Bazar de la Littérature


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[Bilan] Décembre 2014

BILAN LECTURES DECEMBRE 2014En décembre, j’ai lu…

14 livres complets + 3 morceaux dont :

  • 1 premier tome, 4 suites de séries et 12 one-shot. Alors là, je m’auto-congratule !
  • 9 romans (3 titres imaginaires, 3 policiers, 2 romances historiques dont une para-austenienne et 1 roman contemporain), 4 albums pour enfants, 3 « beaux-livres » et 1 bd. Je varie de plus en plus. 🙂
  • 8 SP, 3 emprunts et donc seulement 6 livres rien qu’à moi… ça ne va pas du tout !
  • 1 lecture commune.
  • 1 livre en VO.
  • 4 titres découverts sur ma liseuse.
  • 4 « petites » maisons.

 

  • Deux coups de coeur en décembre. Le premier pour un album que j’adore et dont je ne me lasse pas : La Moufle, le deuxième pour ma relecture en vo du troisième tome d’Harry Potter (je n’ai lu qu’un tiers pour le moment mais je sais déjà que comme lors de mes premières lectures en français, je vais adorer !). Deux valeurs sûres finalement !
  • J’ai été très très très agréablement surprise par Enquête d’identités (que j’ai trouvé très bien mené !), par Edenbrooke (qui m’a beaucoup touchée !) et par Trois souris… (une petite nouvelle d’Agatha Christie en huis-clos).
  • J’ai aimé les lectures suivantes mais leur ai trouvé des défauts : Le Royaume du Nord, le troisième tome du Canon graphique, le premier tome de Victorian Fantasy, Mr Pan, Combien de terre faut-il à un homme ?, Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon, le deuxième tome des Etoiles de Noss Head et No et moi.
  • Divertissants mais sans plus pour Québec Land (que l’on apprécie vraiment que si l’on a vécu au Québec, je pense) et pour Elizabeth Darcy (dans lequel je n’ai pas vraiment reconnus les personnages que j’aime tant !).
  • La grosse déception du mois revient au troisième tome de Night School que j’ai trouvé assez inutile et donc longuet.

 

Grâce au week end à 1000 et aux vacances, j’ai pu me poser pour lire sans trop culpabiliser. J’ai donc enchaîné les titres, savourant avec plaisir la plupart d’entre eux. J’espère que l’année 2015 sera sur le même modèle ! 🙂 En décembre, j’ai donc lu près de… 3900 pages (dont 1000 avec des images). Waouhhhhh ! ça ne m’était pas arrivée depuis des mois, pourvu que ça dure ! 

Aucun livre n’entre dans le challenge irlandais cette fois-ci, par contre, j’ajoute 3 titres au challenge XIXe (des romances) ! 🙂

♣ ♣ ♣

 

BILAN ACQUISITIONS DECEMBRE 2014Peu d’acquisitions ce mois, et seulement les trois achats obligatoires à France Loisirs. Si j’avais pu prendre exemple toute cette année sur ce bilan, mes bibliothèques ne déborderaient pas à la veille de 2015 !

 

BILAN ACQUISITIONS DVD DECEMBRE 2014Par contre je me suis un peu laissée aller côté dvd… 8 achats impulsifs, 2 cadeaux de Noël. Il va falloir que je repense le rangement de ma dvdthèque, parce que là aussi, c’est complet de chez complet !!!

 

♣ ♣ ♣

 

Et voilà les deux tops habituels, le premier correspond aux chroniques les plus vues/lues depuis la création du blog et le second à celles les plus vues/lues le mois dernier !

 

Depuis l’ouverture du blog :
 Le Manoir, T. 1 de Evelyne BRISOU-PELLEN () – 1209 vues
 La Voleuse de livres de M. ZUSAK (pas mal !) – 615 vues
 Le Journal de Bridget Jones, T. 2 de Helen FIELDING (beurk !) – 600 vues
La Dame pâle de Alexandre DUMAS (pas mal !) – 587 vues
 Pride & Prejudice (VO) de Jane AUSTEN (♥ ♥ ♥) – 509 vues

Le mois passé :
Le Manoir, T. 1 de Evelyne BRISOU-PELLEN () – 141 vues
 Le Royaume du Nord et des Trolls de Pierre DUBOIS (très beau à feuilleter !) – 89 vues
La Dame pâle de Alexandre DUMAS (pas mal !) – 85 vues
 La Nuit des temps de René BARJAVEL () – 73 vues
 Le Journal de Bridget Jones, T. 2 de Helen FIELDING (beurk !) – 71 vues

 

 

En janvier, je ne place pas la barre trop haut. Parce que rentrée oblige, j’aurai plein de trucs à faire. Et je me suis inscrite à quelques concours de bibliothèque (sans aucune conviction), je vais donc devoir plancher un minimum sur la méthodologie histoire de ne pas rendre copie blanche début février. Mais j’y vais vraiment pour dire que j’y vais (sur un malentendu, on sait jamais…). Donc je pars sur 2000 pages lues en janvier (j’espère exploser le score !).  

 

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Night School, Tome 3 : Rupture de C. J. DAUGHERTY

night school 3 rupture c j daugherty collection r
Night School,
Tome 3 : Rupture
de C. J. DAUGHERTY
Robert Laffont (Collection R),
2013, p. 396

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Night School, Tome 3

C. J. Daugherty avait vingt-deux ans quand elle a vu un cadavre pour la première fois. Bien qu’elle ait cessé de rapporter des faits divers tragiques dans les journaux afin d’éditer des livres de voyage, elle n’a jamais perdu sa fascination pour ce qui conduit certains individus à commettre des actes horribles. Et pour le genre de personnes qui essaient de les arrêter. La série Night School est le fruit de cette fascination.

 Night School, Tome 1 Tome 2 

♣ ♣ ♣

Inconsolable depuis la mort de son amie et sous la menace constante d’un espion qui rôde incognito à Cimmeria, Allie Sheridan accuse le coup. Et elle n’est pas la seule à perdre les pédales ; tout semble s’effondrer autour d’elle : amitiés, amours et certitudes. Alors, quand Nathaniel commence à abattre ses cartes maîtresses, Isabelle, la directrice elle-même, ne sait plus que faire. L’école sombre peu à peu dans les sables mouvants de la paranoïa et de la suspicion, tous les étudiants sont dorénavant considérés comme coupables jusqu’à preuve du contraire. Il n’y a plus de présomption d’innocence qui tienne et n’importe qui peut désormais être détenu sans procès. Plus personne ne peut se cacher. Cette fois-ci, Nathaniel n’a plus besoin de leur faire du mal ; les occupants de Cimmeria s’en chargent très bien tout seuls…

/!\ Attention, risque de spoilers sur les deux tomes précédents ! /!\

J’ai adoré le premier tome, j’ai été relativement déçue par le deuxième mais étais confiante, la suite serait à la hauteur… Eh bien, malheureusement non. Ce n’est pas de gaieté de cœur que j’en viens à cette conclusion, mais plus les tomes passent moins la qualité est au rendez-vous pour cette saga pour laquelle j’avais pourtant beaucoup de tendresse au départ.
Ce troisième tome m’a ennuyée quasiment du début à la fin, je n’y ai pas trouvé grand intérêt et encore moins beaucoup d’utilité. Je pense qu’au lieu de s’étendre sur cinq volumes, la saga aurait gagné à être condensée sur trois, cela aurait été, à mon avis, très suffisant. A moins que les deux derniers tomes soient très denses et que chacune de leurs pages soient tout à fait indispensables… j’attends de voir puisque oui, maintenant que j’ai commencé, j’irai au bout. Et puis bon, j’ai quand même envie de savoir qui est la taupe dans cette satanée école !

Le plus gros reproche que l’on pourrait faire à ce troisième opus c’est qu’il ne se passe rien, ou pas grand-chose. Allie se remet difficilement de la mort de sa meilleure amie, voudrait faire cavalier seule et aller la venger mais se rend compte qu’elle est impuissante, mieux vaut opérer en groupe. Quelques élèves de l’école se rassemblent donc dans l’idée de résoudre l’affaire : qui est la taupe dans l’école qui informe Nathaniel ? Faisant front contre les adultes de Cimmeria (la directrice et les professeurs), Allie et ses amis n’en font qu’à leur tête, faisant fi des dangers et mettent leur nez un peu partout. A côté de ça, l’héroïne doute de ses sentiments et ne sait toujours pas qui choisir de Carter ou Sylvain. Amour ou amitié amoureuse, elle est perdue et ses introspections lui prennent beaucoup de temps.
Résumer ainsi, on pourrait presque croire qu’il y a de l’action mais vraiment, je vous assure, sur près de 400 pages, c’est vraiment bien peu. On tourne beaucoup en rond (quel que soit le sujet) et on tourne la dernière page sans avoir avancé d’un iota : on ne sait toujours pas qui est la taupe dans l’école et Allie ne sait toujours pas de quel côté va son cœur. En revanche, c’est vrai, on apprend quelques informations sur la famille de la jeune fille, sur Nathaniel et pourquoi il lui en veut autant. Des éléments intéressants mais ça reste bien maigre et finit par se noyer sous tous les autres discours bien peu utiles.

Si encore les états d’âme amoureux d’Allie m’avaient passionnée, l’ensemble m’aurait évidemment paru beaucoup plus enthousiasmant. Mais force est de constater que les doutes d’une adolescente de 16/17 ans m’exaspèrent plus qu’ils ne me parlent. Ce triangle amoureux est vraiment insupportable (en plus d’être parfaitement inutile).
D’un côté Carter, un personnage qui me plaisait assez dans les premiers tomes mais qui se ramollit ici car trop mis de côté ; lui aussi doute et ne semble pas trop savoir ce qu’il veut. De l’autre Sylvain, le français qui se veut être le garçon stable sur qui on peut compter mais qui ne m’a jamais séduite, je n’arrive pas à lui pardonner sa conduite précédente ; il ne me fait ni chaud ni froid. Si l’une des figures masculines faisaient fondre mon cœur d’artichaut, peut-être serais-je moins sévère mais vraiment, je trouve les deux garçons pas du tout charismatiques, pas du tout séduisants. Je ne ressens donc aucune empathie envers Allie qui se pâme d’amour (enfin, elle ne sait pas trop) devant les deux.

Allie ne m’a pas non plus beaucoup touchée dans ce troisième tome. Elle peine à reprendre pied après l’horreur survenue à la fin du volume précédent, ce qui est tout à fait compréhensible, mais sa façon d’agir et de se jeter tête baissée dans les ennuis pour se sentir vivre a tendance à m’agacer. Les choses s’arrangent un peu quand elle décide de s’ouvrir aux autres et de leur faire confiance (malgré la situation tendue) mais encore une fois, je ne me suis pas sentie beaucoup d’atomes crochus avec elle. Je suis peut-être tout simplement trop vieille pour m’attacher à des héros si jeunes ?

illustration allie night schoolCe trio est entouré d’un bon paquet d’autres personnages, autres adolescents ou adultes vivant à l’école. Tous sont plutôt bien croqués et trouvent leur place dans l’intrigue ; on ne peine pas à les reconnaître. Ils ne m’ont ni complètement déplu ni enthousiasmée, ils m’ont laissée assez indifférente.
Globalement, je trouve les adultes de Cimmeria assez stupides et les adolescents assez présomptueux. Une affaire grave les concerne tous (il y a quand même eu deux morts) mais chaque groupe fait sa sauce dans son côté sans jamais en avertir l’autre. C’est ainsi que la directrice et les professeurs cachent la plupart des informations à leurs élèves, qui s’empressent de fouiller partout et n’importe comment pour découvrir ce qu’on refuse de leur apprendre. Bizarrement, dans cette histoire, alors que les adultes sont censés être des pros de la protection et de la surveillance, ils se font avoir comme des bleus à chaque fois et ce sont des gamins de 16/17 ans qui parviennent à faire avancer le schmilblick. C’est pas très sérieux… et pas du tout crédible surtout.

C. J. Daugherty fait le choix de nous conter son histoire à la troisième personne du singulier mais globalement, malgré les « elle » utilisés, c’est comme si le point de vue était interne. Ce décalage entraîne des phrases un peu bizarres, on ne sait alors plus qui est le personnage caché derrière le pronom (Allie ou une autre jeune fille). J’ai donc parfois été gênée par la narration et ai dû relire quelques passages pour être sûre d’avoir bien compris de qui (quoi) on parlait.
Sinon, comme souvent dans le genre de la Young Adult et comme souvent avec la Collection R, les textes sont plutôt fluides, sans soucis majeurs. Les chapitres courts, la police de caractère (très grosse), les grosses marges et les pages épaisses donnent l’impression de lire beaucoup et vite. Night School ne fait pas exception à la règle (bien que la police soit un peu plus serrée, j’ai l’impression) et se parcoure en quelques heures à peine. Le confort de lecture est là, c’est indéniable.
En revanche, si j’adorais les couvertures des deux premiers tomes, notamment la toute première, je dois avouer que je n’apprécie que très modérément celle-ci (voire pas du tout). La teinte claire n’est pas une mauvaise idée en soi mais je déteste le visage de cette jeune fille (désolée pour elle) et l’air qu’elle prend (quel regard désagréable !). Sans parler de ce gros plan. Beurk beurk beurk. Heureusement, l’illustration du tome 4 me plaît à nouveau davantage… que donnera la cinquième et dernière ?

Enfin et pour terminer sur l’unique élément positif de ce troisième tome, à mon goût, revenons rapidement sur l’ambiance qui se dégage de cet opus. J’avais déjà parlé de la tension et du suspens présents précédemment, ici, c’est une nouvelle fois bien là et même un cran au dessus. Chacun des personnages que l’héroïne et le lecteur côtoient pourrait être la taupe de l’école, il faut se méfier de tout et de tout le monde. On ressent vraiment bien l’angoisse perçue par Allie et comme elle, on ne peut faire confiance à personne (ou presque).
Certaines scènes, dans le jardin, dans les sous-sols, de nuit ou alors que le soleil ne s’est pas encore levé, sont assez parlantes et font vraiment froid dans le dos. L’ennemi pourrait se cacher derrière n’importe quel arbre ou se terrer à l’affût d’un couloir. J’aime beaucoup ce climat de suspicion, très lourd, où chaque personnage est sur les nerfs et où chacun s’épie pour tenter de découvrir un indice. Vraiment, C. J. Daugherty maîtrise bien cette atmosphère et je ne peux que la féliciter.

L’idée de base est bonne, la tension permanente et pesante régnant à Cimmeria est parfaitement rendue… dommage donc que l’auteure tire un peu sur la corde en nous proposant beaucoup trop de longueurs (concrètement, rien n’avance dans ce tome, on tourne en rond et on tourne la dernière page en étant exactement au même point que lorsqu’on l’a ouvert) et en nous imposant un triangle amoureux complètement inintéressant et inutile. Je lirai la suite pour avoir le fin mot de l’histoire mais à ce stade, c’est la déception qui prime.

Illustration : portrait d’Allie trouvé ici !


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Night School, Tome 2 : Héritage de C. J. DAUGHERTY

nightschool2Night School,
Tome 2 : Héritage

de C. J. DAUGHERTY
Robert Laffont (Collection R),

2012, p. 400

Première Publication : 2012

Pour l’acheter : Night School, Tome 2

 

C. J. Daugherty avait vingt-deux ans quand elle a vu un cadavre pour la première fois. Bien qu’elle ait cessé de rapporter des faits divers tragiques dans les journaux afin d’éditer des livres de voyage, elle n’a jamais perdu sa fascination pour ce qui conduit certains individus à commettre des actes horribles. Et pour le genre de personnes qui essaient de les arrêter. La série Night School est le fruit de cette fascination.

Tome 1

Humiliée de devoir la vie sauve à d’autres qu’elle-même, Allie Sheridan finit par rejoindre en automne les rangs de la très sélective Night School. Commence alors le véritable apprentissage aux côtés du troublant Carter et du sulfureux Sylvain…
La société secrète combine cours de self-défense aux cadences infernales et entraînement à la survie digne des commandos d’élite. À Cimmeria, les pensionnaires doivent s’exercer à vivre comme les impitoyables personnages de pouvoir qu’ils sont appelés à devenir : politiciens de haute volée, PDG de multinationales ou conseillers de l’ombre.
Et le message de la Night School est clair : pour pouvoir dominer le monde, il faut renoncer à toute vie privée et se dévouer corps et âme à l’Organisation. Mais que faire quand l’amour et la mort s’invitent au bal des menteurs ?

 

Je crois que si je ne devais conseiller qu’un seul des titres de la Collection R publiés depuis janvier dernier, ce serait le premier tome de Night School. Malgré quelques défauts, cette introduction bien menée m’avait vraiment convaincue. Autant vous dire que j’attendais ce deuxième tome avec une très très grande impatience. J’allais enfin retrouver l’ambiance particulière de l’école de Cimmeria, les mystères entourant Allie l’héroïne et l’inévitable triangle amoureux…
Alors, verdict ? Et bien je suis un peu déçue. J’ai certes dévoré ce tome, aussi vite que le précédent, mais j’y ai trouvé quelques défauts et surtout, je ressors de ma lecture avec un sentiment d’inachevé, sensation que je n’avais pas éprouvée auparavant.

Héritage – sous-titre de ce second opus – démarre sur les chapeaux de roues ! Allie est poursuivie dans les rues de Londres et échappe de justesse à ses poursuivants. Que s’est-il passé depuis que nous l’avons quittée à la fin du premier tome ? Les réponses à cette question arrive petit à petit, au fil des pages. Malgré tout, alors que l’on pourrait croire que l’héroïne est en sureté une fois la porte de son école franchie, la tension ne faiblit pas, les mystères se multiplient et les questions affluent. Il y a une taupe dans l’école, enseignants, membres du personnel et élèves, tous sont soupçonnés de comploter avec l’ennemi. Pour découvrir l’identité du coupable, les adhérents à la très mystérieuse Night School s’entrainent quotidiennement et ont pour ordre d’ouvrir l’œil et de questionner leurs semblables… Et pour cette nouvelle rentrée scolaire, alors que l’automne pointe le bout de son nez, Allie est introduite dans le cercle fermé de cette confrérie secrète.
On découvre donc, enfin, ce que c’est que cette Night School et ce que trafique les élèves lors de leurs réunions quasi quotidiennes. Mais, une réponse donnée… trois questions qui débarquent. Si les mystères entourant cette confrérie sont plutôt bien levés, d’autres naissent et s’épaississent au cœur de Cimmeria pour au final, lorsque l’on a tourné la dernière page, rester en suspens. Alors oui, c’était déjà le cas avec le tome précédent, mais la frustration m’avait alors paru beaucoup moins importante. Car ici, j’ai vraiment eu l’impression que l’auteure avait coupé son texte en deux, ne nous offrant dans ce deuxième opus, que la première partie de ce qui aurait pu être un tome complet. Je ne sais pas si je suis claire, mais je me suis vraiment sentie comme lorsque je lis un tome de La Roue du temps de Robert Jordan (les tomes français correspondent en fait à la moitié d’un tome original…), en présence d’une introduction menant à l’élément-clef… qui clôt le tome en question. Et de là nait le sentiment d’avoir été légèrement floué sur la marchandise. Dans Héritage, C. J. Daugherty ne pousse pas le bouchon si loin mais quand même, le véritable élément marquant/clef/charnière intervient dans les derniers chapitres, apportant avec lui son lot d’interrogation qui ne connaissent, évidemment, aucune réponse. Il faudra donc attendre la suite pour en apprendre plus… et sans doute être une nouvelle fois baladé pendant 400 pages. Mais on aime ça.

Parce que oui, il faut bien reconnaître que l’auteure maitrise bien le suspense et sait mener son lecteur par le bout du nez jusqu’au bout de ses écrits. Les pages se tournent, on en veut toujours plus… un bel exemple de page-turner. J’ai bien aimé la construction narrative, et notamment ce premier chapitre qui plonge le lecteur directement dans l’action. On retrouve ensuite un schéma légèrement similaire au premier tome : les premiers chapitres se déroulent en dehors de Cimmeria puis Allie réintègre l’école et les cours commencent apportant leur lot de complications toutes estudiantines. Entre scènes d’action et flirt, Allie ne sait plus où donner de la tête.

Avec ce deuxième tome, c’est également l’occasion de revenir sur le triangle amoureux qui semble tant plaire aux auteurs de young adult… Et c’est là que le bât blesse. Allie ne sait effectivement plus où donner de la tête. Sylvain ou Carter, son cœur balance… et ce que c’est agaçant ! Je ne spoilerai pas ceux qui n’ont pas lu le premier tome, mais sachez que dans celui-ci, le comportement de Sylvain laisse carrément à désirer mais Allie semble vite oublier cette broutille (à sa place, le type, je lui balance un coup de pied bien placé mais bon, faut croire que les jeunes filles n’ont plus les mêmes réactions aujourd’hui, n’est-ce pas Arcaalea ?) et vas-y que je t’aime moi non plus. Malheureusement, l’amoureux officiel – Carter – n’est jamais bien loin, et voir sa dulcinée flirter avec un abruti ne lui plait pas des masses. Ce qui se comprend parfaitement. Indécise et blessante, Allie se révèle assez insupportable lorsqu’il s’agit de sa vie amoureuse. Heureusement, elle possède d’autres côtés sympathiques et touchants.
L’évolution de sa relation avec Carter étant ce qu’elle est, celui-ci est un peu relégué au second plan et je trouve ça très dommage. C’est un personnage qui m’intriguait beaucoup dans le premier tome et c’était sans doute celui que je préférais. Je trouve que ce jeune homme a du potentiel, potentiel qui n’est définitivement pas exploité ici. En revanche, C. J. Daugherty joue une nouvelle fois assez bien avec le suspense, car avec tout ce qui se passe à Cimmeria, on en vient à soupçonner tout le monde… et pourquoi pas le gentil et amoureux Carter ?
Quant à Sylvain, je dois reconnaître que si je ne l’aime pas, il se révèle avoir bien plus de relief que Carter. Beaucoup plus mis en avant ici, on découvre un peu plus de choses sur lui et il nous fait douter… Gentil qui s’ignore ? Espion cherchant à amadouer l’héroïne ? Le mystère reste entier !

Je ne cesse de le répéter depuis le début de cette chronique et j’en remets une nouvelle couche : le point fort de C. J. Daugherty c’est sa maitrise du suspense qui lui permet de nous offrir, une nouvelle fois, un page-turner. Le mystère est tellement palpable que le lecteur ne peut s’empêcher d’avoir envie et besoin surtout, de lire la suite ! Ajoutez à cela une plume (une traduction ?) plus qu’agréable et fluide, et vous comprenez maintenant pourquoi les 400 pages ne tiennent pas deux jours.
En revanche, j’ai eu l’impression cette fois-ci, d’avoir un peu plus de mal à m’imaginer les différentes scènes et décors. L’ensemble reste assez imagé pour que le lecteur voie le film défilé sous ses yeux, mais ça m’a paru moins évident que lors de ma lecture du premier tome où j’étais vraiment transportée à Cimmeria, complètement imprégnée par le décor et l’atmosphère particulière de l’école. C’est, me semble-t-il, moins mis en avant, moins perceptible ici. Mais j’insiste, Héritage est un second tome qu’on dévore sans s’en rendre compte.

Bien qu’un peu en dessous du premier à mon goût, ce deuxième tome confirme le talent de C. J. Daugherty lorsqu’il s’agit de mettre en place un suspens insoutenable. Je regrette un peu la frustration ressentie en tournant la dernière page, les questions restant un peu trop nombreuses à mon goût et n’ai pas toujours réussi à supporter l’indécision amoureuse d’Allie mais d’autres personnages prennent du relief et le peu de réponses apportées ici appellent rapidement la suite, que je lirai, évidemment !

 

 

Le book trailer du premier tome !

 

Merci à la Collection R pour cette découverte !

 


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Night School, Tome 1 de C. J. DAUGHERTY

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Night School, Tome 1

de C. J. DAUGHERTY
(Challenge YA / Jeunesse – 36/24)

Robert Laffont (Collection R),
2012, p. 466

Première Publication : 2012

Pour l’acheter : Night School, Tome 1

 

C. J. Daugherty avait vingt-deux ans quand elle a vu un cadavre pour la première fois. Bien qu’elle ait cessé de rapporter des faits divers tragiques dans les journaux afin d’éditer des livres de voyage, elle n’a jamais perdu sa fascination pour ce qui conduit certains individus à commettre des actes horribles. Et pour le genre de personnes qui essaient de les arrêter. La série Night School est le fruit de cette fascination.

Tome 2

 

 

Allie Sheridan déteste son lycée. Son grand frère a disparu. Elle vient d’être arrêtée. Une énième fois. C’en est trop pour ses parents qui l’envoient dans un internat aux règles quasi militaire.
Contre toute attente, Allie s’y plaît. Elle se fait des amis et rencontre Carter, un garçon solitaire et ténébreux, aussi fascinant que difficile à apprivoiser…
Mais l’école privée Cimmeria n’a vraiment rien d’ordinaire. L’établissement est fréquenté par un fascinant mélange de surdoués, de rebelles et d’enfants de millionnaires. Plus étrange, certains élèves sont recrutés par le très discrète « Night School », dont les dangereuses activités et les rituels nocturnes demeurent un mystère pour qui n’y participe pas.
Allie en est convaincue : ses camarades, ses professeurs, et peut être même ses parents, lui cachent d’inavouables secrets. Elle devra vite choisi à qui se fier, et surtout qui aimer.

 

Avec ce cinquième titre, la collection R change un peu de registre, s’éloignant de la fantasy et de la dystopie pour aller faire un tour du côté du « thriller ».
Si les deux ou trois premiers chapitres m’ont fait douter de mon empathie avec l’héroïne, la suite m’a rapidement détrompée. Ce premier tome n’est pas exempt de défauts, c’est certain, mais il faut avouer que l’ensemble fonctionne vraiment très bien et a su me convaincre suffisamment pour que je le dévore en deux jours !

Si j’ai douté au début, c’est essentiellement à cause de la personnalité de l’héroïne, Allie. C’est une adolescente rebelle qui exprime son mal-être en taguant le bureau de son proviseur et en détruisant le matériel scolaire puis qui, lorsque ses parents prennent la décision de l’envoyer en pension, pique sa crise car ne comprend pas… Bref, entre Allie et moi, ça sentait mauvais et j’étais quasi sûre de ne pas la supporter.
Cependant et contre toute attente, point fort de cette histoire, l’adolescente évolue beaucoup et devient une héroïne que j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre. En revanche, vu son passé de casse-cou, j’ai été assez surprise par sa relative absence de réactivité alors que tout le monde lui cache plein de choses… A sa place, moi, c’est là que j’aurais piqué une crise pour enfin découvrir le pourquoi du comment !
J’ai apprécié le côté « fragile » de la jeune fille, mis en avant par ses fréquentes crises de panique. Allie est un peu paumée, triste et solitaire mais ce lycée très particulier va la changer et lui permettre d’en apprendre un peu plus sur les autres, sur sa famille… et sur elle. Elle évolue en douceur et dans le bon sens ; ça m’a plu.

En revanche, je regrette un peu l’aspect trop manichéen des autres personnages qui auraient mérité d’être un peu plus travaillés, à mon goût. Ils ne sont pas inintéressants, loin de là, mais ils paraissent ne posséder qu’un (voire deux) adjectif pour les qualifier ; et c’est dommage, parce que la personnalité humaine est plus riche et complexe que ça.
Je pense notamment aux deux bellâtres qui se « battent » pour Allie (oui, on l’a déjà dit et redit, le triangle amoureux est de mise dans la littérature jeunesse !) : Sylvain et Carter. Leur comportement est sans doute la chose la moins surprenante et originale de cette histoire (et quelle dommage !). Alors qu’il semble être le boyfriend parfait, Sylvain se révèle finalement plus proche d’un Georges Wickham alors que Carter, sous ses airs grognons d’ours mal-léché, peut sans problème être « comparé » à Monsieur Fitzwilliam Darcy… Bref, méfiez-vous des apparences ! Malgré ce côté convenu, j’ai quand même apprécié l’aspect romance de ce premier tome car, pour une fois, je ne l’ai pas trouvé niais ou invraisemblable. J’espère que le tome suivant sera dans la même veine et ne s’embarrassera pas de mièvreries.
Je constate que les personnages secondaires féminins sont, de façon générale, plus complexes et développés que les hommes des lieux. A commencer par Isabelle, la directrice de l’école qui, par bien des côtés, m’a fait penser à Neferet, la grande prêtresse de la Maison de la Nuit de P.C. et Kristin Cast. Vous savez, ces femmes qui ont des gestes très attentionnés, presque maternels, mais qui, à côté de ça, sont capables de tuer quelqu’un à mains nues et qui cachent trop de choses pour être honnêtes… Jo ne m’a jamais vraiment convaincue dans le rôle de la meilleure amie et malgré les explications données, je n’ai pas toujours compris sa façon d’agir ; cela dit, la révélation la concernant, dans les dernières pages, m’a surprise car je ne l’avais pas vue venir ! Rachel n’apparaît que tardivement mais elle m’a séduite dès sa première intervention, j’espère qu’on aura l’occasion de la voir davantage dès le tome suivant !
Bien d’autres lycéens et membres du personnel de l’école gravitent autour d’Allie mais il est impossible de tous les citer. Gardez en tête que jusqu’au bout, on ne sait pas à qui faire confiance…

cjdaughertyJe vous ai parlé (trop) longuement des personnages mais ne me suis même pas encore attardée sur l’intrigue… Alors, avec du recul, en y réfléchissant, je me suis rendue compte qu’il ne se passait finalement pas énormément de choses dans ce premier tome.
Allie débarque au lycée, fait la connaissances de ses nouveaux camarades et du corps enseignant et découvre qu’il se passe des choses étranges dans le coin, notamment lorsqu’il fait nuit : alors qu’elle discute avec Jo à l’extérieur, elles sont attaquées par quelqu’un ou quelque chose… mais quoi ? Lors d’un bal, le pire arrive mais personne ne voit rien et pire encore, la direction fait passer le meurtre pour un suicide… Mais que se passe-t-il dans cette école ? Qui sont les « gentils » et qui sont les « méchants » ? A qui faire confiance ? Qu’est-ce que c’est que cette organisation secrète – la Night School – dont font partie plusieurs élèves ?
Il ne se passe peut-être pas beaucoup d’évènements percutants mais l’auteure a su distiller les éléments intelligemment, de sorte que le suspense est vraiment très présent et parfois insoutenable… il faut absolument tourner les pages plus vite pour avoir les réponses aux questions qu’on se pose !
Le rythme est bon et ça fonctionne très bien jusqu’aux deux tiers de l’ouvrage. Là, j’ai eu une petite baisse de tension parce que les questions c’est bien, mais les réponses tardent à arriver… et puis hop, on apprend deux ou trois choses, d’autres questions arrivent, le suspense reprend et nous happe à nouveau ! Et même si, à la fin de notre lecture, on peut déplorer l’absence de réponses à certaines questions, on meurt d’envie de lire la suite pour en apprendre plus, notamment sur la famille d’Allie…

J’ai été très agréablement surprise par le style (la traduction ?) de C.J. Daugherty qui, malgré l’utilisation du point de vue externe, a réussi à me captiver bien davantage que Maureen Johnson, quelques jours avant, avec son Hantée à la première personne du singulier !
Je n’ai eu aucun mal à suivre les aventures d’Allie dans cette école anglaise, perdue au milieu de ces bois… J’ai parfaitement réussi à m’imaginer les différentes scènes (dans la chapelle, dans l’ancien cimetière, dans le lac…) parfois assez angoissantes, surtout les scènes nocturnes (lorsque l’héroïne fait demi-tour pour fermer la porte de la chapelle et croit voir une ombre… la flippe !)…
Je note et je retiens l’aspect très particulier de cette histoire. Je m’explique car c’est sans doute un des éléments qui m’a le plus séduite. Tout au long de ma lecture, je me suis posée des questions, j’étais dans le doute… ce qui m’a fait penser aux romans fantastiques (le fantastique dans sa définition d’origine, c’est-à-dire un récit caractérisé par l’absence de réponses, par le doute du lecteur… comme avec Le Horla de Maupassant ou La Vénus d’Ille de Mérimée, par exemple). Y a-t-il une créature surnaturelle là-dessous (loup-garou, vampire…), surtout si l’on repense à l’attaque des deux jeunes filles au début du roman ? Ou ne sommes-nous qu’en présence d’humains ? Franchement, c’est assez bien mené et malgré quelques réponses, je doute encore… Mais je n’en dis pas plus, à vous de le découvrir !

Malgré une petite baisse de rythme aux deux tiers de ma lecture et des personnages qui manquent encore un peu de profondeur, j’ai dévoré ce premier tome en deux jours à peine ! C.J. Daugherty maîtrise le suspense et sait offrir un cadre et une ambiance qu’on n’oublie pas de sitôt ! Quelques mots pour conclure : vite, la suite !

« La flaque de lumière dorée qui illuminait le cimetière plus tôt dans la soirée avait disparu et la porte de la chapelle béait telle une bouche obscène dans la pénombre.
Allie inspira à fond, puis elle se précipita vers la porte et s’arc-bouta sur ses jambes pour la pousser de toutes ses forces. Comme le battant ne bougeait pas d’un millimètre, elle s’aperçut qu’il était retenu par un crochet en métal noir. Même une fois libérée, cependant, il restait incroyablement lourd. Allie appuya dessus de tout son poids et la porte se refermait enfin en grinçant, comme à contrecoeur, quand Allie crut déceler un mouvement à l’intérieur.
Elle se figea et scruta l’ombre. Voyant que le battant continuait de pivoter sur ses gonds, elle attrapa la poignée à deux mains et planta ses talons dans le sol pour enter de le retenir. Mais la vieille porte était têtue ; à présent qu’elle était décidée à se refermer, rien ne pourrait l’arrêter. Le loquet s’enclencha dans un cliquetis métallique dont l’écho résonna jusque dans la forêt.
Allie fixait la porte close, le coeur battant. »

Merci à la Collection R pour cette découverte pleine de suspense !