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Night School, Tome 3 : Rupture de C. J. DAUGHERTY

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Night School,
Tome 3 : Rupture
de C. J. DAUGHERTY
Robert Laffont (Collection R),
2013, p. 396

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Night School, Tome 3

C. J. Daugherty avait vingt-deux ans quand elle a vu un cadavre pour la première fois. Bien qu’elle ait cessé de rapporter des faits divers tragiques dans les journaux afin d’éditer des livres de voyage, elle n’a jamais perdu sa fascination pour ce qui conduit certains individus à commettre des actes horribles. Et pour le genre de personnes qui essaient de les arrêter. La série Night School est le fruit de cette fascination.

 Night School, Tome 1 Tome 2 

♣ ♣ ♣

Inconsolable depuis la mort de son amie et sous la menace constante d’un espion qui rôde incognito à Cimmeria, Allie Sheridan accuse le coup. Et elle n’est pas la seule à perdre les pédales ; tout semble s’effondrer autour d’elle : amitiés, amours et certitudes. Alors, quand Nathaniel commence à abattre ses cartes maîtresses, Isabelle, la directrice elle-même, ne sait plus que faire. L’école sombre peu à peu dans les sables mouvants de la paranoïa et de la suspicion, tous les étudiants sont dorénavant considérés comme coupables jusqu’à preuve du contraire. Il n’y a plus de présomption d’innocence qui tienne et n’importe qui peut désormais être détenu sans procès. Plus personne ne peut se cacher. Cette fois-ci, Nathaniel n’a plus besoin de leur faire du mal ; les occupants de Cimmeria s’en chargent très bien tout seuls…

/!\ Attention, risque de spoilers sur les deux tomes précédents ! /!\

J’ai adoré le premier tome, j’ai été relativement déçue par le deuxième mais étais confiante, la suite serait à la hauteur… Eh bien, malheureusement non. Ce n’est pas de gaieté de cœur que j’en viens à cette conclusion, mais plus les tomes passent moins la qualité est au rendez-vous pour cette saga pour laquelle j’avais pourtant beaucoup de tendresse au départ.
Ce troisième tome m’a ennuyée quasiment du début à la fin, je n’y ai pas trouvé grand intérêt et encore moins beaucoup d’utilité. Je pense qu’au lieu de s’étendre sur cinq volumes, la saga aurait gagné à être condensée sur trois, cela aurait été, à mon avis, très suffisant. A moins que les deux derniers tomes soient très denses et que chacune de leurs pages soient tout à fait indispensables… j’attends de voir puisque oui, maintenant que j’ai commencé, j’irai au bout. Et puis bon, j’ai quand même envie de savoir qui est la taupe dans cette satanée école !

Le plus gros reproche que l’on pourrait faire à ce troisième opus c’est qu’il ne se passe rien, ou pas grand-chose. Allie se remet difficilement de la mort de sa meilleure amie, voudrait faire cavalier seule et aller la venger mais se rend compte qu’elle est impuissante, mieux vaut opérer en groupe. Quelques élèves de l’école se rassemblent donc dans l’idée de résoudre l’affaire : qui est la taupe dans l’école qui informe Nathaniel ? Faisant front contre les adultes de Cimmeria (la directrice et les professeurs), Allie et ses amis n’en font qu’à leur tête, faisant fi des dangers et mettent leur nez un peu partout. A côté de ça, l’héroïne doute de ses sentiments et ne sait toujours pas qui choisir de Carter ou Sylvain. Amour ou amitié amoureuse, elle est perdue et ses introspections lui prennent beaucoup de temps.
Résumer ainsi, on pourrait presque croire qu’il y a de l’action mais vraiment, je vous assure, sur près de 400 pages, c’est vraiment bien peu. On tourne beaucoup en rond (quel que soit le sujet) et on tourne la dernière page sans avoir avancé d’un iota : on ne sait toujours pas qui est la taupe dans l’école et Allie ne sait toujours pas de quel côté va son cœur. En revanche, c’est vrai, on apprend quelques informations sur la famille de la jeune fille, sur Nathaniel et pourquoi il lui en veut autant. Des éléments intéressants mais ça reste bien maigre et finit par se noyer sous tous les autres discours bien peu utiles.

Si encore les états d’âme amoureux d’Allie m’avaient passionnée, l’ensemble m’aurait évidemment paru beaucoup plus enthousiasmant. Mais force est de constater que les doutes d’une adolescente de 16/17 ans m’exaspèrent plus qu’ils ne me parlent. Ce triangle amoureux est vraiment insupportable (en plus d’être parfaitement inutile).
D’un côté Carter, un personnage qui me plaisait assez dans les premiers tomes mais qui se ramollit ici car trop mis de côté ; lui aussi doute et ne semble pas trop savoir ce qu’il veut. De l’autre Sylvain, le français qui se veut être le garçon stable sur qui on peut compter mais qui ne m’a jamais séduite, je n’arrive pas à lui pardonner sa conduite précédente ; il ne me fait ni chaud ni froid. Si l’une des figures masculines faisaient fondre mon cœur d’artichaut, peut-être serais-je moins sévère mais vraiment, je trouve les deux garçons pas du tout charismatiques, pas du tout séduisants. Je ne ressens donc aucune empathie envers Allie qui se pâme d’amour (enfin, elle ne sait pas trop) devant les deux.

Allie ne m’a pas non plus beaucoup touchée dans ce troisième tome. Elle peine à reprendre pied après l’horreur survenue à la fin du volume précédent, ce qui est tout à fait compréhensible, mais sa façon d’agir et de se jeter tête baissée dans les ennuis pour se sentir vivre a tendance à m’agacer. Les choses s’arrangent un peu quand elle décide de s’ouvrir aux autres et de leur faire confiance (malgré la situation tendue) mais encore une fois, je ne me suis pas sentie beaucoup d’atomes crochus avec elle. Je suis peut-être tout simplement trop vieille pour m’attacher à des héros si jeunes ?

illustration allie night schoolCe trio est entouré d’un bon paquet d’autres personnages, autres adolescents ou adultes vivant à l’école. Tous sont plutôt bien croqués et trouvent leur place dans l’intrigue ; on ne peine pas à les reconnaître. Ils ne m’ont ni complètement déplu ni enthousiasmée, ils m’ont laissée assez indifférente.
Globalement, je trouve les adultes de Cimmeria assez stupides et les adolescents assez présomptueux. Une affaire grave les concerne tous (il y a quand même eu deux morts) mais chaque groupe fait sa sauce dans son côté sans jamais en avertir l’autre. C’est ainsi que la directrice et les professeurs cachent la plupart des informations à leurs élèves, qui s’empressent de fouiller partout et n’importe comment pour découvrir ce qu’on refuse de leur apprendre. Bizarrement, dans cette histoire, alors que les adultes sont censés être des pros de la protection et de la surveillance, ils se font avoir comme des bleus à chaque fois et ce sont des gamins de 16/17 ans qui parviennent à faire avancer le schmilblick. C’est pas très sérieux… et pas du tout crédible surtout.

C. J. Daugherty fait le choix de nous conter son histoire à la troisième personne du singulier mais globalement, malgré les « elle » utilisés, c’est comme si le point de vue était interne. Ce décalage entraîne des phrases un peu bizarres, on ne sait alors plus qui est le personnage caché derrière le pronom (Allie ou une autre jeune fille). J’ai donc parfois été gênée par la narration et ai dû relire quelques passages pour être sûre d’avoir bien compris de qui (quoi) on parlait.
Sinon, comme souvent dans le genre de la Young Adult et comme souvent avec la Collection R, les textes sont plutôt fluides, sans soucis majeurs. Les chapitres courts, la police de caractère (très grosse), les grosses marges et les pages épaisses donnent l’impression de lire beaucoup et vite. Night School ne fait pas exception à la règle (bien que la police soit un peu plus serrée, j’ai l’impression) et se parcoure en quelques heures à peine. Le confort de lecture est là, c’est indéniable.
En revanche, si j’adorais les couvertures des deux premiers tomes, notamment la toute première, je dois avouer que je n’apprécie que très modérément celle-ci (voire pas du tout). La teinte claire n’est pas une mauvaise idée en soi mais je déteste le visage de cette jeune fille (désolée pour elle) et l’air qu’elle prend (quel regard désagréable !). Sans parler de ce gros plan. Beurk beurk beurk. Heureusement, l’illustration du tome 4 me plaît à nouveau davantage… que donnera la cinquième et dernière ?

Enfin et pour terminer sur l’unique élément positif de ce troisième tome, à mon goût, revenons rapidement sur l’ambiance qui se dégage de cet opus. J’avais déjà parlé de la tension et du suspens présents précédemment, ici, c’est une nouvelle fois bien là et même un cran au dessus. Chacun des personnages que l’héroïne et le lecteur côtoient pourrait être la taupe de l’école, il faut se méfier de tout et de tout le monde. On ressent vraiment bien l’angoisse perçue par Allie et comme elle, on ne peut faire confiance à personne (ou presque).
Certaines scènes, dans le jardin, dans les sous-sols, de nuit ou alors que le soleil ne s’est pas encore levé, sont assez parlantes et font vraiment froid dans le dos. L’ennemi pourrait se cacher derrière n’importe quel arbre ou se terrer à l’affût d’un couloir. J’aime beaucoup ce climat de suspicion, très lourd, où chaque personnage est sur les nerfs et où chacun s’épie pour tenter de découvrir un indice. Vraiment, C. J. Daugherty maîtrise bien cette atmosphère et je ne peux que la féliciter.

L’idée de base est bonne, la tension permanente et pesante régnant à Cimmeria est parfaitement rendue… dommage donc que l’auteure tire un peu sur la corde en nous proposant beaucoup trop de longueurs (concrètement, rien n’avance dans ce tome, on tourne en rond et on tourne la dernière page en étant exactement au même point que lorsqu’on l’a ouvert) et en nous imposant un triangle amoureux complètement inintéressant et inutile. Je lirai la suite pour avoir le fin mot de l’histoire mais à ce stade, c’est la déception qui prime.

Illustration : portrait d’Allie trouvé ici !

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Les Dames de Grâce Adieu de Susanna CLARKE

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Les Dames de Grâce Adieu

de Susanna CLARKE
Robert Laffont,

2012, p. 285

Première Publication : 2006

Pour l’acheter : Les Dames de Grâce Adieu

Susanna Clarke (née le 1er novembre 1959 à Nottingham, Angleterre) est une écrivaine britannique. Elle s’est fait connaître du grand-public en 2004 grâce à son premier roman de fantasy Jonathan Strange & Mr Norrell.
Wikipedia.

Ne vous laissez pas prendre au charme paisible de la campagne anglaise. Un pont ancien ou une trouée dans un bosquet peuvent être autant de passages pour l’Autre Pays, ou vivent les fées. De nombreux mortels s’y sont égarés, parfois sans espoir de retour. À cheval entre notre monde et l’Autre Pays vivent les magiciens. Et les magiciennes. Malicieuses, cachottières et impertinentes sous leur apparente modestie, elles s’opposent à la magie masculine qui, comme celle de Jonathan Strange & Mr Norrell, combine l’arrogance à la violence. Elles créent sous la surface du réel des ondes d’émotions, troublent délicatement l’ordre des choses, modifient imperceptiblement le sens commun.
Les dames de Grâce Adieu sont trois. Pour protéger leur relative liberté, elles explorent avec délices les maléfices interdits. Leur consoeur, dans un autre lieu et un autre temps, use de toute sa ruse pour se débarrasser des soupçons d’un mari malcommode. Et quand le duc de Wellington entre dans l’Autre Pays pour récupérer son cheval, est-ce à une fée ou à une magicienne qu’il doit se confronter ? Les ruses de la gardienne de Marie Stuart, prisonnière sur ordre d’Élisabeth Ière, sont-elles réellement celles d’une humaine ? Quant à Mrs Mabb, qui aime trop les beaux militaires, surtout s’ils sont fiancés à une autre, elle se heurtera à la joyeuse, et très efficace, cruauté de sa rivale.
Empruntant au roman victorien et à la fantasy, ces huit contes arpentent un monde onirique revisité à la lumière des préoccupations contemporaines.

J’ai entendu parler de Susanna Clarke grâce à son célèbre Jonathan Strange & Mr Norrell qui m’a toujours beaucoup intriguée mais que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire. La couverture mystérieuse et la quatrième (faisant référence à Jane Austen) des Dames de Grâce Adieu m’ont intriguée, j’ai donc sauté sur l’occasion de découvrir cette auteure lorsque le recueil a été proposé en partenariat avec Robert Laffont sur Livraddict. Je remercie d’ailleurs la maison d’édition et l’équipe du site pour cet envoi.
Avant d’entrer dans le détail, je résumerais ma lecture en un « j’ai apprécié ma lecture, mais c’est tellement particulier – notamment dans le style et l’ambiance – que je comprends parfaitement que beaucoup se sentent perdus ».

susannaclarkeCe recueil compte donc huit contes plus ou moins longs. Les intrigues sont évidemment différentes, mais leur contexte est relativement similaire de l’une à l’autre : l’Angleterre, du XVIe au XIXe siècle.
Certains contes m’ont plus marquée que d’autres, notamment Mr Simonelli ou le Veuf-fée qui a été nommé pour le World Fantasy Award (un homme arrive dans un petit village pour prendre la suite du prêtre et tombe sur un homme-fée, il découvre alors la demeure de celui-ci et ses habitudes… notamment ses envies d’union avec de belles humaines) et les deux derniers courts textes du recueil, Grotesques et Frettes (Marie d’Ecosse cherche à éliminer Elizabeth d’Angleterre) et John Uskelass et le Charbonnier du Comté de Cumbria (le roi Corbeau tombe sur plus « fort » que lui).

J’avoue en revanche que j’ai été désappointée par celui qui donne son nom au recueil et qui ouvre celui-ci : Les Dames de Grâce Adieu. Il me semble que ce n’est pas le choix le plus judicieux car il ne s’agit pas du conte le plus « abordable » de cet ensemble. Je peux donc comprendre que certains lecteurs, ayant découvert ce premier conte, soient déstabilisés et n’aient pas forcément l’envie et la motivation d’aller voir plus loin.
En effet, ce premier conte est assez obscur, complètement mystérieux… et ne possède pas de « vrai » dénouement, ou du moins pas d’explication claire et précise. Nous sommes vraiment en présence de textes fantastiques purs et durs : les créatures et les évènements sont mystérieux, les personnages et les lecteurs doutent jusqu’au bout.

La littérature (et l’art) récente nous a habitués aux fées gentilles, douces, belles, envoûtantes… Susanna Clarke remet les choses à leur place en présentant des fées enchanteresses, douées pour l’illusion (je pense à leur utilisation de ce qu’on appelle parfois le « glamour », c‘est-à-dire que la fée prend une apparence attractive alors qu‘en réalité, son enveloppe est tout sauf attirante !), parfois joueuses mais surtout cruelles.
Avec ces contes, j’ai eu l’impression de lire des contes de fées « gothiques » (dans le sens de la littérature gothique du XIXe siècle) avec cette atmosphère bien particulière. Je n’ai eu aucun mal à m’imaginer les landes anglaises dans des tons bleus/gris avec une brume épaisse cachant des arbres à moitié morts et bien des mystères. Je voyais les personnages dans des vêtements sombres, évoluant dans de petits villages isolés nichés entre des collines et des forêts sombres… et cette ambiance très étrange, très mystérieuse m’a énormément plu.

J’ai également beaucoup aimé les références que Susanna Clarke glisse à d’autres œuvres et même à l’Histoire avec un grand -H ! Elle met effectivement en scène les personnages de son précédent roman Jonathan Strange & Mr Norrell, place un de ses huit contes dans l’univers créé par Neil Gaiman dans son Stardust (dans le village de Wall et la « féérie » qui côtoie celui-ci) et s’attarde même, le temps de quelques pages, sur l’histoire de Marie (reine d’Ecosse), cherchant à éliminer Elizabeth (reine d’Angleterre) au XVIe siècle.

ladiesofgracetitlepgsketchblogAvec tout ça, quel rapport avec Jane Austen, me demanderez-vous ? Je pense qu’on peut trouver quelques similitudes avec le décor anglais proposé et il me semble avoir aussi relevé quelques clins d’œil à l’œuvre austenienne (dans Mr Simonelli ou le veuf-fée, cinq sœurs ayant les prénoms des héroïnes austeniennes, cherchent à se marier).
Cependant, je pense que ce qui a motivé la comparaison dans la quatrième de couverture, c’est peut-être la plume, bien que je trouve, personnellement, le style de Jane Austen, plus mordant et également plus abordable. Celui de Susanna Clarke n’est pas désagréable, non, pas du tout, au contraire. Mais, très riche, très portée sur le détail avec un côté assez froid et impersonnel (qui tient peut-être plus du genre qu’est le conte de fées), il faut avouer que la plume de l’auteure des Dames de Grâce Adieu n’est pas des plus fluides. Ce n’est donc pas une lecture facile, il faut s’accrocher. En revanche, j’avoue que j’ai beaucoup apprécié certains contes qui utilisent le français classique (et donc l’anglais classique dans l’original, j’imagine), les -ait se transforment donc en -oit, des -s se glissent à la place des accents circonflexes (forêt -> forest)… C’est parfaitement lisible et donne à la lecture un petit aspect désuet qui n’est pas désagréable.

Avant de conclure en résumant mon ressenti, je tiens à féliciter Charles Vess pour ses nombreuses et magnifiques illustrations (au moins deux par conte, la première pour accompagner le titre, la seconde pour offrir l’image d’une scène en particulier). En noir et blanc, type gravures, elles valorisent l’ensemble, c’est agréable à l’œil.

Finalement, je n’ai pas adoré cette lecture mais je l’ai appréciée. Certains contes m’ont évidemment plus charmée que d’autres mais dans l’ensemble, je retiens l’aspect très « fantastique gothique » de l’univers mis en place par Susanna Clarke qui offre ainsi une ambiance très particulière, qui m’a plu. En revanche, même si la plume est travaillée et très belle, elle n’est pas toujours très fluide et mérite une lecture consciencieuse. Tous ne pourront donc pas apprécier ces contes aux sujets étranges et au style très riche.

Merci à Livraddict et à Robert Laffont pour cette découverte !


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La Couleur de l’âme des anges, Tome 1 de Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN

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coupdecoeur

La Couleur de l’âme des Anges,
Tome 1

de Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN
Robert Laffont (Collection R),
2012, p. 448

Première Publication : 2012 

Pour l’acheter : La Couleur de l’âme des anges

Sophie Audouin-Mamikonian rencontre un succès international retentissant avec ses nombreux best-sellers. La Couleur de l’âme des Anges adresse un magnifique message d’amour à tous les rêveurs à partir de 15 ans.

 La Page Facebook du roman 

Tara Duncan, Tome 1 
Indiana Teller, Tome 1 Tome 2 Tome 3 Tome 4 

♣ ♣ ♣

Jeremy, jeune homme de 23 ans, est sauvagement assassiné. En devenant un Ange, il réalise que la lutte pour survivre n’est pas terminée et qu’il peut aussi mourir dans ce nouvel univers. En effet, pour ne pas disparaître, tout Ange doit se nourrir de sentiments humains. Et Jeremy va bientôt découvrir avec effroi qu’il doit même les provoquer ! Provoquer la haine, l’amour, la joie, la tristesse, la peur, la compassion… Seules les émotions fortes peuvent rassasier les Anges, colorant leur peau en bleu pour les émotions positives, en rouge pour les négatives. 
Recherchant la raison pour laquelle il a été tué, Jeremy piste alors Allison, une vivante de 20 ans, témoin involontaire de son exécution. À force de côtoyer, jour et nuit, la ravissante et naïve jeune fille, il finit par en tomber follement amoureux. Mais l’assassin de Jeremy cherche à supprimer à tout prix ce témoin indésirable…
Alors que des Anges se liguent aussi contre lui, Jeremy parviendra-t-il à sauver Allison ? Sera-t-il capable de sacrifier ses sentiments et de vivre à jamais séparé d’elle ?

 

Pour sa nouvelle Collection R consacrée aux romans Young Adult, Robert Laffont frappe fort avec la sortie, le 5 janvier 2012, du premier tome de la nouvelle trilogie de Sophie Audouin-Mamikonian. Je l’ai déjà dit un peu partout, mais je remercie une nouvelle fois Julie, les éditions Robert Laffont et évidemment Sophie Audouin-Mamikonian pour la découverte de cette nouvelle trilogie en avant-première. Merci !
Après les loups-garous l’an dernier avec la sortie du premier tome d’Indiana Teller (qui m’avait beaucoup plu), l’auteure revient en 2012 avec de nouvelles créatures… les anges ! Si l’avis qui va suivre contient un petit bémol – avec la romance qui ne m’a pas complètement convaincue – celui-ci est bien vite oublié, laissant la place à l’immense enthousiasme ressenti à la découverte du monde des anges et de ses codes ! Un univers très riche, particulièrement bien exploité et qui réserve de nombreuses surprises ! Place aux détails…

Le résumé de quatrième de couverture l’annonce clairement, le héros n’est pas un jeune homme ordinaire puisqu’il meurt dès les premières pages, devenant… un ange ! A 23 ans, Jeremy n’était déjà pas un humain lambda puisque, surdoué, il avait quitté la France très jeune pour faire ses études supérieures aux Etats-Unis et faire fortune dans la finance ; mais voilà qu’il révèle également quelques talents dans sa nouvelle condition angélique. Epaulé par d’anciens anges centenaires – voire millénaires ! – il découvre son nouveau quotidien et apprend vite, étrangement vite, à l’apprivoiser. Même si Jeremy est un héros sympathique, je dois avouer que j’ai un peu peiné à m’attacher à lui. Il est certes gentil et brillant mais il se révèle justement un peu trop « lisse ». Heureusement, son humour vient un peu atténué ce côté légèrement « figé » et lui offre un peu plus de charisme. 
La vraie bonne surprise de cette lecture est, pour moi, le personnage d’Allison. Jeune étudiante de 20 ans bien comme il faut dans les premières pages du texte, elle connaît une évolution assez impressionnante… et de ce fait, particulièrement intéressante ! Voilà un personnage surprenant, avec du relief. Et si au départ j’avais un peu de mal à la cerner, j’ai beaucoup apprécié sa progression dans l’intrigue et petit à petit, son accession à la seconde place dans le cercle fermé des personnages principaux.
Pour continuer du côté des protagonistes, je félicite Sophie Audouin-Mamikonian pour la force qu’elle insuffle aux personnages secondaires. Je l’avais déjà noté lors de ma lecture d’Indiana Teller, mais ces figures dites »secondaires » sont bien loin de n’être que des potiches décorant le paysage. Non, elles ont une véritable personnalité, une véritable place dans l’histoire et un rôle à jouer. Je pense évidemment à Flint et Lili, mais également àAlbert Einstein (oui oui, on rencontre quelques anges célèbres !), très marquants !

Comme je l’ai annoncé en introduction, la seule chose qui m’a chagrinée pendant ma lecture, c’est la relation qui s’instaure entre les deux personnages principaux, la romance entre Allison et Jeremy. Effectivement, c’est assez mignon, mais c’est surtout trop « facile », trop « attendu ». C’est la jeune adulte blasée en moi qui parle, je ne doute pas que les jeunes lecteurs (à partir de 15 ans, comme l’annonce la quatrième de couverture, car il y a effectivement quelques scènes un peu… « osées ») y trouvent parfaitement leur compte et fondent en découvrant cette histoire d’amour.

Mis à part ce tout petit bémol, j’ai apprécié l’intrigue générale. Sophie Audouin-Mamikonian, dans ce premier tome, ne se contente pas d’introduire les éléments importants de sa trilogie tels que l’univers (et quel univers ! J’y reviens juste après !) ou les personnages, mais offre également une (même plusieurs) énigme(s) qu’il faut résoudre. La romance entre Jeremy etAllison n’est donc pas le but de ce premier opus, il y a une vraie enquête (mais qui a tué Jeremy ? Pourquoi ?) avec de nombreuses révélations très bien amenées et souvent très surprenantes.
En outre, ce premier tome possède une vraie fin et se suffit à lui-même. Bien sûr, une suite est annoncée (et attendue impatiemment) mais le lecteur a assez d’éléments de réponse ici pour ne pas être frustré de devoir attendre la suite ; et ça c’est vraiment appréciable !

laviergealenfantentoureedangesjeanfouquetVenons-en maintenant à ce qui m’a tant enthousiasmée dans cette lecture et qui a entraîné mon coup de cœur : l’univers. L’auteure nous l’explique dans une note dans les dernières pages, c’est en tombant sur le tableau la Vierge à l’enfant entourée d’anges de Jean Fouquet lors d’une exposition en 2002, que l’idée de départ de La Couleur de l’âme des anges naît.
De là, elle construit tout un monde parallèle au nôtre avec son Histoire, ses codes, ses « habitants », sa raison d’être,… Et je dis chapeau parce que c’est non seulement très original mais également parfaitement pensé. On sent que Sophie a réfléchi longuement à chaque élément et tout s’emboîte, tout est cohérent ! De la façon qu’ont les anges de se nourrir, à celles qu’ils ont de se vêtir en passant par l’explication des acouphènes des humains, vous recevrez énormément d’informations dans ce premier tome. Je vous laisse les découvrir par vous-mêmes pour ne pas vous gâcher la surprise ! 
J’espère qu’à l’instar d’une certaine J.K. Rowling avec son célèbre Harry Potter, Sophie nous réserve d’autres surprises dans les tomes suivants et qu’à la fin, on se rendra compte qu’il faut tout relire depuis le début pour découvrir que plein de petits indices et d’éléments a priori sans intérêt étaient là dès les premières pages… Je veux en apprendre encore plus sur les anges, leurs pouvoirs, leur influence sur les humains… Vivement la suite !

Et pour finir, quelques mots sur la forme du texte et sur le livre en tant qu’objet.
L’ensemble du récit est à la troisième personne ; on suit donc l’histoire par l’intermédiaire d’un point de vue externe ancré sur la figure de Jeremy. Sans découvrir l’univers à travers ses yeux, on le découvre à ses côtés, en même temps que lui. Par contre, j’ai été beaucoup moins douée que lui pour dénouer l’affaire ! Sophie Audouin-Mamikonian a un style personnel assez reconnaissable : beaucoup d’humour et des répliques qui font mouche ! J’ai également apprécié les références placées çà et là, j’ai notamment souri lorsque j’ai découvert que la saga préférée de la petite Angela – la demi-sœur de Jeremy – est Tara Duncan… C’est vraiment très agréable à lire, les chapitres (20, tous nommés du goût de quelque chose : « Le goût de la mort », « Le goût des sentiments »,…) ne sont ni trop courts ni trop longs, offrant ainsi un bon rythme de lecture. Parfait pour les jeunes lecteurs (et les moins jeunes également !) !
Côté objet, je n’ai rien d’autre à dire que ceci : le livre est soigné. A part un mot en double (ou inversé, je ne sais plus), les coquilles sont inexistantes ou presque (en tout cas, elles ne m’ont pas sauté aux yeux) ; le format – légèrement plus petit que les grands formats habituels – permet une bonne prise en main et l’illustration de couverture est particulièrement attrayante. C’est tout bon ! J’ai hâte de découvrir les nouveaux titres de cette Collection R !