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De Darcy à Wentworth de Sybil G. BRINTON

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De Darcy à Wentworth
de Sybil G. BRINTON
Milady Romance,
2015, p. 473

Première Publication : 1913

Pour l’acheter : De Darcy à Wentworth

Jane Austen ne nous a laissé que peu de romans à lire et à relire. Sybil Grace Brinton, née en 1874 dans le Worcestershire, a été la première à essayer de remédier à ce la en publiant, en 1913, un roman où se retrouvent tous les personnages de la célèbre romancière pour le plus grand bonheur de ses admirateurs.

♣ ♣ ♣

Fiancée au colonel Fitzwilliam, Georgiana Darcy n’est pas heureuse. Elle révèle son désarroi à sa belle-sœur, Elizabeth, et cette dernière s’empresse d’intervenir afn d’annuler les fançailles. Soulagé, le colonel Fitzwilliam accompagne le couple Darcy à Bath tandis que Georgiana rend visite à la sœur d’Elizabeth, Jane Bingley. Ils vont alors, chacun à leur tour, croiser et rencontrer les héros des autres romans de Jane Austen, d’Emma au capitaine Wentworth. Mais au fil des intrigues, ces personnages hauts en couleur devront afronter maintes épreuves avant de connaître le parfait amour.

Jane Austen inspire aujourd’hui de nombreux auteurs qui se servent de l’univers et des personnages de la célèbre Dame pour créer des suites, des réécritures ou encore des modernisations. Ces austeneries se multiplient et se comptent par centaines. Milady commence doucement mais surement à traduire certaines d’entre elles en français et la maison d’édition nous a dernièrement (le livre est sorti fin mai) fait la surprise de nous offrir le texte de Sybil G. Brinton qui date de, tenez-vous bien… 1913 !
Il semble que De Darcy à Wentworth (Old friends and new fancies en version originale) soit le premier roman para-austenien à avoir vu le jour ! Si l’on peut reprocher une trop grande modernité aux austeneries du XXIe siècle, ce roman-ci se pare d’une certaine désuétude, se rapprochant davantage d’un texte du début du XIXe siècle… ce qui n’est pas pour me déplaire !

Alors par contre, avant d’entrer dans le vif du sujet, je pense qu’une petite précision s’impose. A mon avis, ce livre ne doit être découvert qu’après avoir lu les 6 romans majeurs de Jane Austen. Si vous vous lancez dans l’aventure comme ça, non seulement vous serez spoilés (De Darcy à Wentworth prend place APRES les romans d’origine) mais en plus, vous serez perdus au milieu de tous les nombreux personnages et de l’univers mis en place. J’en parle en connaissance de cause car il y a un seul roman d’Austen que je n’ai pas encore lu – Mansfield Park (mais ce sera réparé cet été) – et j’ai vraiment eu la sensation qu’il me manquait des clefs de compréhension lorsque les personnages de cette histoire apparaissaient.
Parce que non seulement Sybil G. Brinton réutilise les personnages principaux de nos romans favoris (Orgueil et préjugés, Emma, Persuasion…) mais aussi et surtout de nombreuses figures secondaires qui peuvent plus ou moins passer inaperçues dans les textes d’origine (même si les personnages austeniens sont toujours hauts en couleur et donc marquants). C’est donc un plaisir de les voir ici vivre leurs propres aventures et obtenir leurs propres fins heureuses. Parce que chez Brinton comme chez Austen, tout est toujours bien qui finit bien malgré les quiproquos, les malentendus et les retournements de situation.

D’ailleurs, si j’ai un petit reproche à faire à cette histoire c’est justement que les mini-intrigues manquent un petit peu de surprises. Si j’avais pu douter sérieusement du devenir des histoires d’amour en lisant les romans de Jane Austen, je n’ai en revanche ici eu aucun mal à deviner qui finirait avec qui et ce, très rapidement. Alors ai-je appris à voir les ficelles à force de lire des romans du genre (et donc ne serais pas surprise si je découvrais Orgueil et préjugés ou Emma aujourd’hui ?) ou Sybil G. Brinton est-elle un peu moins douée que sa prédécesseuse pour cacher l’évidence ?
Malgré le manque de subtilité, l’ensemble fonctionne parfaitement et c’est un plaisir de suivre les aventures des différents couples : leur rencontre, leur évolution et évidemment l’avenir proposé par l’auteure.

Old_Friends_and_New_Fancies_cover sybil g brintonJ’ai retrouvé avec beaucoup plaisir les deux héros d’Orgueil et préjugés, dorénavant mariés et heureux en ménage. Je trouve que Sybil G. Brinton a assez bien croqué les deux figures et ne les dénature pas. En tout cas, j’ai retrouvé la Elizabeth et le Darcy que je connais (ou que j’aime à m’imaginer). C’est d’ailleurs le cas de la plupart des personnages d’origine, tous fidèles à leur réputation, ils ne nous déçoivent pas.
A part Emma Woodhouse, devenue Emma Knightley. C’est une héroïne généralement mal aimée des lecteurs car beaucoup la trouvent imbue d’elle-même et un peu peste sur les bords. Oui, Emma est une jeune femme pourrie gâtée qui aime contrôler son monde… mais l’année qu’elle passe dans le roman la fait évoluer. Beaucoup. On se rend compte qu’elle tient vraiment à son entourage et ne veut que le bonheur de ses proches, c’est juste qu’elle se plante tout le temps. Elle sait malgré tout reconnaître ses erreurs et sort grandie de cette aventure. Malheureusement, dans cette suite, j’ai eu l’impression de retrouver la Emma du tout début, l’insupportable entremetteuse qui se mêle de tout. Alors non, je ne suis pas d’accord, elle n’est plus comme ça, d’autant plus qu’elle est dorénavant mariée à Knightley qui, je l’imagine, ne doit rien lui laisser passer. En tout cas, c’est ainsi que je le perçois. Je n’ai pas aimé Emma dans De Darcy à Wentworth et ça ne me plaît pas car c’est normalement une héroïne qui m’attendrit beaucoup.
Sybil G. Brinton s’attarde finalement plus sur les figures secondaires des romans de base et leur offre le devant de la scène, pour notre plus grand plaisir. C’est ainsi que l’on voit évoluer la douce et timide Georgiana (petite sœur de Darcy), le trop modeste colonel Fitzwilliam (cousin de Darcy), l’ancienne impétueuse Kitty (une des jeunes sœurs d’Elizabeth), le très convenable James Morland (frère de Catherine, dans Northanger Abbey) et ceux qui m’étaient inconnus jusque là : Miss Crawford et William Price, tous les deux issus de Mansfield Park que je n’ai pas lu. Et vraiment, je le regrette parce que je suis sûre qu’il m’a manqué des éléments pour bien comprendre qui ils étaient, quel était leur passé, leurs attentes, leurs blessures… et c’est vraiment dommage.

L’avantage de cette austenerie c’est que, ayant été rédigée au début du XXe siècle, elle possède encore un je-ne-sais-quoi d’un peu désuet. Alors évidemment, Sybil G. Brinton n’égale pas le style de Jane Austen mais le fait qu’elle soit née et qu’elle ait vécu à une époque dans laquelle régnaient encore des codes sociaux assez précis (différents de ceux de l’époque régence, j’en suis persuadée, mais toujours plus proches de ceux-ci que ne le sont nos habitudes du XXIe siècle), ancre plus naturellement et plus facilement le lecteur dans le récit. Aucun mot, aucune tournure de phrase difficiles ici, mais un petit truc qui diffère de ce que peuvent aujourd’hui écrire des auteurs se basant sur l’univers de Jane Austen, malgré tous leurs efforts d’immersion dans une époque lointaine.

De Darcy à Wentworth est pour moi un bon cru en matière d’austenerie. Je déplore quelques petites longueurs et quelques facilités dans les mini-intrigues mais globalement, les personnages originaux sont respectés… et vraiment, quel plaisir de les retrouver, plus ou moins réunis par des liens assez crédibles, quelques années après les romans de Jane Austen ! Ce n’est pas parfait mais c’est vraiment un bon moyen de prolonger la plongée dans l’univers de notre romancière anglaise préférée… Par contre, attention, je me répète, mais à conseiller uniquement à ceux qui connaissent déjà les œuvres de base !

Merci à Aurélia pour sa confiance renouvelée !

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Le Journal du Colonel Brandon de Amanda GRANGE

le journal du colonel brandon
Le Journal du Colonel Brandon

de Amanda GRANGE
(Challenge Austenien – 4)
Milady (Pemberley),

2013, p. 381

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : Le journal du colonel Brandon

Mr Darcy’s diary 

 

 

James Brandon nous livre son désespoir : la femme qu’il aime, Eliza, est contrainte d’épouser son frère. Il s’engage alors dans l’armée et s’exile aux Indes pendant de longues années. De retour en Angleterre, il recueille la fille d’Eliza, devenue orpheline, et tombe sous le charme de l’impétueuse Miss Marianne Dashwood. Mais cette dernière lui préfère le beau Willoughby qui a déjà, par le passé, causé du tort au colonel Brandon…

Amanda Grange est connue et reconnue dans le monde des Janéites pour ses journaux intimes de héros austeniens. Milady a eu la très bonne idée de lancer (enfin) leur traduction en français. Après Le Journal de Monsieur Darcy (que j’avais lu en anglais d’ailleurs), voilà Le Journal du Colonel Brandon… et celui de Mr Knightley ne devrait pas tarder (j’espère aussi que celui du Capitaine Wentworth sera programmé !).
Le Colonel Brandon est un des personnages masculins de Raison et sentiments, roman majeur de Jane Austen. Si j’apprécie ce dernier, ce n’est pas le texte que je préfère de l’auteure… car je n’accroche que modérément aux aventures de Marianne et Elinor, les deux sœurs. En revanche, s’il y a bien un personnage que j’aime énormément dans ce roman, c’est celui du Colonel Brandon, même si l’on sait finalement peu de choses sur lui. Amanda Grange résout un petit peu ce problème en nous offrant une plongée dans les pensées de ce héros blessé par son passé… Même si ma lecture n’a pas été un coup de cœur, je me suis attachée encore davantage à ce personnage et j’aurais bien envie de revoir une des adaptations (celle de 1995 avec le très talentueux Alan Rickman dans le rôle par exemple…).

Le journal s’ouvre en juin 1778, James Brandon n’est alors qu’un jeune homme, fou amoureux d’Eliza, la pupille de son père. Malheureusement, ce dernier a promis la jeune fille à un autre, son fils aîné Harry, un ivrogne fainéant. Les deux jeunes amoureux prévoient de s’enfuir pour aller se marier, mais leurs plans sont déjoués et la famille les sépare. James est envoyé chez une lointaine tante, banni de la demeure familiale tant qu’il n’aura pas retrouvé raison ou tant que le mariage d’Eliza et du frère aîné n’aura pas été proclamé. Malheureux mais persuadé que sa bien-aimée résistera, le jeune Brandon quitte les lieux, bien décidé à revenir chercher son Eliza dès que possible. Mais le destin en décide autrement. La jeune et jolie Eliza finit par épouser celui qu’on lui impose. James, effondré, s’enrôle dans l’armée et part aux Indes.

alan rickman colonel brandonCe n’est que presque vingt ans plus tard, en 1796, qu’il fait la connaissance de la famille Dashwood et de la jeune Marianne. Amanda Grange nous conte tout ce qui lui est arrivé pendant toutes ces années, entre ces deux évènements, aux Indes puis lors de son retour en Angleterre. On apprend comment il y retrouve Eliza, mourante et mère d’une petite fille, prénommée elle aussi Eliza, comment le désormais Colonel prend la petite sous son aile, lui trouve une pension et joue le rôle de père de substitution. A travers toutes ces épreuves, on découvre le passé d’un homme que les épreuves n’ont pas épargné, un homme loyal et persuadé que son Eliza partie, plus jamais il ne pourra et ne saura aimer une autre femme. J’ai beaucoup aimé toute cette partie qui s’étale sur les 150 premières pages du journal. C’est vraiment l’occasion de se rapprocher du personnage et de mettre des mots et des scènes sur ce passé qu’on n’avait fait qu’effleurer dans le roman de Jane Austen. Amanda Grange a, à mon goût, fait un assez bon travail de ce côté-là.
La seconde et dernière partie du texte, de la fin de l’année 1796 à 1798 est dédiée à l’amour naissant entre Brandon et Marianne. En bref, à une réécriture de Raison et sentiments, mais du point de vue exclusif du Colonel. S’immiscer dans les pensées de celui-ci, alors qu’il rencontre Marianne pour la première fois et suit ensuite ses déboires, de loin,  alors qu’il aimerait pouvoir lui venir en aide et lui faire oublier Willoughby ; est absolument passionnant pour ceux connaissant le texte d’origine, dans lequel le point de vue est tourné vers les deux sœurs.
Malgré tout et malgré le talent d’Amanda Grange, qui a su capter l’essence (oula, je m’emballe…) du personnage, j’ai encore et toujours du mal avec le changement de comportement de Marianne. Je comprends l’amour que lui porte le Colonel, un amour qui a grandi au fil des mois ; mais j’ai du mal à comprendre Marianne qui passe rapidement de Willoughby à Brandon, un peu comme une girouette. Je veux bien qu’elle se soit rendue compte de l’attachement sincère et de toutes les qualités de ce dernier d’un coup, cependant… je ne suis pas convaincue. Mais je ne l’étais déjà pas dans Raison et sentiments de Jane Austen, ce n’est donc en rien la « faute » d’Amanda Grange si cette conclusion de romance – même si elle m’arrache un sourire niais -, possède un petit truc qui fait que je n’y crois pas vraiment.

La forme du texte permet une lecture très fluide et très rapide. Les entrées du journal intime du Colonel Brandon sont plus ou moins longues selon les périodes (et donc selon ce que vit le personnage) mais, qu’elles s’étalent sur une demi-page ou cinq, c’est toujours un plaisir de les parcourir. Ce découpage permet de mettre en place un rythme soutenu et même une certaine dépendance (« allez, encore un ou deux jours dans la vie de ce cher James… »).
L’utilisation du point de vue interne et donc du « je » (je pense qu’il est difficile de faire autrement lorsqu’on présente un journal intime) offre également une grande empathie envers le narrateur. Si je l’aimais déjà beaucoup avant (avec Raison et sentiments), je l’apprécie encore plus maintenant. Je pense qu’Amanda Grange connait très bien l’œuvre d’origine et je suis heureuse qu’elle ait su respecter celle-ci, tout en apportant des éléments et des scènes inédites.

Ce n’est pas un coup de cœur mais j’ai passé un excellent moment de détente avec ce nouveau journal proposé par Amanda Grange et j’ai été ravie d’en apprendre davantage sur ce Colonel que j’apprécie encore davantage maintenant. Par contre, je pense que cette lecture ne possède un réel intérêt que pour ceux qui ont déjà lu Raison et sentiments de Jane Auten (le roman d’origine) ; je ne crois pas que les pensées du personnage soient aussi passionnantes pour les autres… si ?

challengeaustenien

 

Merci à Milady pour la jolie découverte…


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Raison et sentiments, John ALEXANDER

raisonetsentiments
Raison et sentiments

2008, 3 x 60 minutes

d’après Raison et sentiments de Jane AUSTEN

Réalisé par John ALEXANDER

Avec : Hattie Morahan (Elinor Dashwood),
Charity Wakefield (Marianne Dashwood),
David Morrissey (Colonel Brandon),
Dan Stevens (Edward Ferrars),
Dominic Cooper (Willoughby),
Mark Williams (Sir John Middleton),

 Fiche IMDb

Pour l’acheter : Raison et sentiments

Suite à la mort de leur père, les trois filles Dashwood (Elinor, Marianne et Margaret) suivent leur mère dans un petit cottage au bord de la mer ; leur demi-frère aîné – John – et sa femme ayant hérité de leur domaine. Chacune quitte cette maison d’enfance à regret, laissant un petit quelque chose derrière elles ; Elinor la première puisqu’elle doit oublier le gentil Edward Ferrars, frère de son abominable belle-sœur.
La vie suit son cours dans ce nouveau foyer, les jeunes filles et leur mère font connaissance de leurs exubérants voisins et du très digne Colonel Brandon. Celui-ci n’a d’yeux que pour la belle Marianne qui ne voit en lui qu’un vieux trentenaire trop posé. Insouciante et romantique, Marianne rêve d’amour et de grands sentiments. Elle voit son vœu réalisé lorsqu’un beau jeune homme – Willoughby – la sauve d’une cheville foulée. Mais, malgré les conseils avisés d’Elinor – sa sœur aînée -, Marianne s’engage dans une relation dangereuse… Qui de la froide raison ou des sentiments passionnés triomphera ?

Après avoir découvert la version d’Emma il y a quelques jours, j’ai continué mon exploration du coffret de la Fnac en visionnant cette adaptation de Raison et sentiments. Ayant lu le titre d’origine, de Jane Austen, et ayant vu l’ancienne version (de 1995) avec Alan Rickman et Kate Winslet (entre autres), j’étais très curieuse de pouvoir les comparer avec cette mini-série, sortie en 2008 et proposée par la BBC.
Encore une fois, il y a du bon et du moins bon, mais globalement, le choix des acteurs m’a paru pertinent ; la mise en scène sympathique et j’adhère totalement au format : trois épisodes de 60 minutes chacun.
Il faut tout de même que je vous avoue que, des trois romans de Jane Austen que j’ai lus jusque là (Orgueil et préjugés, Raison et sentiments et Emma), Raison et sentiments est sans doute celui qui me séduit le moins, l’histoire me paraissant moins attrayante, moins captivante. Ainsi, même si cette adaptation m’a divertie, j’en garde une impression moins forte et beaucoup moins de souvenirs qu’une adaptation d’Orgueil et préjugés, par exemple.

Pour commencer, je tiens à saluer la BBC d’avoir choisi le format mini-série. En effet, avec trois épisodes de 60 minutes chacun, le réalisateur a le temps de bien poser l’histoire et son contexte, de nous présenter un enchainement d’actions travaillé et de nous offrir un développement de chaque personnage, comme ils le méritent. Ainsi, le texte original est respecté et ceux qui ne l’ont pas lu pourront tout de même comprendre facilement les tenants et les aboutissants de cette histoire. Ce n’est qu’un minuscule détail, mais j’ai particulièrement apprécié la mise en scène de la jeune Margaret Dashwood, la plus jeune des trois sœurs qui, certes, n’a pas une importance capitale mais est présente dans beaucoup de scènes, comme un point d’ancrage ; elle n’est pas mise de côté comme dans l’autre version (impossible de me souvenir de la tête de l’actrice qui interprète ce rôle dans l’ancienne version…).
Costumes, convenances… cette mini-série respecte les codes en vigueur à l’époque. John Alexander (le directeur) et Andrew Davies (le scénariste, qui a aussi œuvré sur le Orgueil et Préjugés de 1995 et le Emma avec Kate Beckinsale de l’année suivante) ont fait du très bon boulot de ce côté-là. J’ai beaucoup apprécié les paysages en bord de mer, au milieu des collines, c’est très champêtre, très Jane Austen ; et dans l’ensemble, le choix des lieux est judicieux, notamment le nouveau cottage des Dashwood. La mise en scène de la perte de la fortune des trois sœurs et de leur mère est bien pensée : on les voit installer les rideaux, faire le pain, puiser l’eau dans le ruisseau devant la maison… mais, contrairement à la version 2005 d’Orgueil et Préjugés, ce n’est pas exagéré et reste « classe ».
Au niveau de la musique, je n’ai rien noté d’extraordinaire. Martin Phipps (qui a aussi sévi sur Persuasion) nous offre là quelque chose de très classique. A mon prochain visionnage, je ferai plus attention à ce point-là !

DashwoodEn ce qui concerne les acteurs, je le concède, personne n’égalera jamais le jeu de Kate Winslet et Alan Rickman, respectivement Marianne Dashwood et le Colonel Brandon. Mais, je l’avoue de très bonne grâce, leurs successeurs, Charity Wakefield et David Morrissey, s’en sortent plutôt bien ; avec un petit coup de cœur pour la jeune femme, fraîche comme la rose et passionnée !
En revanche, je suis complètement satisfaite par le choix d’une illustre inconnue (enfin pour moi) – Hattie Morahan – dans le rôle d’Elinor. Là où Emma Thompson, dans la version de 1995, m’avait laissée de marbre, cette « nouvelle » actrice a su me convaincre.
Je n’ai jamais été particulièrement fan de Hugh Grant et c’est donc sans a priori que j’ai découvert Dan Stevens, son successeur pour le rôle du timide Edward Ferrars. Et, au final, même s’il n’est pas transcendant, il a su me séduire avec sa maladresse et ses beaux yeux bleus.
Si l’on y regarde de plus près, la plupart des acteurs choisis pour cette mini-série, sont pour le moment, inconnus du grand public ; Dominic Cooper qui incarne l’infâme Willoughby, est le seul que j’ai reconnu puisqu’il pousse la chansonnette dans Mamma Mia ! (c’est Sky, le futur marié). Je mens un peu puisqu’un autre acteur ne m’étais pas inconnu, et j’ai d’ailleurs été très surprise de le retrouver sans sa robe de sorcier ; en effet, Mark Williams (alias Arthur Weasley dans les Harry Potter) est surprenant, perruqué en Sir John Middleton !
Les autres acteurs, plus secondaires, ne sont pas en reste, mais ils sont tellement nombreux qu’il serait trop long de tous les citer !

S’il y a bien un défaut majeur avec ce coffret, c’est l’absence de bonus sur chaque adaptation et Raison et sentiments ne fait pas exception à la règle. En effet, mis à part les entretiens avec le scénariste et la productrice, le DVD n’offre que les filmographies sélectives de quelques-uns des acteurs principaux et quelques mots sur Jane Austen (biographie et bibliographie). C’est donc bien maigre pour tous les fans de la romancière anglaise qui auraient aimé se mettre quelque chose de plus intéressant sous la dent !
En revanche, la version anglaise sous-titrée en français est bien présente et je ne manquerai pas de la tester lors de mon prochain visionnage !
Une mini-série à voir pour les curieux, à posséder pour les irréductibles !

Un format intéressant : trois épisodes de 60 minutes chacun. Une adaptation fidèle dans le choix et enchainement des scènes mais également au niveau des costumes et des convenances de l’époque. Très contente du choix des acteurs, tous bons et dans le ton même si David Morrissey est loin d’égaler Alan Rickman dans le rôle du Colonel Brandon ! La version anglaise sous-titrée en français est bien présente, ouf ! Une histoire moins prenante, à mon goût, qu’Orgueil et préjugés ou Emma, mais l’adaptation n’est pas en cause, c’est déjà le cas avec le roman de Jane Austen. Presque pas de bonus, c’est bien dommage !

 

 


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Raison et sentiments de Jane AUSTEN

raisonetsentiments austen
Raison et sentiments

de Jane AUSTEN

Editions 10/18
1997, p.383

Première Publication : 1811

Pour l’acheter : Raison et sentiments

Jane Austen (16 Décembre 1775, Stevenson, Hampshire – 18 Juillet 1817, Winchester) est une femme de lettres anglaise.

EmmaLady SusanNorthanger Abbey Orgueil et préjugés Persuasion
Adaptation (2008)

Raison et sentiments sont joués par deux soeurs, Elinor et Marianne Dashwood. Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La raison a raison de l’imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche Willoughby, dernier séducteur du XVIIIème siècle, rendra raisonnable à la fin. Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de pluie et de vent.

Je crois que je vais tenter de me procurer toutes les oeuvres de Jane Austen, car j’apprécie de plus en plus son style et ses thèmes principaux. Elle fait partie des auteurs classiques, mais aucune inquiétude, vous pouvez vous lancer les yeux fermés, cela se lit très facilement. Les descriptions ne traînent pas en longueur et sont mesurées, les dialogues sont également en nombre appréciable, ni trop peu, ni pas assez. L’histoire est amenée assez finement, et jusqu’au bout, on ne sait pas comment les héroïnes vont s’en sortir. Les thèmes principaux rappellent ceux que l’on retrouve dans Orgueil et Préjugés : la condition féminine, le mariage, les bals, les hommes,… Et comme dans Orgueil et Préjugés, on retrouve les mêmes figures principales : la jeune fille raisonnable, intelligente (et qui pour ma part, me plaît beaucoup), la jeune soeur délurée, amoureuse du jeune premier lâche et menteur, et enfin, le jeune homme taciturne, sur lequel on rejette au départ toutes les fautes qui s’avère être le grand gentil de l’histoire ! N’oublions pas les personnages insupportables de condescendance et de bêtise et vous aurez un roman de Jane Austen. Je regrette juste une petite chose, qui m’a tout de même marquée : les soeurs sont trois, mais seules deux sont mises en avant, la troisième Margaret, doit être citée à peine trois fois dans les presque 400 pages, dommage.