Bazar de la Littérature


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[Bilan] Juin 2015

En juin, j’ai lu…

11 livres + 3 morceaux dont :

  • 7 nouvelles séries et 7 one-shot.
  • 7 romans (6 titres imaginaires et 1 roman para-austenien), 1 recueil de témoignages, 1 essai, 3 albums pour enfants et 2 BD.
  • 4 « petites » maisons d’édition.
  • 1 titre en VO.
  • 1 titre termine mon challenge Imaginales de cette année, 2 romans entrent dans le Challenge XIXe et enfin, 1 livre est issue de ma PAL d’été !

  • Trois coups de coeur ce mois-ci, notamment avec deux albums envoyés par les éditions courtes et longues : Fanfan et l’Heure bleue (avec un méga plus-plus pour ce dernier) et grâce au Premier de Nadia Coste qui m’a vraiment transportée. Le troisième album du mois, Fadoli, est également magnifique mais il m’a manqué un petit truc pour l’élever au rang des deux autres ; il est presque parfait… mais presque.
  • Dans des genres complètement différents, j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à parcourir De Darcy à Wentworth, le premier tome des Contes des Royaumes et le recueil Totems. L’Angleterre Regency, la réécriture des contes de fées et le témoignage de 15 personnes incarnant chacun leur peuple… de très bons moments !
  • Je place Le Voyage de Simon Morley un poil en dessous de ceux-là mais un poil au dessus de ceux qui suivront. Bien écrit, hyper immersif, thème intéressant et hyper bien traité… mais des longueurs qui m’ont parfois semblé interminables.
  • Les deux BD Calvin & Hobbes (le tome 17 apparemment) et La Survie de l’espèce m’ont toutes les deux fait sourire, la première assez largement. Malgré tout, aussitôt lues, aussitôt oubliées (ou presque). Quant à l’essai intitulé Les Femmes qui lisent sont dangereuses, je continue à adorer son titre et son thème mais à regretter la légèreté du traitement des oeuvres d’art.
  • Par le sang du démon, que j’avais seulement commencé le mois dernier, reste finalement ma seule « déception » du mois. Bien écrit et pas inintéressant mais pas une histoire qui a su me parler.
  • Quant à mes deux lectures en cours, à savoir La Fille de Belle et le manuscrit secret d’un auteur, je n’en suis qu’aux prémisses… alors je ne peux rien vous révéler encore. Le premier me promet de belles heures de franche rigolade (j’aime déjà beaucoup ce que je lis), le second va m’offrir un texte assez passionnant et hyper prégnant, j’en suis sûre !

Alors ce mois de juin ? Que dire… La routine est légèrement cassée par les sorties avec les copains et copines. On profite des terrasses au soleil bien que la canicule freine un peu mes ardeurs ces derniers jours (plus de terrasse mais des lieux climatisés !). Les journées se suivent et se ressemblent au boulot, ça traîne un peu en longueur cette année et j’attends très impatiemment le dernier jour (je vais malheureusement jusqu’au bout du bout). Toujours le footing (deux fois par semaine) que j’attends toujours avec une immense impatience (peut-être même plus que les vacances !). Vraiment, si je dois retenir un truc positif de juin, c’est ça. Je ne me serais jamais cru capable de courir plus de 3 minutes d’affilée sans m’effondrer et sans rechigner… mais non seulement j’arrive à courir 6 fois 4 minutes (avec une minute de marche rapide entre chaque) et en plus je termine vaillamment par un sprint (et même que je serais contente de faire quelques foulées supplémentaires). Inimaginable il y a quelques années, le sport fait entièrement partie de ma vie et je ne peux définitivement plus m’en passer (samedi matin on se lève aux aurores pour profiter de la fraîcheur et enfin ré-enfiler nos baskets !). J’ai bien cru que le cauchemar des voisins allait reprendre avec l’emménagement de la copine du voisin du dessus mais a priori, ça a l’air d’aller (je suis aux aguets mais j’essaye de me détendre et de ne surtout pas penser à ce qui se passe au dessus de ma tête !). Je me sens bien dans ce nouvel appartement que j’ai totalement adopté et dans lequel j’adore m’installer pour bouquiner avec de la musique en fond sonore. J’ai d’ailleurs définitivement adopté la folk dans mes playlists et je retourne avec plaisir vers les bo de films. Et pour finir sur une dernière touche personnelle positive : j’ai revu un ami de lycée hier… 10 ans depuis le dernier échange ! Et c’était très sympa de se remémorer quelques souvenirs.
Sinon, côté « littéraire »… le blog a fêté ses 9 ans le 4 juin dernier (un concours est encore en cours…). C’est un papy dinosaure mais il se sent bien. Bon moi je me sens un peu vieille et dépassée parfois mais je continue mon bout de chemin sans regarder autour de moi. Je fais à ma sauce et ne me mêle d’aucune histoire touchant la communauté (la blogosphère)… et je me porte bien. De toute façon, il vaut mieux car quand je vois certaines blogueuses lire 30 bouquins par mois, faire 3 vidéos par semaine, avoir 20 000 vues sur leur blog mensuellement… ça me dépite. Je me fais plaisir, je lis 6/7 romans par mois, je tourne une vidéo quand j’ai le temps, j’essaye de ne pas trop regarder les stats… et je me contente de mes quelques 2500 pages lues cette fois-ci encore (dont un peu plus de 500 avec des images – je compte l’essai dedans). Ce petit rythme de croisière me va bien… j’embarque pour le mois de juillet !

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+19 ! Comme d’habitude, beaucoup trop d’acquisitions (dont 10 services presse…), je suis un cas désespéré !

101 dalmatiens disney pinocchio disney

Et 2 petits dvd…

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Alors ce mois-ci, j’ai beaucoup beaucoup beaucoup moins varié niveau séries télé et films. Et j’ai regardé beaucoup de conneries. Ce qui monte l’ensemble à 82 épisodes (beaucoup de courts avec mon overdose de Joueur du grenier) et seulement 2 petits films.

L’Amour est dans le pré (oui oui, même pas honte) – Saison 10, épisodes 1 à 8
Cold CaseSaison 2, épisodes 12 à 23 + Saison 3, épisodes 1 à 7
Koh Lanta – 5 épisodes
Joueur du grenier – 45 épisodes
ElementarySaison 3, épisodes 20 à 24

+

La Vie est belle (qui m’a déçue, je m’attendais à vraiment beaucoup mieux) et Pour un garçon (qui m’a divertie sur le moment mais j’ai plus aucun souvenir 3 semaines plus tard !).

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Et les tops…

Depuis l’ouverture du blog sur WordPress (février 2013) :
 Le Manoir, T. 1 de Evelyne BRISOU-PELLEN () – 2093 vues
La Dame pâle de Alexandre DUMAS (pas mal !) – 1134 vues
Entre chiens et loups, T. 1 de Malorie BLACKMAN (pas mal !) – 931 vues
 La Voleuse de livres de M. ZUSAK (pas mal !) – 893 vues
 Le Journal de Bridget Jones, T. 2 de Helen FIELDING (beurk !) – 810 vues

Le mois passé :
Coeur de Highlander, T. 1 de Demi MCGOWAN (bof…) – 100 vues
Entre chiens et loups, T. 1 de Malorie BLACKMAN (pas mal !) – 83 vues
Le Manoir, T. 1 de Evelyne BRISOU-PELLEN () – 81 vues
Rois du monde, T. 1 de Jean-Philippe JAWORSKI (génial !) – 80 vues
Une Femme de Annie ERNAUX (pas mal…) – 72 vues

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Et 3 vidéos en juin (d’ailleurs j’attends vos retours 😉 ) :



Rendez-vous en août… je serai à la campagne ! 🙂

 

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Le Coin des BD [9]

Trois nouvelles bande-dessinées (ou séries) dans ce nouveau numéro et trois découvertes très positives. Je fais même de l’une d’entre elle un beau coup de coeur que je relirai régulièrement !

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HERITAGE D EMILIEL’Héritage d’Emilie, Tome 1 à 5 de Florence MAGNIN.
Dargaud, 2002 à 2008, 48 à 62 pages. Pour les acheter  : L’Héritage d’Emilie, Tome 1

Nous sommes dans les années 1920, à Paris.
Émilie, une jeune femme danseuse au Moulin-Rouge, reçoit une énigmatique lettre d’un huissier. Stupéfaite celle-ci apprend qu’elle hérite – d’un grand oncle mystérieux – d’un château situé en Irlande, dans le Connemara !
Mais que cache vraiment ce « cadeau » tombé du ciel ? Commence alors pour elle un fabuleux voyage dans le temps, sur ces terres celtiques que l’on dit sacrées…

Le Paris des années 20 et l’Irlande de l’ouest (Connemara), il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour me tenter. Prêtés par un collègue, j’ai lu ces cinq volumes voilà quelques semaines et espère bien avoir l’occasion de mettre le nez dans d’autres travaux de Florence Magnin ; son coup de crayon m’a conquise.
Le lecteur découvre Emilie l’héroïne alors qu’elle se fait virer du Moulin Rouge où elle dansait et poussait la chansonnette. Elle oublie bien vite sa peine, lorsqu’un notaire lui annonce qu’elle a hérité d’un vieux manoir dans le Connemara (en Irlande donc). Curieuse et n’ayant pas grand chose à perdre, elle se rend sur place pour voir de ses yeux de quoi il s’agit. En chemin, elle jette un œil au journal intime de son oncle, également compris dans le legs. Celui-ci raconte ses rencontres et découvertes mystérieuses alors qu’il errait en Irlande. Le manoir semble abriter l’entrée d’un passage vers un monde parallèle, mais où est-il, comment l’activer et surtout, que cache-t-il en son sein ?
l'héritage d'émilie tome 1 florence extrait planchemagninEmilie se retrouve embarquer dans cette aventure, entourée de plusieurs groupes de personnages qui ne lui veulent pas tous du bien mais qui ont tous quelque chose à gagner dans cette histoire. Je me suis sentie parfois un peu déboussolée entre toutes ces figures, ayant du mal à fixer le rôle de chacun, ne sachant pas toujours de quel côté (alliés ou ennemis) les situer. Les réponses apparaissent petit à petit au fil des tomes mais le voile de mystères n’est jamais totalement levé. J’ai laissé passer trop de temps entre chaque volume et avais la tête à beaucoup d’autres choses (je n’étais pas très concentrée) ; j’ai donc loupé certains points et éclaircissements. Il vaut mieux tout lire d’une traite, à mon avis !
Ce qui m’a le plus plu et marquée, c’est le contexte dans lequel prend place cette intrigue. Les deux premiers volumes (surtout le second d’ailleurs), sont très marqués par l’atmosphère irlandaise, par la présence du petit peuple derrière la brume. On perd ensuite un peu de cette matière avec l’introduction d’explications plus tournées vers la science-fiction. Ce n’est pas inintéressant, loin de là, mais le côté moins « magique » et plus « scientifique » me séduit moins.
Malgré tout, je dois avouer que Florence Magnin pourrait me raconter n’importe quoi, je serais tout de même sous le charme de ses illustrations. Colorées et pleines de détails (mais pas non plus trop fouillies), j’ai adhéré dès la première planche. Les figures sont posées dans des décors magnifiques qui témoignent bien de la beauté des paysages irlandais et elles prennent vie grâce aux expressions fortes (mais naturelles) des visages.
Un gros plus pour les deux premiers volumes (surtout le deuxième d’ailleurs) qui à eux seuls valent le détour. Je suivrai dorénavant attentivement le travail de Florence Magnin !

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lydie zidrou jordi lafebre dargaudcoupdecoeur

Lydie de ZIDROU et Jordi LAFEBRE.
Dargaud, 2010, 60 pages. Pour l’acheter : Lydie

Avez-vous déjà entendu parler de « l’impasse du bébé à moustache » ? Ne cherchez pas ce bout de rue sur un plan, vous perdriez votre temps ! Seuls Zidrou et Jordi Lafebre peuvent vous y conduire ! Les habitants de l’impasse, les « moustachus », partagent les joies et les peines du quotidien sous le regard d’une statuette de madone à l’enfant Jésus. Alors quand Camille, jeune femme simple d’esprit, perd sa petite Lydie tout juste née, tous les habitants la soutiennent. Ils sont solidaires à nouveau lorsque Camille leur annonce le retour miraculeux de sa petite fille. Mieux vaut un joli mensonge qu’une vilaine vérité, pensent-ils tous. Seulement qu’arrive-t-il quand la vérité reprend ses droits ?

Une amie vendait certaines de ses bd. Séduite par le visuel et convaincue par son « ça va te plaire », je me suis laissée tenter… et j’ai bien fait ! Ce volume est une petite pépite pleine de douceur et de bons sentiments qui redonne le sourire lorsqu’on en a besoin. Une bande-dessinée « doudou », si on peut dire !
En découvrant l’histoire de Camille, jeune femme perdant sa petite fille à la naissance, je me suis dit que « ça commençait bien ! » et que ça n’allait pas être très bon pour mon moral… Et puis finalement, au fil des planches, les lèvres s’étirent, le sourire s’accroche et on a presque envie de laisser couler quelques larmichettes de bonheur en tournant la dernière page. N’ayez donc pas peur de vous lancer dans cette lecture qui prend un tournant inattendu.
eCopy, Inc.L’histoire nous est racontée du point de vue d’une statuette (une Vierge à l’enfant), installée dans la cavité d’un mur de la rue. Témoin de tout ce qui se passe dans l’impasse, c’est avec un regard bienveillant que la statuette suit la destinée des personnages et notamment de cette jeune Camille, brisée par la perte de son bébé. Elle revient sur la difficile épreuve puis nous explique ensuite comment, grâce à leur bonté et leur simplicité, tous les habitants du coin vont permettre à la jeune femme de traverser cette épreuve. En effet, persuadée du retour de sa petite Lydie, Camille retrouve le sourire… mais personne ne voit l’enfant ! Pourtant, pour ne pas faire de peine à la maman, tout le monde va jouer le jeu et s’extasier devant ce nourrisson invisible. Les semaines, les mois et les années passent, Lydie grandit, choyée par sa mère et son grand-père, protégée par toute la communauté… Et je ne vous raconte pas le dénouement, je vous invite plutôt à y jeter un coup d’œil.
Les êtres humains peuvent faire preuve d’une immense bonté quand l’un d’entre eux est touché par le sort. J’ai aimé cet aspect, peut-être trop embelli (trop niais ?) pour certains, mais qui offre beaucoup d’espoir et plein de bons sentiments. J’ai beaucoup souri devant les vignettes présentant les voisins maladroits face à la situation et pourtant tellement volontaires et j’ai été terriblement touchée par le devenir de la jeune Camille auprès de sa jolie Lydie.
La belle histoire scénarisée par Zidrou est sublimée par les magnifiques illustrations signées Jordi Lafebre. J’ai tout aimé dans le coup de crayon ! Les expressions des figures, leur silhouette, le détail du décor… et surtout la colorisation qui reste dans des teintes grises/beiges/jaunes, à la façon d’un filtre « sépia » qui donne l’illusion d’un vieillissement naturel de l’image et un certain charme à l’ancienne que j’aime beaucoup.
C’est simple, authentique et terriblement émouvant… j’ai adoré et je conseille plus que jamais !

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matteo tome 1 jean pierre gibratMattéo, Tome 1 : Première époque (1914 – 1915) de Jean-Pierre GIBRAT.
Futuropolis, 2008, 63 pages. Pour l’acheter : Mattéo, Tome 1

Mattéo, d’origine espagnole, ne reçoit pas d’ordre d’engagement lorsque la guerre est déclarée. Mais, ses amis au front, il est pris de remords, et décide de franchir le pas. Sa mère tente bien de s’y opposer, mais que peut-elle face à l’Amour ? Il faut dire que Juliette, la belle fiancée, très patriotique, ne comprend pas le détachement de Mattéo, et elle le harcèle un peu. Guillaume, le fils du noble du coin, lui, est parti au combat, même s’il sert dans l’Aviation où les risques sont moindres.
Alors, de l’Est de la France où les combats font rage à l’Amour de Juliette, il n’y a qu’un pas. Le tout est de ne pas le faire en territoire allemand…

Autre bande-dessinée rachetée à mon amie et autre jolie découverte même si pour apprécier véritablement l’œuvre, il me faudra lire les volumes suivants, je pense.
Ce premier tome pose les bases de l’histoire et présente les différents personnages au lecteur. Comme le sous-titre l’indique, l’intrigue prend place au début de la Première Guerre Mondiale, alors que les hommes commencent à être appelés pour aller sur le front. Mattéo lui, ne reçoit pas l’ordre car d’origine espagnole, ce qui rassure beaucoup sa mère mais déçoit Juliette, la jolie jeune femme du coin, largement impressionnée par l’engagement des hommes, notamment celui du beau Guillaume.
Une intrigue qui met donc en avant les sentiments d’un jeune homme sur fond de guerre… mais le tout reste assez « léger » pour le moment. On suit les tergiversations de Mattéo sur plusieurs planches, amoureux transi de sa Juliette qui le regarde à peine, complètement sûr de lui lorsqu’il annonce qu’il part sur le front et finalement revenu sur terre lorsqu’il découvre l’horreur de la guerre des tranchées. On tourne les pages avec l’envie de savoir ce qu’il adviendra du héros (sortira-t-il vivant de l’enfer de la guerre ?) et s’il parviendra à ses fins avec la demoiselle mais il faudra lire les volumes suivants pour obtenir les réponses à nos questions.
tome 1 mattéo jean pierre gibrat figure julietteOutre l’intrigue amoureuse et le devenir de Mattéo (la vie du héros est au centre de la bande-dessinée), c’est aussi le contexte historique qui a son intérêt ici. C’est l’occasion de découvrir comment l’annonce de la Première Guerre Mondiale a été prise par les français, ce que pouvaient ressentir les jeunes hommes appelés à briller sur le terrain (l’envie de faire ses preuves puis la désillusion face à la barbarie réelle) et évidemment ce qu’ils ont pu vivre une fois sur place, laissant famille et amis derrière eux, bravant les attaques et supportant les pertes quotidiennes de leurs alliés.
Je ne suis pas entièrement convaincue par le fond, attendant de lire la suite pour me faire une meilleure idée de ce que vaut le scénario, mais je suis déjà complètement conquise par le coup de crayon de Jean-Pierre Gibrat, notamment en ce qui concerne les visages de ses figures et les couleurs utilisées, plus généralement. J’ai souri en découvrant le joli minois de Juliette qui n’est pas sans me rappeler celui de l’actrice Evangeline Lilly, que je trouve absolument sublime, notamment dans Lost. Bref, visuellement, ça m’a beaucoup plu.
Convaincue par la forme, je fouillerai dans les autres œuvres de Jean-Pierre Gibrat pour faire plaisir à mes mirettes ; pour le fond, j’attends d’avoir l’occasion de lire la suite pour me prononcer définitivement car pour le moment, c’est plutôt un volume d’introduction qui reste en surface. L’intérêt sera de voir l’évolution du héros au fil des années et des périodes historiques qu’il traversera.


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[Bilan] Septembre 2014

bilan septembre 2014 lecturesEn septembre, j’ai lu…

 

10 livres complets + 1 morceau dont :

  • 1 « tome 1 », 5 suites de séries et 5 one-shot.
  • 4 romans (3 titres imaginaire et 1 jeunesse), 2 recueils de nouvelles (imaginaire) et 5 bd.
  • 1 SP et 4 emprunts.
  • 4 petites maisons d’édition.
  • 1 livre sur la liseuse.

 

  • Ma plus belle découverte du mois revient à la bd Lydie qui m’a beaucoup touchée, dans le fond et dans la forme. Très belle histoire, très touchante !
  • Les trois derniers volumes de L’Héritage d’Emilie, le deuxième tome de Maeve Regan, le premier tome de Mattéo, le recueil A un sanglot de moi, tu reposes et l’autre recueil Montres enchantées m’ont tous beaucoup plu ! Ils ne sont pas parfaits mais, tous différents, ils méritent le détour !
  • Le deuxième tome du Club des Tongs et Génération A, pour le coup à l’opposé l’un de l’autre, m’ont également plu, l’un pour le divertissement, l’autre pour la réflexion et l’humour mais ont soit manqué de richesse ou au contraire possèdent quelques longueurs qui m’ont parfois dérangée.

Malgré un planning plus que chargé en ce mois de rentrée (36h hebdo au boulot, 4h hebdo de danse, les trop nombreux rendez-vous chez les docteurs [pour le check-up de rentrée], les sorties en famille et/ou entre ami(e)s, du bénévolat en salon du livre et tous les trucs chiants auxquels on ne peut pas couper [je cherche toujours un homme à tout faire !]…), je me débrouille pas si mal dans mes lectures. Bien sûr, ils sont loin les 30 romans dévorés par certains chanceux mais même quand je bossais à mi-temps, j’atteignais pas les 15 romans lus dans le mois (et de toute façon, ça ne me plaisait pas d’enchaîner les lectures sans prendre le temps de les savourer). Bref, malgré la vie qui passe à 100 à l’heure et l’impression de ne pas toucher terre (j’ai l’impression de payer un loyer uniquement pour héberger mon ordinateur, mes bibliothèques et mon lit sans pouvoir profiter d’aucun !), je n’oublie pas la lecture et je tente tant bien que mal de me faire plaisir (même si 40 SP – Service Presse – s’entassent sur ma table de nuit).
En septembre, c’est donc 2000 pages qui ont été tournées dont 280 de bandes-dessinées ! Aucune déception, beaucoup de suites de séries… très bon mois ! En octobre, certes j’avance dans mes lectures « obligatoires » mais je me tourne surtout sur des lectures un peu moins denses (de la romance par exemple et un peu plus de jeunesse si possible !).

Les trois derniers volumes de L’Héritage d’Emilie entrent dans le challenge irlandais… et je pense que je peux caser le recueil Montres enchantées dans le challenge XIXe (si si, je peux !).

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BILAN SEPTEMBRE 2014 ACQUISITIONSL’image parle d’elle-même… Plus de 30 entrées dans ma bibliothèque ce mois-ci (et je ne vous parle pas des 4 nouveaux cd de ma cdthèque !) mais seulement un tiers correspondent à des achats, les autres sont des trocs ou des partenariats (dont beaucoup d’albums pour les tout petits !). J’ai du boulot en octobre (et les 10 prochaines années) ! -_-

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Comme le mois dernier, voilà deux tops, le premier correspond aux chroniques les plus vues/lues depuis la création du blog et le second à celles les plus vues/lues le mois dernier !

Depuis l’ouverture du blog :
 Le Manoir, T. 1 de Evelyne BRISOU-PELLEN () – 829 vues
 La Voleuse de livres de M. ZUSAK (pas mal !) – 492 vues
 Pride & Prejudice (VO) de Jane AUSTEN (♥ ♥ ♥) – 457 vues
 Brida de Paulo COELHO (bof !) – 415 vues
 Mort sur le Nil de Agatha CHRISTIE (pas mal !) – 409 vues

Le mois passé :
Divergente, T. 3 de Veronica ROTH (bof !) – 78 vues
Il était une fois, T. 5 de Eloisa JAMES (pas trop mal !) – 53 vues
Nos étoiles contraires de John GREEN (pas trop mal…) – 49 vues
Le Manoir, T. 1 de Evelyne BRISOU-PELLEN () – 48 vues
La Voix de la Meute, T. 1 de Gaia GUASTI (super !) – 44 vues

Et si je visais les 2500 pages lues pour le mois prochain ? On y croit !


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Le Coin des BD [7]

Voilà un petit moment que je n’avais pas fait de retours sur mes lectures BD…
j’espère que ça vous plaira ! 😉

(Vous pouvez agrandir les images en cliquant dessus, comme d’hab’ !)

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bookhunter jason shiga cambourakisBookhunter, Jason SHIGA.
Editions Cambourakis, 2008, 148 pages. Pour l’acheter : Bookhunter

Bookhunter est un véritable polar, une enquête haletante, scientifiquement menée, qui a pour objet… la traque d’un voleur et faussaire de livre ! Pour récupérer l’incunable dérobé, la fameuse police des bibliothèque ne recule devant rien et déploie des moyens impressionnants. Au fil des investigations de l’agent Bay et sa petite équipe, c’est toute la vie secrète d’une bibliothèque qui nous est révélée. De nombreuses scènes d’actions, dignes des meilleurs films du genre, ponctuent cet album original et drôle, on ne peut plus décalé. Cette savoureuse parodie est tirée d’un fait divers réel – même si Jason Shiga exagère légèrement, en imaginant un monde où le livre constituerait le bien le plus précieux…

Lu il y a plusieurs semaines maintenant, je continue doucement mais surement ma découverte du fonds BD de la bibliothèque. Et quoi de mieux qu’un livre… parlant de livres dans une bibliothèque !
Si les premières planches semblaient très prometteuses, aussi bien au niveau de l’intrigue et de l’humour mis en place qu’au niveau des illustrations ; j’avoue que l’ensemble s’essouffle un peu au fil des chapitres et j’ai terminé ma lecture plus mitigée que je ne l’avais commencée.
bookhunter extrait plancheSur fond d’enquête scientifique un peu à la sauce Experts ou Esprits criminels (carbone 14 et compagnie) pour résoudre le vol d’un ouvrage de valeur, Jason Shiga en profite surtout pour nous offrir l’envers du décor des bibliothèques : de la banque de prêt à l’équipement des ouvrages en passant par les recherches du côté des compactus des magasins et autres archives… L’auteur/illustrateur revient sur les détails qui font le quotidien des bibliothèques, vocabulaire technique à l’appui (ah les puces RFID…), ce qui ne peut que faire sourire les professionnels et autres amateurs du métier mais qui peut peut-être embrouiller les autres ? En feuilletant les planches, on se souvient d’anecdotes qui se sont vraiment déroulées et on en vient presque à se dire qu’une police des bibliothèques, pour aller récupérer les livres directement chez les voleurs, ce serait peut-être pas si mal !
Malheureusement, comme je le disais un peu plus haut, le texte s’essouffle et lasse. L’humour un peu décalé des premières pages s’évanouit et même si l’intrigue est rythmée par des scènes de courses poursuites de haute voltige, le soufflet est définitivement retombé. Dommage !
Quant aux illustrations rehaussées par l’utilisation de teintes sépias, je reste assez sceptique. Le côté dessins « enfantins » (traits assez secs plus approximatifs que réalistes) mais destinés aux adultes (un peu à la South Park) ne me séduisent qu’assez peu. Cela dit, ils ont le mérite d’être clairs, percutants et servants bien l’intrigue ; en l’occurrence, ici, on n’avait pas besoin de plus.

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david prudhomme la traversee du louvre

La Traversée du Louvre, David PRUDHOMME.
Editions Futuropolis, 2012, 80 pages. Pour l’acheter : La Traversée du Louvre

Prudhomme déambule dans les salles du Louvre. Il a l’impression d’être dans les cases d’une bande dessinée géante. Lui-même est en train d’inventer la sienne sur le Louvre. Ce sera une histoire muette ! Car il y a surtout à voir, et même si presque toutes les langues du monde y sont en visite, elles s’y croisent en silence.
Prudhomme décide de se faire le musée au pas de course et d’observer, non pas les œuvres exposées, mais ceux qui les regardent, les photographient.

Cette BD, et la suivante, s’inscrivent dans un projet commun : le Louvre et de grands illustrateurs se sont associés afin de présenter le musée d’une façon nouvelle, plus ludique et distrayante. Pour ce faire, David Prudhomme, Enki Bilal ou encore Etienne Davodeau (avec son Chien qui louche présenté dans un précédent numéro du Coin des BD), nous proposent des ouvrages, parfois plus proches du beau livre illustré que de la BD, parfois plus proches des visiteurs du Louvre que des œuvres exposées.

traversée du louvre prudhomme futuropolis plancheLa Traversée du Louvre part d’un postulat de départ simple : David Prudhomme visite le Louvre avec sa femme, tous deux sont soudainement séparés par inattention et cherchent ensuite à se retrouver dans les dédales du musée. Commence alors une déambulation sans queue ni tête pour le héros, téléphone vissé à l’oreille ou à la main, observateur de la faune locale à travers les différentes salles qu’il traverse. Jeune ou vieux, homme ou femme, amateur d’art ou visiteur lambda, français ou étranger… le visiteur est décortiqué, roi du musée sans lequel le Louvre ne serait pas ce qu’il est, le visiteur est le véritable héros de l’histoire et devient à son tour, spectacle plutôt que spectateur.
J’ai beaucoup aimé cette approche « inversée » qui offre une nouvelle dimension aux lieux et donne envie de revisiter le musée avec un œil différent. Les bulles sont rares, une voix off guide parfois l’aventure mais finalement, ce qui prime c’est le visuel et le lecteur n’a pas besoin de mots pour apprécier la visite proposée. Chaque vignette, rehaussée de couleurs douces, offre une perspective nouvelle : œuvres reproduites en fond, visiteurs au premier plan (i-phone à la main, appareil photo brandi, moue désabusée, sourire extasié…). Les planches défilent, les salles visitées sont de plus en plus nombreuses, les visiteurs croisés se multiplient… mais le plaisir de la visite ne s’essouffle pas.
Je n’ai pas toujours apprécié la façon dont David Prudhomme a croqué les visiteurs, en revanche, je salue le travail de reproduction des œuvres et surtout, de colorisation de l’ensemble. La Traversée du Louvre donne envie de déambuler dans le musée, rien que pour ça, c’est une réussite !

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les fantomes du louvre enki bilalLes Fantômes du Louvre, Enki BILAL.
Editions Futuropolis, 2012, 144 pages. Pour l’acheter : Les Fantômes du Louvre

Ils hantent les couloirs du musée du Louvre… ils sont morts depuis longtemps, souvent de manière violente… ils sont légionnaire romain, muse, peintre, officier allemand… ils ont croisé un jour un peintre, un sculpteur, leur modèle…
Enki Bilal les a croisés, errants dans les couloirs du Louvre, a proximité de l’œuvre qui a fait basculer leur vie : la Joconde, la Victoire de Samothrace, un Christ couché, un masque égyptien…

Comme La Traversée du Louvre présenté juste au dessus, Les Fantômes du Louvre s’inscrit dans le même projet : proposer une visite inhabituelle du musée. Et c’est pour moi une belle réussite, plus innovante et surprenante que le précédent.
Enki Bilal a passé de nombreuses heures dans les salles du Louvre et a ainsi pris des centaines de photographies. Après un tri, il a sélectionné 22 d’entre elles et s’est concentré sur celles-ci : il en a fait resurgir 22 fantômes et les a superposés sur les photos des 22 œuvres différentes. Outre ce travail « plastique », l’illustrateur s’est également inventé auteur puisqu’il a créé une biographie pour chacun des 22 fantômes…
fantomes du louvre enki bilal futuropolis plancheA travers quelques courts paragraphes, il nous offre des instants de vies tragiques, des morts subites. Peu de mots mais des mots bien choisis (brèves descriptions physiques, âge, situation familiale…) pour nous emmener auprès de ces personnages hors du commun, figures ayant vécu à des centaines d’années d’intervalle les unes des autres. Certaines biographies sont plus marquantes que d’autres, d’autres semblent plus crédibles (on en vient même à se demander si Enki Bilal n’aurait pas utilisé quelques sources réelles, en tout cas en ce qui concerne les œuvres les plus récentes) mais dans l’ensemble, ça fonctionne vraiment très bien.
Les œuvres ainsi mises en scène et romancées paraissent humanisées et nous ouvrent les yeux sur tout le passé et l’histoire qui englobent chacune d’entre elles. Encore une fois, grâce à cette collection, je ne regarderai plus les œuvres d’un musée (notamment du Louvre) de la même façon !
Quant au coup de crayon d’Enki Bilal, que je découvrais pour l’occasion, je ne suis pas entièrement convaincue (peut-être à cause d’un côté un peu répétitif entre les 22 fantômes qui semblent tous se ressembler… cela dit, est-ce que les fantômes sont bien différents ?) mais suis assez curieuse de feuilleter d’autres travaux de l’auteur/illustrateur car c’est je pense, un style qui pourrait totalement me séduire et me convenir ! Par contre, c’est seulement pour l’occasion ou il aime bien le bleu ? 🙂
Une BD (qui n’en est pas vraiment une puisqu’il n’y a pas d’intrigue générale développée sur des planches basiques habillées de vignettes et bulles mais des pleines pages d’illustrations accompagnées de quelques paragraphes explicatifs ; on peut davantage parler de « beau livre » à mon avis) qui propose une vision nouvelle et surprenante des œuvres exposées au Louvre. Intéressant et vraiment pas mal mis en scène !


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Le Coin des BD [5]

Après les biographies illustrées d’écrivains, je me suis tournée vers des bandes-dessinées traitant de sujets plus « contemporains », ayant envie d’un peu plus d’actualité voire de fraicheur. Mes dernières incursions n’ont pas toutes été des réussites mais dans l’ensemble, cela reste plutôt positif.

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premières chaleurs intégrale jp peyraudPremières chaleurs. L’intégrale de Jean-Philippe PEYRAUD.
Casterman, 2011, 244 pages. Pour l’acheter : Premières Chaleurs, Intégrale

Delphine, Nina, Abie (sa demi-soeur), Véro, Nini (enceinte de Globule), Charlotte (qui vient de quitter Gaby), Gaby, Marco, Jean-Bath : voilà une sympathique bande d’amis, trentenaires et parisiens.
L’appartement des filles est transformé en salon de coiffure.
Abie, Véro, Nina et Delphine (en voix off par haut-parleur de téléphone) papotent. Tous les sujets y passent : la rupture entre Charlotte et Gaby, les pubs avec des filles à poil, les magazines pour hommes, le fils exhibitionniste de la voisinne d’en face, la liaison sans espoir de Nina avec son patron, les yaourts à 0% et le play-boy du 6 ème…
Côté garçons, c’est du même cru, au rythme d’une petite virée et d’une cuite chez Nini et Globule : le premier baiser, le désir ou non de paternité, la rupture entre Gaby et Charlotte.

En ouvrant cette intégrale, je m’attendais à découvrir les aventures d’une bande d’amis parisiens, un peu dans le genre de Friends, mais en France. On peut effectivement rapprocher la vie de ces jeunes adultes à celles des six New-yorkais, les éclats de rire et l’empathie en moins, à mon avis.
planche premières chaleurs peyraudLe couple de futurs parents, les demi-sœurs d’origines différentes, l’éternelle célibataire obsédée par son poids, le couple qui bat de l’aile, les amoureux qui se voient en secret… Autant de situations que de personnages… c’est trop pour le lecteur (en tout cas pour moi). Je me suis très très vite sentie perdue entre toutes ces personnalités, notamment masculines car même si le dessin permet une différenciation, je ne l’ai pas trouvée assez prononcée. Cela dit, je n’étais pas non plus très concentrée et pas vraiment désireuse de scruter le moindre détail de la coupe de cheveux de ces messieurs pour pouvoir reconnaître qui est qui. C’est beaucoup plus net du côté des filles, à mon goût mais il est peut-être plus facile de proposer plus de coupes de cheveux et tenues différentes pour ces demoiselles. Bref, tout ça pour dire que face au nombre important de figures mises en scène ici, j’étais larguée et j’ai eu du mal à intégrer la place et le rôle de chacune.
Outre cette première difficulté, l’affluence de personnages m’a empêché de m’attacher à eux. Certaines scènes, certains passages sont amusants et émouvants, je me suis même parfois reconnue dans certaines situations, mais je suis globalement restée étrangère au quotidien de ce grand groupe d’amis.
Enfin, et c’est là que je place ma plus grosse déception, la fin ne me paraît pas en être une. J’ai beaucoup de mal avec les fins ouvertes généralement et là, elle m’a paru tellement ouverte qu’après avoir tourné la dernière page, j’ai du faire des recherches pour voir si un sixième tome existait. J’étais vraiment persuadée qu’il y avait une suite. Mais non, rien du tout et a priori rien de prévu (le cinquième tome commence à dater donc je pense qu’on peut définitivement faire une croix sur un tome 6).
En revanche, et pour terminer sur une note positive, j’ai bien aimé le coup de crayon et la colorisation. Le rendu me semble agréable à l’œil, c’est frais et plutôt dynamique, dans l’air du temps.

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le chien qui louche davodeau bdLe Chien qui louche d’Etienne DAVODEAU.
Futuropolis, 2013, 135 pages. Pour l’acheter : Le Chien qui louche

Fabien est surveillant au Louvre. Il aime son métier. Il aime aussi Mathilde. Celle-ci le présente à sa famille, dans la vaste maison de campagne près d’Angers. Non sans appréhension, car le clan Benion est un peu spécial. Il y a son père, Louis, qui est à la tête depuis 1975 de l’entreprise familiale de meubles, fondée en 1947, et ses deux frères, Maxime, l’aîné, et Joseph. Ils ne sont pas méchants, plutôt maladroits et ont un humour qui n’est pas forcément subtil. Le fait que Fabien travaille au Louvre est une coïncidence bienvenue, puisqu’ils viennent de retrouver au grenier, le tableau d’un aïeul, peint au XIXe siècle. C’est une affreuse toile représentant un pauvre clébard qui louche. Que vaut le travail de l’ancêtre ? demandent les Benion. Est-ce une croûte ou un chef-d’œuvre ? Fabien, bien emmerdé, botte vaguement en touche. Alors, pour les Benion, la cause est entendue, tant que l’inverse n’est pas prouvé, nul doute que le tableau ait sa place sur les cimaises du musée du Louvre !

Une des dernières bande-dessinées arrivées à la bibliothèque, je me suis pratiquement jetée dessus dès sa mise en rayon. Et je ne regrette pas car, même si ce n’est pas extraordinaire, j’ai passé un excellente moment, divertissant mais pas que. Je vais surveiller Davodeau d’un peu plus près !
planche chien qui louche davodeauUn homme gardien au musée du Louvre, quel rapport avec le titre – Le Chien qui louche – ? Eh bien cet employé modèle va voir son petit quotidien pépère changer après avoir fait la connaissance de sa belle-famille. Belle-famille qui peut paraître un peu caricaturée (et je ne dis pas le contraire) mais qui m’a quand même arraché quelques sourires. On n’est pas loin de la famille Bidochon, pour résumer. Peut-être pas très futés que les membres du clan Benion, mais ils soulèvent tout de même une question intéressante : comment et par qui sont choisies les œuvres exposées au Louvre ? Est-ce que le tableau de Monsieur Dupont, peintre du dimanche, a moins sa place qu’un Leonard de Vinci ? Pourquoi ? Parce que le second est mondialement célèbre alors que le premier n’a pas les ficelles et les relations qu’il faut ? Parce que nous n’avons pas assez de recul sur l’œuvre de Monsieur Dupont ? Qu’est-ce qui fait qu’une œuvre mérite d’entrer au Louvre ? Sa beauté ? Et dans ce cas, qu’est-ce qui est beau ? Qui définit le Beau ? Vous la trouvez belle vous La Joconde ? Pourquoi un Chien qui louche ne pourrait-il pas être installé dans une des salles de ce musée ?
J’ai aimé trouver la réflexion derrière la comédie légèrement franchouillarde et caricaturale parce que c’est ce que je préfère lorsque je lis un ouvrage (bande-dessinée ou roman, c’est la même chose) : réfléchir et/ou apprendre deux ou trois trucs tout en ayant un fort aspect divertissant. Lire un essai de 300 pages de Panofsky va m’endormir mais parcourir une bande-dessinée comme Le Chien qui louche va réveiller en moi quelques questions. Bien sûr, la réflexion est ici limitée mais loin d’être dénuée d’intérêt. Bref, ça me plaît.
J’ai, qui plus est, particulièrement apprécié le coup de crayon de Monsieur Davodeau. La bd précédemment présentée était colorisée, toutes les planches sont ici en noir et blanc… mais c’est très appréciable car permet de se focaliser davantage sur les détails. Et les détails, il y en a un paquet, surtout lorsque le Louvre nous ouvre ses portes. Des décors muraux aux œuvres exposées, l’illustrateur ne laisse rien passer. J’ai, enfin, bien aimé les silhouettes toutes en courbes des différents personnages. C’est généreux, à mon goût.
Un fond léger mais pas que, habillé d’un visuel travaillé et très agréable à parcourir. Je conseille.

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coupdecoeur

nex-york-trilogie-eisnerNew York. Trilogie, Tomes 1 à 3 de Will EISNER.
Delcourt, 2008, 144, 167 et 112 pages. Pour l’acheter : New York Trilogie, Intégrale

L’avenue C connecte l’east side au west side de la « grosse pomme », surnom affectueux que donnent les new-yorkais à leur ville. Un canal au milieu d’une mer de béton. Entre les deux, une grille d’aération se fait le spectacle de bien des scènes e la vie quotidienne, et le réceptacle de nombreuses offrandes involontaires. Une bague refusée par une jeune femme… une pièce de monnaie… le couteau d’un tueur des rues… Un véritable trésor pour deux gamins qui récupèrent le tout à l’aide d’une ficelle et d’un chewing-gum. Le quartier de Brooklyn est également célèbre pour ses perrons, servant tantôt de gradins, tantôt d’escaliers, tantôt d’estrades… De même, les lampadaires, les bornes à incendie, les poubelles, les boîtes aux lettres, les feux tricolores (…), sont souvent détournés de leurs rôles initiaux. Les scènes de la vie quotidienne alimentent aussi les journées des voisins d’immeuble ou les couloirs des métros, sous l’asphalte. Des inconnu(e)s s’y côtoient, s’y entassent et supportent ou fantasment sur la faune bigarrée qui s’y déverse. Dans le bruit ou la musique, New-York vibre de mille façons…

Plusieurs personnes dans mon entourage sont fascinées par les Etats-Unis et notamment par la ville de New York… ce qui n’est absolument pas mon cas. Trop de monde, trop de bruit, trop de pollution, trop de stress, trop de trop. Alors pourquoi avoir emprunté cette trilogie ? Ce sont les illustrations des trois couvertures qui m’ont intriguée et séduite. Et j’ai bien fait de sauter le pas car j’envisage maintenant d’acquérir l’intégrale pour l’ajouter à ma propre collection.
immeuble eisner new york trilogieWill Eisner revient sur le quotidien de cette grande ville, véritable fourmilière sans cesse en activité. Il choisit quelques personnages et dépeint tantôt rapidement un mini-épisode du quotidien, tantôt l’aventure d’une vie résumée sur une poignée de planches. Qu’elles m’aient fait sourire ou m’aient émue, chacune de ces – plus ou moins longues – aventures a su me toucher. Pendant quelques (dizaines) de minutes, chaque individu sort de la masse pour devenir un personnage unique. J’ai franchement ri aux mésaventures subies dans le métro bondé (même si Lyon ne peut être comparé à New York, les métros bondés et toute la faune qui y évolue, on connait !), j’ai aimé découvrir les quatre vies qui ont gravité autour d’un vieil immeuble avant (et après) sa démolition, j’ai été touchée par le devenir de ces deux jeunes couturières prisonnières du feu… Autant d’histoires, de peintures, de souvenirs… que de personnages.
J’ai cru lire à plusieurs reprises que les critiques reprochaient à Will Eisner un aspect trop larmoyant. Ce n’est évidemment pas joyeux mais plus que larmoyant, j’ai trouvé l’ensemble très juste, authentique. Et particulièrement marquant. Je serais vraiment très heureuse de pouvoir relire l’intégrale, à l’occasion (d’où mon envie de la faire entrer dans ma bibliothèque).
Encore une fois, l’auteur-illustrateur fait le choix du noir et blanc. Et vraiment, j’adhère. J’ai trouvé les illustrations magnifiques, qu’elles soient de taille réduite dans les vignettes ou que l’on puisse en profiter en pleine page. Les jeux d’ombre et les détails sont sublimes. Un trait de génie, à mon humble avis !