Bazar de la Littérature


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[Bilan] Décembre 2014

BILAN LECTURES DECEMBRE 2014En décembre, j’ai lu…

14 livres complets + 3 morceaux dont :

  • 1 premier tome, 4 suites de séries et 12 one-shot. Alors là, je m’auto-congratule !
  • 9 romans (3 titres imaginaires, 3 policiers, 2 romances historiques dont une para-austenienne et 1 roman contemporain), 4 albums pour enfants, 3 « beaux-livres » et 1 bd. Je varie de plus en plus. 🙂
  • 8 SP, 3 emprunts et donc seulement 6 livres rien qu’à moi… ça ne va pas du tout !
  • 1 lecture commune.
  • 1 livre en VO.
  • 4 titres découverts sur ma liseuse.
  • 4 « petites » maisons.

 

  • Deux coups de coeur en décembre. Le premier pour un album que j’adore et dont je ne me lasse pas : La Moufle, le deuxième pour ma relecture en vo du troisième tome d’Harry Potter (je n’ai lu qu’un tiers pour le moment mais je sais déjà que comme lors de mes premières lectures en français, je vais adorer !). Deux valeurs sûres finalement !
  • J’ai été très très très agréablement surprise par Enquête d’identités (que j’ai trouvé très bien mené !), par Edenbrooke (qui m’a beaucoup touchée !) et par Trois souris… (une petite nouvelle d’Agatha Christie en huis-clos).
  • J’ai aimé les lectures suivantes mais leur ai trouvé des défauts : Le Royaume du Nord, le troisième tome du Canon graphique, le premier tome de Victorian Fantasy, Mr Pan, Combien de terre faut-il à un homme ?, Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon, le deuxième tome des Etoiles de Noss Head et No et moi.
  • Divertissants mais sans plus pour Québec Land (que l’on apprécie vraiment que si l’on a vécu au Québec, je pense) et pour Elizabeth Darcy (dans lequel je n’ai pas vraiment reconnus les personnages que j’aime tant !).
  • La grosse déception du mois revient au troisième tome de Night School que j’ai trouvé assez inutile et donc longuet.

 

Grâce au week end à 1000 et aux vacances, j’ai pu me poser pour lire sans trop culpabiliser. J’ai donc enchaîné les titres, savourant avec plaisir la plupart d’entre eux. J’espère que l’année 2015 sera sur le même modèle ! 🙂 En décembre, j’ai donc lu près de… 3900 pages (dont 1000 avec des images). Waouhhhhh ! ça ne m’était pas arrivée depuis des mois, pourvu que ça dure ! 

Aucun livre n’entre dans le challenge irlandais cette fois-ci, par contre, j’ajoute 3 titres au challenge XIXe (des romances) ! 🙂

♣ ♣ ♣

 

BILAN ACQUISITIONS DECEMBRE 2014Peu d’acquisitions ce mois, et seulement les trois achats obligatoires à France Loisirs. Si j’avais pu prendre exemple toute cette année sur ce bilan, mes bibliothèques ne déborderaient pas à la veille de 2015 !

 

BILAN ACQUISITIONS DVD DECEMBRE 2014Par contre je me suis un peu laissée aller côté dvd… 8 achats impulsifs, 2 cadeaux de Noël. Il va falloir que je repense le rangement de ma dvdthèque, parce que là aussi, c’est complet de chez complet !!!

 

♣ ♣ ♣

 

Et voilà les deux tops habituels, le premier correspond aux chroniques les plus vues/lues depuis la création du blog et le second à celles les plus vues/lues le mois dernier !

 

Depuis l’ouverture du blog :
 Le Manoir, T. 1 de Evelyne BRISOU-PELLEN () – 1209 vues
 La Voleuse de livres de M. ZUSAK (pas mal !) – 615 vues
 Le Journal de Bridget Jones, T. 2 de Helen FIELDING (beurk !) – 600 vues
La Dame pâle de Alexandre DUMAS (pas mal !) – 587 vues
 Pride & Prejudice (VO) de Jane AUSTEN (♥ ♥ ♥) – 509 vues

Le mois passé :
Le Manoir, T. 1 de Evelyne BRISOU-PELLEN () – 141 vues
 Le Royaume du Nord et des Trolls de Pierre DUBOIS (très beau à feuilleter !) – 89 vues
La Dame pâle de Alexandre DUMAS (pas mal !) – 85 vues
 La Nuit des temps de René BARJAVEL () – 73 vues
 Le Journal de Bridget Jones, T. 2 de Helen FIELDING (beurk !) – 71 vues

 

 

En janvier, je ne place pas la barre trop haut. Parce que rentrée oblige, j’aurai plein de trucs à faire. Et je me suis inscrite à quelques concours de bibliothèque (sans aucune conviction), je vais donc devoir plancher un minimum sur la méthodologie histoire de ne pas rendre copie blanche début février. Mais j’y vais vraiment pour dire que j’y vais (sur un malentendu, on sait jamais…). Donc je pars sur 2000 pages lues en janvier (j’espère exploser le score !).  

 

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Le Royaume du Nord et des Trolls de Pierre DUBOIS

le royaume du nord et des trolls pierre dubois hoebeke
Le Royaume du Nord et des Trolls

de Pierre DUBOIS,
Hoëbeke,
2014, p. 128

Première Publication : 2014

Pour l’acheter : Le Royaume du Nord et des Trolls

Pierre Dubois, né le 19 juillet 1945 à Charleville-Mézières, est un auteur, scénariste de bande dessinée, écrivain, conteur et conférencier français à l’origine du regain d’intérêt pour les fées et le petit peuple en France. Passionné très tôt par la féerie et les contes, il devient illustrateur après de courtes études aux beaux-arts, puis rassemble des légendes locales qu’il restitue dans des chroniques à la radio et à la télévision durant plus de trente ans, ce qui lance sa carrière et rend sa passion publique. Il est l’inventeur de l’elficologie, ou « étude du petit peuple », comme d’un équivalent à l’étude des « fairies », bien qu’il s’agisse à l’origine d’une simple blague de sa part. Son premier album de bande dessinée en tant que scénariste est publié en 1986 et ne connaît qu’un succès d’estime. Depuis, il en sort un chaque année et continue à intervenir régulièrement à la télévision ainsi que dans des conférences, toujours dans l’univers des contes, du rêve et des légendes liées au petit peuple, qui sont devenus ses spécialités. (Wikipédia)

 Les Contes de crimes 

♣ ♣ ♣

Pierre Dubois poursuit son exploration des mondes enchantés pour nous emmener dans le Royaume du Nord, le pays des Trolls, des Nisses et des Tomtes. Il a suivi le chemin déjà tracé par « les peintres, les illustrateurs de là-haut, de là-bas, dans l’aube et le couchant, qui ont emprunté leurs couleurs à même les paysages, brun de terre, gris de lichens, carmin et or aux feux des volcans, aux geysers… ». Il y a rencontré les Trolls chevelus, hirsutes, rugueux, monstrueux, à la fois roc, montagne, mousse, ou arbre de Theodor Kittelsen, le Norvégien, et ceux de John Bauer, le Suédois, moins cruels, vivant le plus souvent en groupe et toujours en harmonie avec la nature dans les profondeurs des forêts. Elsa Beskow lui a dévoilé ses Enfants de la forêt, petits êtres cachés qui habitent sous le tronc d’un vieux pin et sont amis avec tous les animaux. Hasse Bredenberg, lui a ouvert les portes dérobées de son atelier pour l’inviter à partager le quotidien des Nisses domestiques, et il est certain que Pierre Dubois a dû se plaire en leur compagnie. Et tant d’autres… Il en a ramené cette imagerie exceptionnelle, peu ou pas connue en France. Mais en bon elficologue, il nous offre aussi ses connaissances pour tout apprendre de ces personnages fabuleux et, en bon conteur, nous livre des histoires qui lui ont été soufflées par les génies des lieux.

J’ai eu la chance et l’immense honneur de rencontrer Pierre Dubois aux Imaginales en mai dernier. J’étais très intimidée par le personnage mais ai finalement découvert un Monsieur adorable, immensément cultivé et très espiègle. J’avais lu et aimé ses Contes de crimes quelques semaines avant le festival, et m’étais jurée de me replonger dans un ouvrage de l’auteur, si possible dans une œuvre encore plus proche des créatures peuplant notre imaginaire. L’occasion m’a été donnée grâce à Babelio lors de la dernière Masse critique, j’en profite donc pour remercier le site et Hoëbeke, la maison d’édition qui m’a fait parvenir Le Royaume du Nord et des Trolls.

Point de roman avec une intrigue ici mais plutôt un bel ouvrage à tendance encyclopédique qui revient sur une petite partie du folklore scandinave.
Après quelques pages introductives, le lecteur aura l’occasion de parcourir cinq grandes parties dédiées à cinq créatures et éléments différents : les trolls pour commencer, les huldres, femmes trolls et sorcières en deuxième partie, tout ce qui a trait à l’eau ensuite, les nisses, tomtes et petits domestiques et enfin une cinquième et dernière partie consacrée à Noël. Chacun de ces cinq chapitres se divisent sur le même modèle : une présentation en quelques pages, un ou deux contes en rapport avec la créature mise en avant et évidemment, énormément d’illustrations.

Pierre Dubois est un érudit qui semble toucher à tout et avoir des connaissances dans quasi tous les domaines. Moins « populaire » – malheureusement – que les autres mythologies, l’imaginaire scandinave ne nous est pourtant pas complètement inconnu, certains de ses éléments ayant parfois été repris dans des œuvres plus ou moins célèbres et trouvant souvent un écho dans d’autres folklores. L’auteur nous propose ici de revenir brièvement sur quelques créatures particulières, s’appuyant sur les croyances et les illustrations du siècle dernier, précisant les parallèles et différences existant entre les versions des pays voisins.
C’est particulièrement intéressant et instructif pour qui est curieux d’en savoir un peu plus sur le folklore scandinave mais par contre, j’avoue que quelques jours après ma lecture, je n’ai quasiment rien retenu. Ce n’est pas un ouvrage qu’on lit d’une traite, avec un début, un développement et une fin ; mais plutôt un livre dans lequel on va piocher quelques informations lorsque l’on peut en avoir besoin.
On peut également aller relire les quelques contes proposés ci et là, certains très classiques dans leur construction, d’autres moins marquants. Je retiens par exemple Le Grand troll et la forêt des trolls et Tomte de Rainette et Tomte d’Api qui m’ont tous les deux fait sourire. On retrouve l’enfant rusé des contes de notre enfance ou encore le lien très fort unissant le tomte (un petit domestique) à la maison et la famille qu’il sert (encore faut-il savoir combler sa gourmandise !).

John_Bauer03Mais plus que des textes explicatifs et des histoires, cet ouvrage rassemble surtout de nombreuses et magnifiques illustrations, notamment de Theodor Ketteler (spécialiste des trolls) et de John Bauer (qui offre de beaux paysages scandinaves), tous les deux illustrateurs de livres pour enfants à la fin du XIX / début du XXe siècle. Je n’avais même pas idée que de tels sujets de peinture pouvaient exister à cette époque et je suis donc ravie de voir que si, l’imaginaire était déjà bien présent et surtout, retranscrit en images.
On ne se lasse pas de tourner les pages de ce beau livre et de regarder, plus ou moins attentivement, chaque peinture proposée. La description donnée par les textes est alors plus ou moins respectée et si quelques petites choses diffèrent d’un illustrateur, d’un pays et donc d’une version à l’autre ; l’idée principale est bien présente. Méfiez-vous des belles jeunes filles aux tresses blondes, elles peuvent cacher une queue de vache sous leurs jupons !

Si vous souhaitez mettre un premier pied dans le folklore scandinave, en douceur et surtout en images, ce beau livre vous conviendra à merveille ; et pour les collectionneurs qui aiment les ouvrages de qualité, ce sera une nouvelle pièce à installer dans votre bibliothèque. Instructif et plus qu’agréable à parcourir, avec Le Royaume du Nord et des Trolls, Pierre Dubois nous dévoile une nouvelle facette de ses connaissances… et je ne souhaite qu’une chose dorénavant : lire tous ses autres écrits !

Illustration : signée John Bauer.

 


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[Bilan] Novembre 2014

bilan lectures novembre 2014 montage finalEn novembre, j’ai lu…

9 livres complets + 2 morceaux dont :

  • 2 « tome 1 » , 1 suite (le premier tome du Canon graphique car j’ai déjà lu le deuxième tome précédemment, donc ce n’est pas une nouvelle série) et 8 one-shot.
  • 7 romans (5 titres imaginaire, 1 polar, 1 romance contemporaine), 2 beaux-livres (pas vraiment des bd), 1 essai et 1 album pour enfants.
  • 4 SP, 3 emprunts et 4 livres rien qu’à moi (dont 1 relecture).
  • 2 lectures communes.
  • 1 livre sur la liseuse.
  • 4 petites maisons.

 

  • Pas de vrai beau coup de coeur en ce mois de novembre mais deux excellentes lectures qui confirment ce que je savais déjà : Agatha Christie est une grande Dame du crime, Le Meurtre de Roger Ackroyd le prouve une nouvelle fois ; et René Barjavel me séduit toujours malgré les relectures et les années qui passent, notamment avec sa Nuit des temps.
  • Quelques défauts mais rien qui n’entache vraiment le plaisir de la découverte avec Faërie de Raymond E. Feist (première lecture de cet auteur et c’est réussi), le premier tome d’Elvira Time de Mathieu Guibé (qui nous propose ici quelque chose de différent) et le premier volume du Canon graphique (qui revient sur les classiques de l’Antiquité au XVIIIe siècle). Difficile de noter un essai mais La Grande famine en Irlande a su m’intéresser (chose rare, je lis rarement des choses « sérieuses » !), condensant les informations les plus indispensables sur le sujet ; il ne sera par contre pas chroniqué.
  • Les trois suivants m’ont globalement plu mais m’ont parfois déçue par certains de leurs aspects : le premier tome de Bone Season de Samantha Shannon, Morwenna de Jo Walton et Carnet de bal de Mirjana Farkas.
  • Une île de Tracey Garvis Graves est la vraie déception du mois. Best-seller dont les mérites ont été vantés par plus d’un lecteur-blogueur, je suis tombée d’assez haut, pas du tout convaincue ni par le fond ni par la forme !
  • N’ayant parcouru qu’un tiers du Royaume du Nord et des trolls de Pierre Dubois je ne m’avancerai pas sur mes impressions… mais c’est plutôt positif pour le moment !

 

Contrairement à ce que je pensais, j’ai beaucoup lu en ce mois de novembre. Etonnant puisque le mois a été assez chargé avec la venue d’une amie et un salon du livre notamment… ce qui n’a pas été très propice à la lecture mais en parallèle, ayant été malade donc arrêtée par le docteur, j’ai loupé pas mal de cours de danse, ce qui m’a permis de rester chez moi et de bouquiner au lieu de sautiller. Les chiffres sont donc particulièrement en hausse en novembre mais je ne me fais pas d’illusions, je n’arriverai pas à faire pareil en décembre et à lire plus de 3350 pages (dont un peu moins de 600 avec des images).

Contrairement au mois dernier (encore une fois), je n’ai pas du tout avancé dans le challenge XIXe mais j’ai en revanche 3 titres à faire entrer dans le challenge irlandais ! Chacun son tour ! 🙂

♣ ♣ ♣

bilan acquisitions novembre 2014 montage finalLes cadeaux de mon anniversaire, un salon du livre, les bouquinistes avec une amie pas vue depuis longtemps… j’ai plein d’excuses pour justifier cet horrible +30 dans ma PAL. Et je ne suis même pas honteuse du résultat.

♣ ♣ ♣

Et voilà les deux tops habituels, le premier correspond aux chroniques les plus vues/lues depuis la création du blog (avec une nouvelle entrée impressionnante !) et le second à celles les plus vues/lues le mois dernier !

Depuis l’ouverture du blog :
 Le Manoir, T. 1 de Evelyne BRISOU-PELLEN () – 1062 vues
 La Voleuse de livres de M. ZUSAK (pas mal !) – 579 vues
 Le Journal de Bridget Jones, T. 2 de Helen FIELDING (beurk !) – 527 vues
La Dame pâle de Alexandre DUMAS (pas mal !) – 497 vues
 Pride & Prejudice (VO) de Jane AUSTEN (♥ ♥ ♥) – 485 vues

Le mois passé :
Le Manoir, T. 1 de Evelyne BRISOU-PELLEN () – 134 vues
La Dame pâle de Alexandre DUMAS (pas mal !) – 118 vues
Le Coin des Albums [4] (great !) – 116 vues
 Le Journal de Bridget Jones, T. 2 de Helen FIELDING (beurk !) – 81 vues
Morwenna de Jo WALTON (pas mal !) – 66 vues

Je ne pense pas pouvoir atteindre les 3000 pages en décembre (quoique…) donc je pars sur 2500 ! Rendez-vous début janvier pour le bilan du dernier mois de l’année 2014… et le gros bilan annuel ! 😉


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Les Contes de crimes de Pierre DUBOIS

les contes de crimes pierre dubois
Les Contes de crimes
de Pierre DUBOIS
Editions Hoëbeke
2000, p. 257

Première Publication : 2000

Pour l’acheter : Les Contes de crimes

Pierre Dubois, né le 19 juillet 1945 à Charleville-Mézières, est un auteur, scénariste de bande dessinée, écrivain, conteur et conférencier français à l’origine du regain d’intérêt pour les fées et le petit peuple en France. Passionné très tôt par la féerie et les contes, il devient illustrateur après de courtes études aux beaux-arts, puis rassemble des légendes locales qu’il restitue dans des chroniques à la radio et à la télévision durant plus de trente ans, ce qui lance sa carrière et rend sa passion publique. Il est l’inventeur de l’elficologie, ou « étude du petit peuple », comme d’un équivalent à l’étude des« fairies », bien qu’il s’agisse à l’origine d’une simple blague de sa part. Son premier album de bande dessinée en tant que scénariste est publié en 1986 et ne connaît qu’un succès d’estime. Depuis, il en sort un chaque année et continue à intervenir régulièrement à la télévision ainsi que dans des conférences, toujours dans l’univers des contes, du rêve et des légendes liées au petit peuple, qui sont devenus ses spécialités. (Wikipédia)

♣ ♣ ♣

Il était une fois, au temps où les princes n’épousaient plus des bergères mais se pacsaient aux bergers, des contes de fées noirs à souhait. Cendrillon est victime des pulsions sexuelles d’un prince héritier, la Belle au bois dormant, l’otage pathétique d’un époux déséquilibré. Derrière Peter Pan se cache un dangereux innocent, derrière le Petit Chaperon rouge une machiavélique enfant. Pour résoudre une série de meurtres, Blanche-Neige fait appel à un détective spécialiste des nains de jardin… Pierre Dubois se livre à une réécriture diabolique des contes ayant bercé notre enfance. Issus du mariage improbable de personnages de Grimm avec le roman policier, ces Contes de crimes font autant rire que frissonner…

Elficologue reconnu, Pierre Dubois est un personnage qui m’a toujours intriguée. J’ai profité de l’arrivée des Imaginales et de sa présence au festival pour caser la lecture de ses Contes de crimes qu’il me tardait de découvrir (oui, cette lecture remonte à quasiment un mois).
A travers dix contes plus ou moins connus, l’auteur revient sur quelques thèmes et figures intégrés à notre imaginaire collectif en y ajoutant le côté policier. Vous ne verrez plus jamais le Petit Chaperon Rouge et Cendrillon de la même façon !

Je pense qu’on ne peut pas vraiment parler de réécritures de contes – en tout cas pas pour l’ensemble des dix textes – car l’auteur reprend certes les figures que l’on connait depuis notre enfance, mais il les réutilise généralement dans des intrigues différentes. Certains éléments d’origine sont également repris : l’endormissement de la Belle au Bois dormant ou les sept nains de Blanche-Neige par exemple, mais ils n’ont plus grand chose à voir avec les contes que l’on connait bien.
Il y a tout juste assez pour faire le lien et permettre aux lecteurs de faire surgir de leur mémoire des images et par association des idées et des thèmes. J’ai pour ma part, généralement beaucoup apprécié la transposition de ces références dans un contexte globalement contemporain. Et même si les dix contes ne m’ont pas tous complètement convaincue, je suis dans l’ensemble très impressionnée par la qualité littéraire de chacun.

Pierre Dubois est avant tout un amoureux de la langue alors attention, accrochez-vous ! Dès la première nouvelle vous serez dans le bain : les phrases ne sont pas forcément tarabiscotées mais les mots employés sont souvent désuets (voire inconnus). On peut se sentir un peu perdu car ne pas comprendre chaque mot, chaque détail mais ce n’est, à mon sens, pas le but. L’important ici est plutôt de percevoir l’idée qui se cache derrière les formules un peu particulières et surtout, de se laisser porter par la mélodie de celle-ci. L’auteur accorde en effet une grande importance aux rythmes et aux sons de ses phrases, offrant ainsi des paragraphes très « chantants ».
Alors oui, ce parti pris entraine quelques passages un peu étranges et je comprends parfaitement que beaucoup de lecteurs n’adhèrent pas. On aime ou non le style de Pierre Dubois, il n’y a pas vraiment de juste milieu.

Pierre Dubois, Rencontres de l'imaginaire de Brocéliande 2013,L’amour passionnel est souvent au centre des intrigues et mène plus d’une fois au pire. Ce qui peut paraître redondant mais qui, finalement, fonctionne toujours très bien ! Je ne vous parlerai pas de tous les contes un par un, mais plutôt de ceux qui m’ont le plus marquée et qui m’ont paru les plus intéressants, que ce soit au niveau de l’intrigue et de sa chute ou de la forme.

  • La Belle au bois dormant. Première nouvelle du recueil, elle donne le ton : le désaccord conjugal est au centre du texte et le style particulier de Pierre Dubois est à son apogée. J’avoue d’ailleurs que j’ai eu un peu peur et ai cru ne pas réussir à entrer dans l’univers de l’auteur… et puis finalement, j’ai bien vite compris qu’il suffisait de se laisser porter par les mots sans chercher à tout décortiquer. J’ai eu l’impression d’entrer dans un petit cottage anglais, avec du thé, des petits gâteaux et Jessica Fletcher dans un coin. La chute m’a beaucoup plu.
  • Riquet à la houppe. Je ne connais pas le conte d’origine (il faudrait que je le lise un de ces jours) mais j’ai particulièrement aimé l’actualisation du contexte. Là encore, le couple (le triangle amoureux devrais-je dire) est au centre de l’intrigue et rythme l’aventure. Si l’on voit venir la chute assez vite (le nom du coupable et la situation finale), j’ai tout de même été ravie de parcourir ces quelques pages. C’est attendu mais ça marche d’enfer !
  • Rapunzel. Plus longue, ou en tout cas construite un peu différemment car séparée en plusieurs petits chapitres numérotés, cette nouvelle a réussi à me bluffer. Je l’avoue, lorsqu’il s’agit de trouver le coupable, le mobile et le comment-il-s’y-est-pris, je suis souvent à côté de la plaque. Et là, je me suis laissée berner et j’ai été ravie d’avoir le fin mot de l’histoire grâce à l’inspecteur Marmaduke Perthwee, personnage qui fait office de fil rouge entre plusieurs des contes. Savant mélange d’Hercule Poirot et Sherlock Holmes, cet agent de police porté sur les résolutions d’enquêtes étranges trouve la solution en se basant sur un solide sens de l’observation et de la déduction. Et ce n’est que lorsqu’il fait l’annonce du nom du coupable et de sa manière de procéder, dans les dernières lignes, que le lien le titre prend tout son sens.
  • Petite table couvre-toi. Là encore, je ne connais pas le conte originel, mais je suis curieuse de le lire à l’occasion. Je retiens surtout la construction un peu particulière de ce petit texte. Rédigé à la première personne du singulier, il dénote un peu par rapport aux autres et c’est au fil des paragraphes que le lecteur comprend qui est le narrateur et à qui il s’adresse. 
  • Le Petit Chaperon rouge. L’intérêt de cette réécriture réside dans l’inversion des rôles. Finalement, le « méchant » et le plus tordu n’est peut-être pas celui que l’on croit… le déroulement des évènements nous le prouve très vite et la chute conclut parfaitement cette idée. Amusante inversion.

Je me rends compte que j’ai très souvent été embarquée par ces petites intrigues qui, même si elles sont parfois un peu attendues, restent très plaisantes à découvrir. Certaines chutes font davantage mouche que d’autres, certains textes m’ont moins séduite (j’avoue avoir eu un peu de mal avec Peter Pan mais je pense que c’est essentiellement parce que je suis passée à côté, n’ayant pas réussi à tout saisir) mais encore une fois, dans l’ensemble, ça fonctionne. Pierre Dubois traite de sujets graves avec un certain humour et je me suis parfois surprise à sourire du malheur des personnages. Original et efficace !