Bazar de la Littérature


5 Commentaires

Contes des Royaumes, Tome 1 : Poison de Sarah PINBOROUGH

contes des royaumes tome 1 poison sarah pinborough milady
Contes des Royaumes,
Tome 1 : Poison
de Sarah PINBOROUGH
Milady,
2014, p. 222

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Contes des Royaumes, T. 1

Sarah Pinborough est la nouvelle étoile du fantastique et de la terreur en Grande-Bretagne. Elle a également écrit de la fantasy pour la jeunesse, sous le nom de Sarah Silverwood, et travaille actuellement à plusieurs projets de séries télévisées.

♣ ♣ ♣

Blanche-Neige, le conte de fées revisité : cruel, savoureux et tout en séduction.
Rappelez-vous l’innocente et belle princesse, la méchante reine impardonnable, le valeureux prince, la pomme empoisonnée et le baiser d’amour sincère…
… et à présent ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de Blanche-Neige, telle qu’elle n’a jamais été révélée …

Sur Livraddict, ce premier tome obtient la note assez moyenne de 14 et plusieurs avis sont carrément négatifs, je m’attendais donc à quelque chose de plutôt médiocre et n’avais que peu d’espoir.
Or, et j’en suis la première surprise, j’ai franchement aimé ce roman que j’ai trouvé, sinon exceptionnel au moins divertissant et original. Je lirai la suite avec plaisir et vous invite à vous pencher vous aussi sur cette trilogie si vous appréciez la série Once upon a time.

Je cite cette série à succès car, à mon avis, Sarah Pinborough surfe sur le même concept de réécriture/modernisation des contes de fées. Ce premier tome n’est qu’une mise en bouche, il y a moins de parallèles et recoupements entre les contes que dans la série télé, mais je ne doute pas que l’auteure approfondit les choses par la suite. Ici, on croise notamment le personnage d’Aladdin (très jeune) et la lampe magique, tous les deux traités de façon assez surprenante mais je vous laisse la surprise.

Poison revient sur le célèbre conte de Blanche Neige, mettant en scène cette dernière mais surtout les personnages secondaires qui passent au premier plan, à commencer par Lilith la méchante reine. Avec un prénom pareil, il ne pouvait de toute façon pas en être autrement. Et à l’instar de la Regina de la série télé, on apprend à connaître petit à petit cette méchante belle-mère, on gratte progressivement sous la surface et on comprend un peu le pourquoi du comment. Encore une fois, c’est beaucoup moins riche et développé qu’à l’écran, mais sur moins de 250 pages, c’est déjà pas si mal ! Alors on ne s’attache pas vraiment à Lilith comme on peut le faire avec Regina qui, pour le coup, est vraiment très émouvante, mais la figure en sort plus humaine et, je me répète, sur si peu de pages, c’est déjà pas si mal !

Sarah Pinborough nous présente également les 7 nains – et notamment Rêveur qui est le plus développé -, le Chasseur mais aussi le Prince Charmant.
La majorité des caractéristiques des personnages que l’on connait si bien sont préservées mais elles sont aussi exacerbées. De ce fait, Rêveur est un nain qui aime beaucoup lire et qui se veut romantique ; et le Prince Charmant est pile poil comme on l’attend, à savoir un prince élevé dans le luxe, habitué à être servi et à obtenir ce qu’il veut et surtout, ayant grandi avec l’idée qu’il devrait épouser une vraie princesse, douce et fragile, qu’il pourrait sauver et protéger du danger. Finalement, les princes c’est pas si génial vu comme ça. Et en plus, lorsqu’il découvre que Blanche Neige n’a rien d’une frêle jeune fille en détresse soumise à son sauveur, le lecteur se rend compte que le Prince n’a finalement plus rien de « charmant ».

Quant à celle qui est censée être l’héroïne principale, celle autour de qui tous les autres personnages gravitent mais qu’on découvre finalement assez peu, j’ai cru voir des chroniques se plaignant de sa niaiserie et de sa mollesse. Et là, vraiment, je suis assez abasourdie, je me demande si j’ai lu le même livre. Justement Sarah Pinborough nous présente cette princesse à l’opposé de la princesse que l’on connaît. Elle porte des pantalons pour monter à cheval et elle refuse la soumission dans tous les aspects de sa vie, alors c’est certes un peu manichéen mais je suis assez contente que, justement, l’auteure nous présente Blanche Neige comme une femme forte et non comme une demoiselle en détresse en pâmoison devant le beau prince charmant. Je ne l’ai trouvée ni niaise, ni fade, ni molle… au contraire.

sarah pinboroughLe seul aspect qui m’aura peut-être dérangée dans ce premier tome, ce sont les scènes à consonance érotique. Il y en a peu, donc ça va, et même si je comprends leur utilité (prouver une nouvelle fois que Blanche Neige n’a rien d’une oie blanche soumise), je ne suis pas forcément très fan. Mais je ne suis pas fan de façon générale, ça ne tient pas vraiment à la façon dont elles sont traitées – pas trop mal si mes souvenirs sont bons – ni même à ma pudeur, juste que voilà… sans plus.
En revanche, le dénouement, carrément culotté, m’a bluffée. Je ne m’y attendais pas, il fallait oser et c’est franchement bien trouvé. Alors on adhère ou pas, mais moi je trouve que la chute arrive à point nommé et est tout à fait pertinente avec ce qui précède. Et appelle la lecture de la suite, même si, si j’ai bien compris, le deuxième tome s’attarde sur le conte de Cendrillon.

Ce n’est pas de la grande littérature (et j’ai franchement cru que j’allais détesté à la lecture des premières pages) mais j’ai finalement passé un excellent moment grâce à ce petit roman. Sarah Pinborough reprend les éléments clefs du conte de Blanche Neige et les transforme juste assez pour ne pas tout dénaturer mais, au contraire, faire revivre l’histoire d’une autre façon. Ce n’est pas aussi développé que la série télé Once upon a time mais si vous aimez le principe de cette dernière, vous devriez apprécier de retourner dans l’univers des contes de fées grâce à cette trilogie traduite par Milady !

Illustration : Portrait de Sarah Pinborough trouvé sur Babelio.

Publicités


5 Commentaires

Contes du grenier de Emmanuelle & Benoît de SAINT CHAMAS, illustré par Eric PUYBARET

contes du grenier emmanuelle benoît de saint chamas éditions du jasmincoupdecoeur
Contes du grenier
de Emmanuelle & Benoît de SAINT CHAMAS,
illustré par Eric PUYBARET
Editions du Jasmin,
2015, p. 125

Première Publication : 2002

Pour l’acheter : sur le site de la maison !

Née en 1973, Emmanuelle, après des études littéraires et artistiques, et Sciences-Po, écrit des contes et étudie la graphologie. Né en 1970, Benoît, après Sciences-Po et des études d’économie, s’est aperçu qu’il préférait les lettres aux chiffres et les contes aux comptes.
Leur goût commun pour les contes les a conduits à imaginer le concept des Contes de l’alphabet. Ils ont écrit le premier de ces contes la semaine de leur mariage et le dernier deux ans après, à quelques jours de la naissance de leur premier enfant.

♣ ♣ ♣

Avez-vous déjà vu la cinquième roue du carrosse ? Connaissez-vous les ciseaux qui coupent les cheveux en quatre ? Et le rouleau de tissu de mensonges ? Eh bien, qu’attendez-vous pour aller faire un tour dans le grenier de Tante Anna ? Qui sait, elle aura peut-être une histoire à vous raconter…

Lorsque j’ai sélectionné ce titre proposé dans une des dernières opérations Masse critique de Babelio, je pensais qu’il s’agissait d’un album pour enfants. Quand je dis « album », je pense aux ouvrages entièrement illustrés (les images sont présentes sur chaque page et prennent plus de place que le texte). Alors quand j’ai reçu ce petit recueil de contes à la couverture très jolie mais finalement assez peu fourni en illustrations, j’étais un peu surprise et déçue, il faut bien l’avouer.
Et puis samedi, ayant un peu de temps devant moi, je me suis plongée petit à petit dans ces contes et, résultat : dévoré en quelques heures, j’ai adoré ce recueil et c’est même mon premier coup de cœur de l’année 2015 !

Deux enfants, un frère et une sœur, partent explorer le grenier de leur grande tante Anna qui a la particularité de connaître instantanément l’histoire des objets qu’elle touche. S’étalant sur de nombreuses pièces en enfilade, le grenier recèle un nombre incalculable de trésors oubliés et tout autant d’anecdotes croustillantes.
Le recueil aurait pu compter un nombre beaucoup plus élevé de contes (et ça ne m’aurait pas gênée !) mais Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas se sont concentrés sur six d’entre eux et donc sur six objets atypiques. Un régal d’originalité et d’humour !

On retrouve les figures et les lieux communs des contes de fées, mais rien de vieillot là-dedans, bien au contraire ! Princesse sans bras, roi indécis, gentille sorcière amoureuse… mais aussi prêtre acharné, icône prenant vie et orphelin au bon cœur ; tout y est !

Un petit mot sur chacun des contes découverts dans ce fabuleux recueil ? Allez, brièvement !
Le rabot magique. Un berger tombe amoureux d’une princesse et il prend son courage à deux mains pour aller demander… sa main justement, au roi son père. Malheureusement, toute la famille royale est maudite, chacun de ses membres est né sans bras. Le père accepte de donner la main de sa fille… quand le berger l’aura retrouvée, justement ! Un petit conte bourré de jeux de mots (autour des bras, des mains, des doigts… et des expressions sur le sujet, il y en a un paquet !), avec une chute fabuleuse. Premier conte du recueil, premier waouh !
La girouette de Godibert. Le roi Godibert est indécis, il ne sait pas prendre une décision. Le peuple gronde, le dirigeant finit par acquérir – d’un vaurien – une girouette qui lui indique ce que veulent les habitants du royaume… Oui mais voilà, ce qu’ils veulent n’est pas forcément ce qui est bon pour eux !
L’étole du Père Gronet. Un prêtre qui a une foi aveugle en son Dieu et qui, malgré une inondation massive, refuse de quitter son église… jusqu’au bout il s’accroche, persuadé que le Bon Dieu fera ce qu’il faut pour le féliciter de sa foi aveugle. Oui, mais voilà. Une chute amusante !
Le nocher de Noël. Un petit orphelin, en plein hiver, tombe sur un riche Monsieur qui se moque de lui en lui faisant croire que le bouton qu’il lui offre gracieusement est un trésor inestimable… Le petit garçon n’a rien, il meurt quotidiennement de faim et de froid, mais pour Noël, il veut absolument faire un beau cadeau pour remercier le Monsieur… mais quoi ? Emouvant et efficace. Une question reste en suspens à la fin, le frère et la sœur apportent chacun une solution, mais laquelle est la bonne ?
L’icône de Cordoue. L’amour fait son apparition dans le recueil. Un homme tombe fou amoureux du portrait peint d’une femme. Il l’accroche chez lui et le regarde amoureusement au quotidien. Mais les années passent, l’homme change et son amour aussi… jusqu’au jour où il retourne carrément l’icône face contre le mur, ne voulant plus voir la jolie femme. C’est beau, carrément touchant… et pourtant, pendant le développement, on pouvait sérieusement douter du dénouement !
Les espadrilles de la sorcière. Une gentille sorcière aux grands pieds, bannie par les siens car ils ne comprennent pas son goût pour la gentillesse. Sur son chemin, elle croise un cordonnier dont elle tombe amoureuse et elle va tout tenter pour le satisfaire pour qu’il finisse par accepter de l’aimer en retour… La chute est amusante là aussi et particulièrement bien trouvée !

emmanuelle benoît de saint chamasOutre les contes en eux-mêmes, parfois très amusants et parfois très émouvants, ce sont surtout les interludes dans le grenier qui m’ont largement fait sourire. En effet, les deux enfants ouvrent grand leurs yeux pendant l’exploration et nous racontent ce qu’ils voient.
Le casque de Dark Vador, l’anneau magique de Frodon, la machine à remonter le temps de H. G. Wells, les petits cailloux du Petit Poucet, le collier de Milou, les robes de Peau d’Ane… c’est bien une dizaine de références de notre culture populaire qui défilent sous nos yeux. Alors peut-être que les plus jeunes ne les connaîtront pas toutes (et c’est peut-être justement l’occasion de leur faire découvrir ces histoires célèbres ?), mais les adultes se régaleront !
Ajoutez à cela quelques boîtes renfermant un bon paquet de jeux avec les mots… avez-vous, par exemple, déjà ouvert la boîte aux clefs ? Vous y trouverez la clef des champs, la clef de sol, la clef à molette… et dans le bocal intitulé « Modes démodées d’enfants », on y trouve quoi ? des scoubidous, des pokémons, des pogs, des bracelets brésiliens, des pin’s et même des diabolos… ça ne vous dit rien ?

Et en plus de tout ça, figurez-vous qu’il y a un vrai fil conducteur dans le cheminement à travers toutes les pièces du grenier et donc à travers tous les contes traversés… Arrivés au bout, à la dernière porte (qu’est-ce qui peut bien s’y cacher ?), les enfants vont devoir faire un choix bien particulier. Et le dénouement est excellent, vraiment. Un vrai hommage aux livres qui nous – petits et grands lecteurs – font tant rêver au quotidien. Merci aux auteurs pour ce message !

Quant aux illustrations rencontrées dans ce petit recueil – parce qu’il y en a quand même quelques-unes – elles sont jolies et bienvenues. Je regrette un peu qu’elles soient en noir et blanc (mais je me doute que le prix de fabrication aurait grimpé en flèche si la couleur avait été ajoutée) et qu’elles soient si peu nombreuses (comme dit précédemment), mais elles accompagnent le texte, offrant des images précises à des moments-clefs. Il y en a au moins une par conte et chaque chapitre est décoré d’un petit en-tête stylisé.
C’est un joli petit plus dans ce recueil mais, finalement, et contrairement à mes attentes initiales, c’est vraiment le texte qui me marquera durablement ici.

Contes du grenier est un recueil qui m’a énormément surprise. Alors que je partais presque à reculons, ma déception première s’est bien vite transformée en large sourire… et finalement en coup de cœur ! De beaux messages, des contes originaux entre traditions et modernité, beaucoup d’humour et d’émotions. Génial !


5 Commentaires

Il était une fois, Tome 5 : La Jeune fille à la tour de Eloisa JAMES

il était une fois tome 5 la jeune fille à la tour eloisa james j'ai lu
Il était une fois, Tome 5 :
La Jeune fille à la tour
de Eloisa JAMES
J’ai lu Pour Elle (Aventures & Passions),
2014, p. 412

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Il était une fois, Tome 5

Diplômée de Harvard, spécialiste de Shakespeare, Eloisa James est professeur à l’Université de New York. En parallèle elle écrit des romances historiques à succès.

De passage à Londres, le duc de Kinross succombe au charme de la ravissante Edith Gilchrist. Parée de toutes les qualités nécessaires à une épouse, elle joue en prime divinement bien du violoncelle. Quelques baisers volés leur promettent déjà mille délices. Pourquoi faire traîner les fiançailles ? Le mariage est rondement célébré. Mais, contre toute attente, la nuit de noces se passe mal. La jeune femme s’isole dans la plus haute chambre du château de Craigievar. Et Gowan se retrouve face à un sacré défi : conquérir le coeur et le corps de la Belle de la Tour… sa duchesse.

Série que je souhaitais découvrir depuis un moment déjà, Il était une fois promet de revisiter un conte par volume. Ce cinquième tome laissait ainsi présager une réécriture de Raiponce (Rapunzel)… pourquoi pas ?
Malheureusement, j’ai bien vite constaté que le rapport au conte de fée était bien faible, voire inexistant. La déception passée, j’ai continué ma lecture pour ce qu’elle est : une romance historique pas très intelligente et originale, bourrée de défauts… mais un minimum divertissante. Et finalement, le divertissement c’est ce que recherchent généralement les lecteurs du genre…

Qui dit romance historique dit jeune femme un poil rebelle et beau mâle écossais. Je schématise exagérément mais si on y regarde d’un peu plus près, c’est quand même souvent le cas, non ? Les deux héros ne m’ont ici ni complètement déplu ni particulièrement emballée.
Edith (qui préfère qu’on la surnomme Edie) n’a pas encore la vingtaine mais dans l’Angleterre de la première moitié du XIXe siècle, ne pas encore avoir fait son entrée dans le monde à cet âge-là relève de la rébellion. A vrai dire, la demoiselle n’est pas une romantique rêvant du grand amour, c’est une musicienne accomplie qui préfère jouer du violoncelle plutôt que s’apprêter pour un bal. Malgré tout, elle est consciente que son rang la destine à se marier un jour avec un bon parti. Mariage de raison sans amour, elle l’accepte tant que son futur époux la laisse travailler sa musique en paix plusieurs heures par jour. Cette description de la personnalité de la demoiselle est plutôt engageante et elle me plaisait assez au début. Je trouve malheureusement qu’elle n’évolue pas dans le meilleur sens et tend à agacer au fil des pages.
Gowan, duc de Kinross, est quant à lui écossais et donc assez macho et ronchon de nature… ce qui semble plaire à ces dames (et aux lectrices). Je ne comprends toujours pas cet attrait pour ce genre de héros mais je crois que je ne le comprendrai jamais. Le fantasme du mec un peu bestial en kilt… mouais. Par contre, le héros a aussi un côté plus « civilisé », attentionné et même tendre ce qui équilibre l’ensemble. Par contre, le coup de l’écossais encore puceau à plus de 20 ans en 1824… Mouais mouais mouais. Je suis hyper sceptique. Mais a priori, ça doit faire fondre l’héroïne (et les lectrices) car doit le rendre plus « fragile » et donc plus touchant. Je reste perplexe mais je suis une râleuse, c’est bien connu ! En revanche, même si je ne suis pas sous le charme de cette personnalité, je reconnais qu’elle reste cohérente de la première à la dernière page et c’est plutôt appréciable.

eloisa james portraitL’histoire d’amour entre ces deux-là s’annonçait plutôt pas mal, partant sur la base d’un mariage arrangée pour lequel Edie s’est résignée. Les sentiments auraient mérité plus de pages pour se développer et s’étoffer mais c’est une remarque de la part d’une lectrice qui ne croit pas au coup de foudre et qui ne trouve donc aucune crédibilité aux échanges de vœux et aux promesses d’amour éternel dès le premier jour. J’ai donc du mal à croire à (et donc à me sentir impliquée dans) ces romances expéditives et La Jeune fille à la tour n’a pas fait exception. C’est pour ça que j’aime autant Orgueil et préjugés qui se déroule sur plusieurs mois (plus d’une année) et qui s’attarde sur l’évolution des sentiments et des relations entre les personnages… c’est tellement crédible !
Et si en plus vous ajoutez le fait que pour pallier l’évolution des sentiments, on passe vite aux scènes de sexe… vous avez tout ce me fait ni chaud ni froid dans une romance. Je vous disais plus haut que Gowan était inexpérimenté mais comme il est écossais (ça doit donner des pouvoirs magiques) il est extrêmement doué et bien pourvu (et oui, c’est un écossais géant qui porte le kilt !). Crédibilité, crédibilité… Je sais qu’on ne lit pas une romance historique en ayant d’énormes attentes sur le fond (et la forme) mais moi, j’ai beau essayé de me détendre, tous les trucs qui ne vont pas me sautent aux yeux et ça m’agace !

Quand je dis romance historique, je suis assez gentille car elle n’a finalement d’historique que le nom. Le contexte est assez pauvre en détails et j’ai même trouvé que les agissements et interventions des personnages étaient en incohérence avec la date annoncée à la première ligne : 1824.
Il y a comme un vent de vulgarité qui souffle sur ce texte. Alors certes, on nous sert l’excuse de la belle-mère jeune un peu marginale (donc au langage fleuri) et de la rébellion de la famille qui ne se plus que peu aux règles de la société mais quand même ! Certaines tournures de phrases (et thèmes !) n’ont rien à faire dans la bonne société de l’Angleterre du XIXe ! Je veux bien que riches se lâchaient dans l’intimité mais là, j’avais parfois l’impression d’avoir affaire à des grouillots de la campagne déguisés avec des corsets et des boutons de manchette ! Une farce !

Malgré tous ces défauts, le roman divertit un minimum et il est facile de tourner les pages par curiosité, histoire de voir si Edie résoudra ses problèmes (d’ordre sexuel, je vous annonce la couleur !), si Gowan arrêtera de bougonner et ce que cette tour vient faire dans l’histoire ! Parce que ne vous fiez ni au titre ni à la quatrième de couverture car le coup de l’isolement en haut de la tour, ce n’est que dans le tout dernier quart du roman !

Je suis sévère avec ce titre mais je ne doute pas qu’il saura ravir des lecteurs beaucoup plus aptes à la détente et beaucoup moins tatillons que moi ! Les premiers tomes de cette série me semblent plus ancrés dans les contes, je les testerai à l’occasion !

 

Merci à J’ai lu pour cette première entrée dans la série !

Illustration : Portrait d’Eloisa James trouvé sur Google.

challenge XIXe


13 Commentaires

Les Contes de crimes de Pierre DUBOIS

les contes de crimes pierre dubois
Les Contes de crimes
de Pierre DUBOIS
Editions Hoëbeke
2000, p. 257

Première Publication : 2000

Pour l’acheter : Les Contes de crimes

Pierre Dubois, né le 19 juillet 1945 à Charleville-Mézières, est un auteur, scénariste de bande dessinée, écrivain, conteur et conférencier français à l’origine du regain d’intérêt pour les fées et le petit peuple en France. Passionné très tôt par la féerie et les contes, il devient illustrateur après de courtes études aux beaux-arts, puis rassemble des légendes locales qu’il restitue dans des chroniques à la radio et à la télévision durant plus de trente ans, ce qui lance sa carrière et rend sa passion publique. Il est l’inventeur de l’elficologie, ou « étude du petit peuple », comme d’un équivalent à l’étude des« fairies », bien qu’il s’agisse à l’origine d’une simple blague de sa part. Son premier album de bande dessinée en tant que scénariste est publié en 1986 et ne connaît qu’un succès d’estime. Depuis, il en sort un chaque année et continue à intervenir régulièrement à la télévision ainsi que dans des conférences, toujours dans l’univers des contes, du rêve et des légendes liées au petit peuple, qui sont devenus ses spécialités. (Wikipédia)

♣ ♣ ♣

Il était une fois, au temps où les princes n’épousaient plus des bergères mais se pacsaient aux bergers, des contes de fées noirs à souhait. Cendrillon est victime des pulsions sexuelles d’un prince héritier, la Belle au bois dormant, l’otage pathétique d’un époux déséquilibré. Derrière Peter Pan se cache un dangereux innocent, derrière le Petit Chaperon rouge une machiavélique enfant. Pour résoudre une série de meurtres, Blanche-Neige fait appel à un détective spécialiste des nains de jardin… Pierre Dubois se livre à une réécriture diabolique des contes ayant bercé notre enfance. Issus du mariage improbable de personnages de Grimm avec le roman policier, ces Contes de crimes font autant rire que frissonner…

Elficologue reconnu, Pierre Dubois est un personnage qui m’a toujours intriguée. J’ai profité de l’arrivée des Imaginales et de sa présence au festival pour caser la lecture de ses Contes de crimes qu’il me tardait de découvrir (oui, cette lecture remonte à quasiment un mois).
A travers dix contes plus ou moins connus, l’auteur revient sur quelques thèmes et figures intégrés à notre imaginaire collectif en y ajoutant le côté policier. Vous ne verrez plus jamais le Petit Chaperon Rouge et Cendrillon de la même façon !

Je pense qu’on ne peut pas vraiment parler de réécritures de contes – en tout cas pas pour l’ensemble des dix textes – car l’auteur reprend certes les figures que l’on connait depuis notre enfance, mais il les réutilise généralement dans des intrigues différentes. Certains éléments d’origine sont également repris : l’endormissement de la Belle au Bois dormant ou les sept nains de Blanche-Neige par exemple, mais ils n’ont plus grand chose à voir avec les contes que l’on connait bien.
Il y a tout juste assez pour faire le lien et permettre aux lecteurs de faire surgir de leur mémoire des images et par association des idées et des thèmes. J’ai pour ma part, généralement beaucoup apprécié la transposition de ces références dans un contexte globalement contemporain. Et même si les dix contes ne m’ont pas tous complètement convaincue, je suis dans l’ensemble très impressionnée par la qualité littéraire de chacun.

Pierre Dubois est avant tout un amoureux de la langue alors attention, accrochez-vous ! Dès la première nouvelle vous serez dans le bain : les phrases ne sont pas forcément tarabiscotées mais les mots employés sont souvent désuets (voire inconnus). On peut se sentir un peu perdu car ne pas comprendre chaque mot, chaque détail mais ce n’est, à mon sens, pas le but. L’important ici est plutôt de percevoir l’idée qui se cache derrière les formules un peu particulières et surtout, de se laisser porter par la mélodie de celle-ci. L’auteur accorde en effet une grande importance aux rythmes et aux sons de ses phrases, offrant ainsi des paragraphes très « chantants ».
Alors oui, ce parti pris entraine quelques passages un peu étranges et je comprends parfaitement que beaucoup de lecteurs n’adhèrent pas. On aime ou non le style de Pierre Dubois, il n’y a pas vraiment de juste milieu.

Pierre Dubois, Rencontres de l'imaginaire de Brocéliande 2013,L’amour passionnel est souvent au centre des intrigues et mène plus d’une fois au pire. Ce qui peut paraître redondant mais qui, finalement, fonctionne toujours très bien ! Je ne vous parlerai pas de tous les contes un par un, mais plutôt de ceux qui m’ont le plus marquée et qui m’ont paru les plus intéressants, que ce soit au niveau de l’intrigue et de sa chute ou de la forme.

  • La Belle au bois dormant. Première nouvelle du recueil, elle donne le ton : le désaccord conjugal est au centre du texte et le style particulier de Pierre Dubois est à son apogée. J’avoue d’ailleurs que j’ai eu un peu peur et ai cru ne pas réussir à entrer dans l’univers de l’auteur… et puis finalement, j’ai bien vite compris qu’il suffisait de se laisser porter par les mots sans chercher à tout décortiquer. J’ai eu l’impression d’entrer dans un petit cottage anglais, avec du thé, des petits gâteaux et Jessica Fletcher dans un coin. La chute m’a beaucoup plu.
  • Riquet à la houppe. Je ne connais pas le conte d’origine (il faudrait que je le lise un de ces jours) mais j’ai particulièrement aimé l’actualisation du contexte. Là encore, le couple (le triangle amoureux devrais-je dire) est au centre de l’intrigue et rythme l’aventure. Si l’on voit venir la chute assez vite (le nom du coupable et la situation finale), j’ai tout de même été ravie de parcourir ces quelques pages. C’est attendu mais ça marche d’enfer !
  • Rapunzel. Plus longue, ou en tout cas construite un peu différemment car séparée en plusieurs petits chapitres numérotés, cette nouvelle a réussi à me bluffer. Je l’avoue, lorsqu’il s’agit de trouver le coupable, le mobile et le comment-il-s’y-est-pris, je suis souvent à côté de la plaque. Et là, je me suis laissée berner et j’ai été ravie d’avoir le fin mot de l’histoire grâce à l’inspecteur Marmaduke Perthwee, personnage qui fait office de fil rouge entre plusieurs des contes. Savant mélange d’Hercule Poirot et Sherlock Holmes, cet agent de police porté sur les résolutions d’enquêtes étranges trouve la solution en se basant sur un solide sens de l’observation et de la déduction. Et ce n’est que lorsqu’il fait l’annonce du nom du coupable et de sa manière de procéder, dans les dernières lignes, que le lien le titre prend tout son sens.
  • Petite table couvre-toi. Là encore, je ne connais pas le conte originel, mais je suis curieuse de le lire à l’occasion. Je retiens surtout la construction un peu particulière de ce petit texte. Rédigé à la première personne du singulier, il dénote un peu par rapport aux autres et c’est au fil des paragraphes que le lecteur comprend qui est le narrateur et à qui il s’adresse. 
  • Le Petit Chaperon rouge. L’intérêt de cette réécriture réside dans l’inversion des rôles. Finalement, le « méchant » et le plus tordu n’est peut-être pas celui que l’on croit… le déroulement des évènements nous le prouve très vite et la chute conclut parfaitement cette idée. Amusante inversion.

Je me rends compte que j’ai très souvent été embarquée par ces petites intrigues qui, même si elles sont parfois un peu attendues, restent très plaisantes à découvrir. Certaines chutes font davantage mouche que d’autres, certains textes m’ont moins séduite (j’avoue avoir eu un peu de mal avec Peter Pan mais je pense que c’est essentiellement parce que je suis passée à côté, n’ayant pas réussi à tout saisir) mais encore une fois, dans l’ensemble, ça fonctionne. Pierre Dubois traite de sujets graves avec un certain humour et je me suis parfois surprise à sourire du malheur des personnages. Original et efficace !

 


32 Commentaires

Carabosse, La Légende des cinq Royaumes de Michel HONAKER

carabosse michel honaker flammarion
Carabosse,
La Légende des cinq Royaumes
de Michel HONAKER
Flammarion,
2014, p. 372

Première Publication : 2014

Pour l’acheter : Carabosse

Michel Honaker est un écrivain français né en 1958 à Mont-de-Marsan. Il est à ce jour l’auteur de plus d’une centaine d’ouvrages, parus chez Hachette, Gallimard, Flammarion, Rageot et Magnard. Il est traduit dans une douzaine de langues, dont le chinois et le russe.

  

La belle Cara est maudite : elle est bossue. Par dépit amoureux, elle tombe du côté obscur de la magie et devient la Fée du Vent Mauvais. Elle n’aura de cesse de se venger de sa soeur, en maudissant son héritière, la belle Aurore, la princesse du Bois Dormant. Après 99 ans, Lilas, dernière fée survivante à avoir échappé à l’horrible régence de Carabosse, part chercher le prince charmant destiné à sauver Aurore, endormie le jour de ses 18 ans…

Les contes de fées n’ont pas une ride. Depuis quelques années, réalisateurs (Blanche-Neige, La Belle et la Bête, la série Once upon a time…) et écrivains (Cinder, Sortilège, Poison…) ont un regain d’intérêt et puisent dans cette matière première pour nous offrir réécritures, modernisations ou suites en tout genre. Les contes de notre enfance inspirent, pour le meilleur et parfois pour le pire.
La Belle au bois dormant n’est pas celui que je préfère mais, il y a quelques années (quasiment à l’ouverture du blog donc en 2006 ou 2007), j’avais découvert avec grand plaisir la réécriture proposée par Orson Scott Card sous le titre Enchantement et j’étais curieuse de redécouvrir ce conte sous un autre jour, pour un autre public. J’avoue qu’en voyant la couverture proposée par Flammarion et signée François Roca, j’ai été séduite. J’y retrouve comme une touche de préraphaélisme, mouvement pictural anglais (que j’adore) mettant généralement en scène des femmes au physique particulier, un peu « inhumain »… sorte d’enchanteresses que nous autres, simples mortels, avons du mal à comprendre. Et je trouve que ce choix sied bien au personnage de Carabosse, notamment dans la première partie.
Avant d’aller plus loin et pour être claire et concise : j’ai aimé. Beaucoup même !

Argument bien futile mais qui a son importance chez la plupart des lecteurs : l’objet-livre est sublime. Outre l’illustration de couverture qui me plait particulièrement, mais je n’y reviendrai pas ; Flammarion offre un ouvrage à la texture hyper agréable et aux détails visuels très travaillés : carte en première page, en-têtes de chaque chapitre stylisés… c’est beau, tout simplement.
Et si je m’attarde aussi longuement sur le contenant ce n’est pas pour masquer un contenu pauvre et inintéressant. Non, bien au contraire ; le fond est à la hauteur de la forme !

Tout le monde connait l’histoire de La Belle au bois dormant mais avant l’apparition de la fée maléfique qui lance la malédiction, savez-vous ce qui a bien pu se passer au Royaume de Bois Dormant ? C’est ce que nous propose de nous raconter Michel Honaker dans la première partie.
Deux sœurs aussi différentes l’une que l’autre, vivent avec leur père dans un vieux manoir au sommet d’une montagne. L’aînée – Cara -, brune et bossue, fricote avec la magie ; la benjamine – Léonore -, blonde comme les blés, semble tomber du ciel. Lorsque le nouveau roi de Vaudémont, le territoire annexe, se hisse au sommet du manoir à la poursuite d’ennemis sauvages, il tombe fou amoureux de Léonore, ignorant bien indélicatement les sentiments naissants de Cara. Jalouse, envahie par la passion et la haine, la jeune femme a la rancune tenace : elle fera tout pour détruire le bonheur du couple et profite de la naissance de leur fille – Aurore – pour resserrer son étau. Cette première partie s’achève sur la déclaration de la malédiction au dessus du berceau.
La seconde moitié du texte commence après une ellipse de 18 ans. Aurore, fêtera bientôt son entrée dans le monde des adultes et la fin de l’épée de Damoclès au dessus de sa tête, par la même occasion. Protégée par son entourage, elle n’en trouve pas moins le moyen de s’enfuir… et de se faire piquer par le fuseau ! La suite, on la connait… ou presque ! Lilas, la bonne fée qui avait réussi à contrer le mauvais sort au dessus du berceau, doit maintenant partir à la recherche du prince qui lèvera la malédiction, mais rien n’est simple car, quasiment une centaine d’années plus tard, Cara (devenue depuis longtemps Carabosse) et son armée veillent et les princes de sang ne sont plus aussi nombreux…

Voilà un long paragraphe de résumé, ce que je fais assez peu habituellement mais je trouve intéressant de pouvoir vous expliquer ce qui diffère, ou non, du conte qu’on a l’habitude d’entendre (ou de voir, notamment grâce à Walt Disney). Quelques éléments m’ont semblé se rapprocher d’autres légendes (je pense notamment au triangle arthurien Guenièvre-Léonore/Arthur-roi Florestan/Morgane-Cara et à la naissance d’un enfant hors mariage qui voudrait ensuite éliminer son père…), d’autres points varient plus ou moins de ce qu’on connait, par exemple l’identité de la « méchante ». Maléfice chez Disney, Carabosse ici. Je ne me souviens plus du conte d’origine donc ne pourrai dire « qui a raison » mais peu importe, l’insertion de Carabosse dans cette histoire et surtout son développement, est le point le plus intéressant, à mon avis.
Et je trouve que Michel Honaker a fait un très beau travail sur ce personnage qu’on devrait haïr car après tout, elle est à l’origine de tous les malheurs du Royaume de Bois Dormant et pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver la jeune fille touchante. Complexée par sa bosse, elle n’a qu’une envie, s’en débarrasser. Pas foncièrement mauvaise à la base, je l’ai plus vue comme une jeune femme solitaire, peu sûre d’elle (malgré sa grande beauté) et cherchant simplement à avoir le corps de n’importe quelle autre jeune femme. Les circonstances et son intérêt pour la magie font qu’elle passe du mauvais côté et ne s’en sortira plus… Mais malgré tout, malgré tout le mal qu’elle fait autour d’elle, le lecteur ne peut la haïr foncièrement et elle nous touche à nouveau, dans les dernières pages.
Les autres personnages, nombreux entre la première et la deuxième partie, sont plus classiques, plus souvent rencontrés dans les contes de fées : le roi et la reine purs et amoureux fous, la jeune princesse parfaite quoiqu’un peu trop curieuse, le bellâtre à la sauce Flynn Rider (dans Raiponce)… malgré leur côté un peu lisse et attendu, je les ai appréciés parce qu’ils sont exactement comme ils doivent être dans une telle histoire. Les codes du conte de fées sont donc respectés et c’est un plaisir de s’y plonger.

Edward Frederick Brewtnall La Belle au Bois DormantJ’ai cru voir que certains lecteurs avaient trouvé ce texte un peu trop « littéraire » pour le public visé. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette idée. J’en ai un peu marre que la plupart des gens soient persuadés que, qui dit public jeunesse, dit forcément textes simples (voire simplistes), bourrés de dialogues et évitant les schémas narratifs un peu trop complexes. Stop ! Les enfants et les adolescents sont capables de lire et d’apprécier des textes riches et bien construits ! Quand j’étais gamine, je lisais les contes de Grimm, Perrault et Andersen, il y avait des mots compliqués, c’était au passé simple, les passages étaient plutôt descriptifs… et j’adorais ça ! Je ne comprenais pas tout mais ça m’embarquait dans un univers bien particulier et surtout, ça me faisait un peu réfléchir ! Inutile de tout servir sur un plateau d’argent, les jeunes lecteurs sont parfaitement capables de mettre leurs neurones en marche pour se concentrer sur un texte un peu « littéraire ». A force de dire à des gamins, « non, ça c’est trop classique, tu n’aimeras pas, c’est trop compliqué », le jeune lecteur n’ose même plus essayer parce qu’il est persuadé qu’il n’y arrivera pas… Stop !

Michel Honaker offre certes de nombreuses descriptions (il y en a plus que les dialogues, c’est évident) mais il le fait bien. J’ai été embarquée dans le conte de fées dès la première page et n’en suis sortie qu’en lisant la toute dernière ligne. Pour raconter une telle histoire, il faut mettre en place une atmosphère bien particulière, un monde imaginaire avec des codes bien précis et ça ne peut pas se faire avec uniquement des dialogues. Les descriptions sont nécessaires et elles sont magnifiques alors pourquoi se priver ?

Je suis complètement tombée sous le charme de ce petit roman, tout m’a plu dans ce texte : la réécriture d’un conte de fées connu, le traitement des personnages (surtout la grande méchante), la plume… Bref, une vraie réussite ! Je lirai autre chose de Michel Honaker, c’est sûr !

Merci infiniment à Flammarion pour cette très belle découverte !

Image : Edward Frederick Brewtnall, Sleeping Beauty.