est finalement pas si éloigné de nos vies actuelles !

Merci aux éditions Thierry Magnier pour cette découverte !

 


3 Commentaires

Le Club des tongs, Tome 2 : Trois filles à la mer ! de Ellen RICHARDSON

le club des tongs tome 2 trois filles à la mer ellen richardson nathan
Le Club des tongs, Tome 2 :

Trois filles à la mer !
de Ellen RICHARDSON
Nathan,
2014, p. 144

Première Publication : 2012

Pour l’acheterLe Club des tongs, Tome 2

Ellen Richardson a grandi dans le Missouri et vit aujourd’hui en Angleterre avec sa famille. Enfant, elle passait ses vacances au bord des lacs américains, rêvant de voir l’océan. Désormais, elle passe chaque été dans les îles britanniques, où est née l’idée des aventures de Lizzie, Tash et Sierra. Elle est l’auteure des quatre tomes de la série Le Club des Tongs.

 Tome 1 : L’été de tous les mystères 

♣ ♣ ♣

Lizzie, Tash et Sierra ont fait naufrage ! Alors qu’elles étaient parties observer des baleines au large de Sunday Island, elles ont été surprises par une tempête. Les voilà échouées sur une île déserte, avec leur chien Mojo pour seule compagnie et quelques tranches de gâteau au chocolat dans leurs sacs. La nuit s’apprête à tomber, et personne ne sait où elles se trouvent…

Après un premier tome distrayant et rafraîchissant vraiment tourné vers la jeunesse, je me doutais que la suite serait du même acabit. Encore une fois, ne vous attendez pas à une intrigue très approfondie ou à une aventure très développée. Je le répète mais cette saga est vraiment destinée aux jeunes lecteurs, dès 8/10 ans je dirais ; n’espérez donc pas y trouver un texte pour les adultes.
Une fois cela admis, on passe un bon moment en compagnie des trois amies débrouillardes et pleines de vie.

L’Eté de tous les mystères présentait la rencontre de Lizzie, Tash et Sierra, trois adolescentes différentes et pourtant complémentaires. Elles se rendaient compte, pendant leurs vacances, que leur destin était lié et résolvaient par la même occasion un mystère entourant leurs mères.
Les trois copines se retrouvent ici, plus complices que jamais, avec le projet d’aller photographier des baleines pour remporter un prix délivré par un journal local. Sierra, la fashion victime du trio, bougonne pour la forme tandis que les deux autres, surexcitées, manœuvrent le voilier jusqu’au large. Une tempête les prend par surprise et renverse l’embarcation.
Heureusement, débrouillardes et courageuses toutes les trois, elles s’en sortent sans trop de mal et se retrouvent coincer sur une minuscule île déserte. Malgré leur jeune âge, Lizzie, Tash et Sierra ne paniquent pas, profitant de la situation pour vivre l’aventure comme dans un livre, et elles font preuve de beaucoup d’ingéniosité. En attendant les secours, elles vont visiter les environs, sauver un baleineau, découvrir une épave et résoudre (une nouvelle fois) un grand mystère local.

flip flop club whale song ellen richardsonEvidemment, avec un œil plus adulte, la situation peut paraître un peu rocambolesque et pas très crédible mais je pense que les jeunes lecteurs d’une dizaine d’années y verront une aventure extraordinaire, une aventure qu’ils aimeraient à leur tour vivre lors de leurs prochaines vacances à la mer. C’est vraiment une lecture idéale sur la plage !

Je vous le disais lorsque je vous parlais du premier tome, l’auteure met en scène trois héroïnes extrêmement différentes mais toutes les trois très attachantes et émouvantes (notamment à cause de leur passé). Ellen Richardson a choisi la rédaction à la troisième personne du singulier et le point de vue omniscient pour son texte.
Inutile de vous dire que la configuration est idéale : chaque lecteur y trouvera son compte puisqu’il se sentira proche de l’une ou l’autre des filles selon son caractère et fera de l’élue son héroïne préférée. Je trouve malgré tout que Lizzie se dégage légèrement du lot car est parfois davantage mise en avant (il y a peut-être un peu plus de scènes d’introspection la concernant). Impressions justifiées ou ressentis personnels ?

Encore une fois, Ellen Richardson propose un texte très imagé, plein de bons sentiments et de découvertes qui tombent à pique. Nul doute que les jeunes lecteurs seront sous le charme de cette petite saga d’été rafraîchissante !

Merci à Nathan pour la découverte !

 

Illustration : Couverture de l’édition anglaise (2012).

 


5 Commentaires

Nalki, Tome 2 : Le Temps du chaos de Alice ADENOT-MEYER

nalki-tome-2-le-temps-du-chaos-d-alice-adenot-meyer le lamantin
Nalki, Tome 2 :
Le Temps du chaos
de Alice ADENOT-MEYER
Editions Le Lamantin,
2014, p. 288

Première Publication : 2014

Pour l’acheter : Sur le site de la maison !

Alice Adenot-Meyer est musicienne de profession. Si la musique est sa principale source d’inspiration, la forêt et la montagne tiennent également une place importante dans son imaginaire. Construits autour d’intrigues tendues, pleines de suspense, ses romans se déroulent dans un monde fictif et pourtant proche du nôtre.

 Le blog de l’auteure (pour les news !) 

 Tome 1 : Matricule 307 

  

Après son évasion du camp de Blache, Nalki décide de passer  la frontière pour transmettre des documents susceptibles de renverser le pouvoir en place.
Il devra avant tout se défaire du colonel Vladàn, qui ne renonce pas à le poursuivre. Les évènements ne seront pas du tout ceux que le garçonn avait prévus.

/!\ Attention, risque de spoilers sur le premier tome ! /!\

Dévoré il y a quelques semaines, le premier tome a été une belle révélation, intelligente et émouvante. Ce second volet promettait de changer de cap et il me tardait de découvrir comment Alice Adenot-Meyer allait conclure cette belle aventure.
Plus porté sur l’action, Le Temps du chaos est rythmé par les mésaventures (séparées) des personnages et, plus sombre, met davantage en avant les répercussions sur le monde du pouvoir totalitaire en place.
Avec une très légère préférence pour le tome d’ouverture, Nalki est une duologie à découvrir et à faire découvrir ! Elle mérite que l’on parle d’elle, j’espère donc que vous serez tentés !

Matricule 307, premier tome du nom, se déroulait quasiment entièrement en huis-clos (dans le camp de redressement de Blache), mettant l’accent sur la proximité du danger, sur la musique et sur l’émotion. Ici, Nalki, sa sœur Perle et leur amie Lilas sont en fuite. Plus question de lieu unique et de taille restreinte (quoique…) mais plutôt de course-poursuite dans et sous la montagne, de recherche assidue et d’art du camouflage… en bref, c’est l’heure de l’action !
Le lecteur ne s’ennuie pas une seconde, jonglant entre les points de vue, passant de l’aventure vécue par Nalki et son ami Shen, tous les deux souhaitant passer la frontière pour se mettre en sécurité et apporter des documents compromettant le pouvoir en place ; à l’angoisse de Perle et Lilas, cachées tant bien que mal à la ferme, priant pour que les sbires du Colonel Vladàn ne les trouvent pas !

L’angoisse de la poursuite est bel et bien présente. Le premier tome s’attardait sur la situation de Nalki et de sa petite sœur, le second étend l’oppression à un plus large niveau, incluant d’autres personnages dans l’aventure. La tension et la censure sont définitivement palpables dans cette deuxième partie offrant à cette duologie une atmosphère encore plus sombre. Le danger demeure jusqu’au bout et jusqu’au bout la fin est incertaine… comment tout ce petit monde va-t-il parvenir à s’en sortir ? Qu’adviendra-t-il du Colonel Vladàn ? Le pouvoir totalitaire restera-t-il en place ? Autant de questions qui attendent une réponse… que vous ne pourrez avoir qu’en lisant cette courte série !

Encore une fois, Alice Adenot-Meyer n’épargne pas ses personnages et donc ses lecteurs. La vie n’est pas rose et le héros ne sauve pas le monde d’un claquement de doigts sans y laisser de sa personne. Au contraire ! Nalki et ses proches souffrent et vont devoir affronter de difficiles épreuves pour parvenir à leurs fins… et ils n’en sortiront pas indemnes. Grandis, comme les jeunes lecteurs je l’espère, mais pas indemnes.

J’avais apprécié les personnages dans le tome introductif. Nalki évidemment, pour son courage mais aussi sa simplicité (ce n’est pas un héros surhumain) et son humanité. Le Colonel Vladàn surtout, pour son ambigüité et sa complexité. Je soulignais avec force l’intérêt de sa personnalité, pas toute noire du fait de son statut de grand méchant… j’ai aimé son évolution dans cette suite et fin et je suis satisfaite du final apporté par l’auteure. Je réitère mon propos : c’est un personnage riche de plusieurs facettes qui surprend, touche parfois mais qu’on ne peut jamais véritablement détester malgré toutes les horreurs qu’il commet.
Je n’ai pas grand-chose à dire au sujet des personnages secondaires : Perle, Lilas, Shen, les parents de celui-ci, les parents des héros, les habitants de Latis… Nombreux et aux personnalités diversifiés, ils participent à la richesse de l’aventure à laquelle ils participent plus ou moins. Je regrette un tout petit peu que les deux jeunes filles soient coupées de l’aventure principale et relayées un peu au second plan. Même si leur expérience a toute son importance et apporte une illustration émouvante de ce que peut être la vie de deux enfants en fuite sous un tel pouvoir, je ne peux m’empêcher de me questionner : que se serait-il passé si elles avaient suivi les garçons dans la montagne ? Attention, je suis très satisfaite du chemin emprunté par l’auteure, j’invente juste des « si » (mais ça m’arrive souvent !).

J’ai encore une fois beaucoup apprécié la plume précise d’Alice Adenot-Meyer. Je garde en tête une des premières scènes, celle se déroulant sous la montagne et mettant en avant une bien étrange rencontre. La poursuite est efficace et haletante, le lecteur n’a aucune mal à s’imaginer les lieux et les actions… voilà qui annonçait une suite et fin prometteuse ! Et prometteur, ce second et dernier volet l’a été.
Bien que, je dois l’avouer, je le place un poil en deçà du précédent. J’aime les tomes où « ça bouge » mais j’aime encore plus ceux qui se concentrent sur l’émotif… et Matricule 307 m’a tant touchée qu’il était difficile (voire impossible) que la suite en fasse tout autant. C’est vraiment la proximité avec les personnages (dans ce huis-clos où aucun espoir n’était permis…) et la présence de la musique qui m’avaient émue précédemment. J’apprécie toujours autant les personnages et leurs aventures mais le contexte étant différent, l’empathie l’est aussi légèrement. Cela dit, ce second tome reste excellent et bien ficelé, du début à la fin et je ne peux que vous le conseiller !

Nalki est une duologie qui mérite amplement sa place sur les blogs et dans les bibliothèques ! Vous n’y trouverez ni vampires ni romances hot mais un contexte grave (qui n’est pas sans rappeler une certaine Deuxième Guerre Mondiale…) dans lequel de jeunes gens font l’expérience de la souffrance, de la fraternité, de l’amitié… et comprennent que tout n’est pas tout noir ou tout blanc, que derrière le masque le plus cruel peut se cacher un être sensible ! Pour adolescents, jeunes adultes et adultes ; chacun y trouvera son compte !

 

Merci infiniment à la maison et à Alice pour cette très belle aventure !

 


6 Commentaires

Le Club des tongs, Tome 1 : L’été de tous les mystères de Ellen RICHARDSON

le club des tongs 1 ellen richardson nathan
Le Club des tongs, Tome 1 :

L’été de tous les mystères
de Ellen RICHARDSON
Nathan,
2014, p. 141

Première Publication : 2012

Pour l’acheter : Le Club des tongs, Tome 1

Ellen Richardson a grandi dans le Missouri et vit aujourd’hui en Angleterre avec sa famille. Enfant, elle passait ses vacances au bord des lacs américains, rêvant de voir l’océan. Désormais, elle passe chaque été dans les îles britanniques, où est née l’idée des aventures de Lizzie, Tash et Sierra. Elle est l’auteure des quatre tomes de la série Le Club des Tongs.

♣ ♣ ♣

Quand Lizzie rencontre Sierra et Tash, son été sur Sunday Island s’illumine. Les trois filles deviennent vite les meilleures amies du monde. Avec Mojo, le petit chien de Tash, elles explorent l’île. Mais voilà : ce n’est pas pour rien qu’on surnomme Sunday Island l’île des mystères. Celui qu’elles découvrent pourrait bien menacer leur amitié…

Le Club des Tongs est l’une des dernières séries pour la jeunesse proposée par Nathan. Pour le moment en deux volumes (a priori il y en a quatre en tout), c’est idéal pour les plus jeunes lecteurs sur la plage. Ces 150 pages m’ont, pour ma part, permis une coupure détente entre deux livres plus complexes mais je les aurai vite oubliées. Intrigue, héroïnes, écriture… c’est à mon sens vraiment destiné aux jeunes lecteurs et les adultes y trouveront moins leur compte.

Avec moins de 150 pages, difficile de développer les choses. La rencontre des trois héroïnes se fait donc rapidement (trop rapidement pour sembler vraiment naturelle d’ailleurs), leur amitié grandit à vitesse et grand -v et en deux jours, meilleures amies pour la vie, elles se promettent de ne jamais se séparer. Les sentiments et émotions sont intenses à 12/13 ans et on promet le monde n’importe quand et à n’importe qui. Bah, après tout, pourquoi pas !
Les trois filles – Lizzie, Sierra et Tash – accompagnées du chien – Mojo – de cette dernière, vont donc vite tomber sur un mystère lié à l’île et… à leurs parents ! La clef de l’énigme n’est pas difficile à trouver et l’on sait très vite où l’on va. Tout reste assez prévisible. Malgré tout, on tourne ces 150 pages sans difficulté, même avec un léger sourire, finalement ravi que ces trois demoiselles s’en sortent, se réconcilient et vivent des évènements heureux.
Parce qu’il faut dire qu’aucune des trois ne semblent avoir une vie facile et épanouie… La première vient de perdre sa mère, la deuxième vit difficilement la séparation de ses parents et l’immaturité de son père et enfin la dernière se coltine une mère richissime mais despotique. Des caractères un peu stéréotypés, qu’il s’agisse des trois figures principales mais également des secondaires… Mais en jeunesse, c’est souvent le cas, alors je ne suis pas plus agacée que ça ; surtout que l’auteure apporte plusieurs touches d’humour assez bien senties. Cet été sur l’île et leurs aventures, c’est un bol d’air frais pour elles… et par extension pour le lecteur qui, touché par ces jeunes héroïnes, est finalement satisfait de leur sort.

ellen richardson flip flop club charmed summerA plusieurs moments cette « mini-enquête » (vraiment mini !) à la plage m’a fait penser à un autre livre lu pour la première fois lorsque j’avais 12 ou 13 ans et relu récemment : Un Squelette sous la mer de Christopher Pike. Il y était aussi question de mystères et d’un groupe d’amies (de filles) passant des vacances d’été à la mer.
Mais la différence entre les deux titres est flagrante. Si Christopher Pike accentue le côté « enquête » et s’adresse à des adolescents avec un vocabulaire et une narration assez développés ; ici, Ellen Richardson semble préférer jouer la simplicité. Plus que l’enquête, c’est surtout l’amitié qui est mise en avant et le style, plus qu’épuré, reste un peu limité. Les descriptions, bien que courtes, ne sont pas mauvaises ; en revanche, les dialogues m’ont paru très pauvres et généralement assez inutiles. Le style indirect aurait été bien plus pertinent dans certaines scènes mais j’imagine que les dialogues qui font un peu office de « remplissage », rassurent les plus jeunes lecteurs car offrent un certain rythme et sont certainement plus faciles à imaginer.

Courte chronique pour un premier tome lui aussi très court, vite lu et assez vite oublié. Je ne doute pas que cette série ravira les plus jeunes lecteurs (à partir d’une dizaine d’années, à mon avis), mais elle reste un peu simpliste pour les adultes. Un premier tome rafraichissant et idéal pour la période estivale. En jeunesse j’ai déjà lu mieux… mais aussi bien pire ! Si l’histoire vous inspire, laissez-vous tenter, vous ne risquez pas grand-chose !

Merci à Nathan pour ces quelques heures de détente !